IA : la perte d’esprit critique, première inquiétude des professionnels

Esprit critique, données personnelles, emplois menacés : les professionnels du digital cernent mieux les risques de l’IA, et sont de moins en moins convaincus qu’elle leur sera favorable.

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La perte d'esprit critique inquiète 48 % des professionnels du numérique. © BDM

Dans le cadre de son enquête annuelle 2026 menée auprès de 807 professionnels du digital, BDM, en partenariat avec le cabinet de conseil et de formation IA SocIAty, a interrogé son lectorat sur sa perception de l’intelligence artificielle. L’objectif est de proposer un panorama large : outils plébiscités, usages professionnels, impact sur les métiers…

Dans cet article, nous nous penchons sur ce que les répondants pensent des risques liés à l’IA générative. L’inquiétude est-elle généralisée ? Quelles menaces cristallisent le plus les craintes ? Et comment les professionnels du numérique envisagent-ils l’avenir de leur métier face à cette technologie ? Tour d’horizon.

Le niveau d’inquiétude se stabilise

En 2025, le niveau de préoccupation exprimé par les professionnels du digital avait connu un bond notable : près de 90 % des répondants exprimaient des inquiétudes liées à l’IA, contre 83 % l’année précédente. En 2026, ce taux semble s’être stabilisé et se situe à peu près au même niveau que l’an dernier (89,5 %).

En s’intéressant au détail par métiers, on constate que les dirigeants sont ceux qui expriment le moins de craintes (16,4 % d’entre eux n’identifient pas de risques liés à l’IA), devant les professionnels du commerce. Ces derniers sont également, de très loin, ceux qui semblent les moins avancés en termes d’usage, comme nous le notions dans notre sujet sur la perception de l’IA en entreprise.

Les professionnels les moins inquiets semblent donc être ceux pour lesquels l’usage de l’IA contraint le moins le quotidien. À l’inverse, le trio de tête des anxieux est formé par les rédacteurs (94 %), les communicants (93 %) et les enseignants (93 %).

Perte d’esprit critique et données personnelles : les deux grandes peurs des pros du numérique

La perte d’autonomie et d’esprit critique arrive en tête des principales préoccupations des répondants. Ce risque est cité comme facteur d’inquiétude par près de la moitié d’entre eux (48 %). Certains professionnels, comme les développeurs et les rédacteurs, semblent particulièrement soucieux de cette perspective : près de 6 répondants sur 10 dans ces deux métiers la citent.

En seconde position, on retrouve la confidentialité des données (42,2 %), un niveau stable par rapport à 2025. Cette appréhension est surreprésentée chez les commerciaux, amenés à gérer des données client sensibles, qui sont 65 % à la citer.

IA : les 10 peurs les plus citées par le panel

  1. La perte d’autonomie et d’esprit critique (mentionné par 47,8 % des répondants)
  2. La confidentialité des données (42,2 %)
  3. La baisse de la qualité de l’information (33,2 %)
  4. L’utilisation malveillante (28,1 %)
  5. La dépendance technologique (25,5 %)
  6. La suppression des emplois (21,7 %)
  7. L’atteinte aux droits d’auteur (21,2 %)
  8. Les problèmes éthiques et moraux (18,1 %)
  9. L’impact sur l’éducation (17 %)
  10. Les problèmes de cybersécurité (15,1 %)

Si la perte d’autonomie et d’esprit critique est, de loin, la préoccupation qui s’est le plus développée en un an — on observe une hausse de 8 points par rapport à l’année dernière, où cette crainte se situait en seconde position — les atteintes aux droits d’auteur semblent avoir reculé dans la hiérarchie. 5e préoccupation la plus exprimée en 2025 avec près de 30 % d’inquiets, elle n’est plus citée que par 21 % des répondants et se retrouve reléguée en 7e position.

IA au travail : l’enthousiasme retombe

Une majorité de professionnels du numérique reste optimiste quant à l’impact de l’IA générative sur leur métier : 55,8 % anticipent un effet positif. Mais ce chiffre marque un recul sensible par rapport aux éditions précédentes, où l’enthousiasme culminait à 65 % en 2024 comme en 2025. Dans le même temps, la part des pessimistes progresse régulièrement, passant de 15,6 % en 2024 à 18 % en 2025, pour atteindre 24,9 % en 2026.

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© BDM

Sans surprise, les dirigeants sont de loin les plus confiants : 78 % d’entre eux anticipent un impact positif, contre seulement 8 % un impact négatif. Les professionnels de la gestion de projet (68 %) et du social media (60 %) affichent également un optimisme marqué.

À l’opposé, les rédacteurs sont le seul groupe à basculer dans la défiance : 46 % anticipent un impact négatif, contre 40 % un impact positif. Les communicants (36 % de négatif) et les professionnels de l’acquisition (32 %) complètent ce trio moins serein. Les métiers les plus exposés à la substitution directe par les outils génératifs sont aussi ceux qui envisagent l’avenir avec le plus de réserves.

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Les dirigeants sont très confiants par rapport à l’impact de l’IA générative. © BDM

Méthodologie : enquête réalisée en ligne par BDM, du 24 avril au 29 mai 2026, auprès de 807 professionnels du digital exerçant dans les domaines suivants : communication, marketing, enseignement, gestion de projet, développement, direction générale, design, social media, rédaction, commerce et acquisition SEO/SEA.

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