IA en entreprise en 2026 : 8 % des employeurs l’interdisent encore
Intégrée, tolérée ou interdite : le rapport des entreprises à l’IA reste divers. L’enquête annuelle de BDM auprès de 807 professionnels du digital révèle des écarts persistants selon les secteurs et les métiers.
Depuis 2024, BDM mène chaque année une enquête auprès de son lectorat pour comprendre son rapport à l’intelligence artificielle. Pour l’édition 2026, en partenariat avec le cabinet de conseil et de formation IA SocIAty, nous avons collecté les réponses de 807 professionnels du digital. Au programme : les outils les plus utilisés, l’IA au travail, les inquiétudes des utilisateurs ou encore un focus sur les développeurs.
Dans cet article, nous nous intéressons à la perception de l’IA générative en entreprise. Est-elle pleinement intégrée aux pratiques ? Existe-t-il encore une réticence de certains employeurs ? Réponses ci-dessous !
L’IA générative gagne du terrain en entreprise
Premier constat de notre enquête : la réticence des entreprises à l’IA générative s’étiole peu à peu. Lors de notre première édition, en 2024, 10,3 % des répondants indiquaient travailler pour une entreprise qui déconseillait d’utiliser les outils d’IA générative. Ce taux, tombé à 9,5 % en 2025, se situe désormais à 8,4 %.
Et la progression de l’IA se constate également dans son niveau d’intégration. Près de 36 % des répondants affirment que l’utilisation de l’IA est soit intégrée pleinement dans les process de leur entreprise, soit obligatoire. Une majorité d’entreprises (55,8 %) se situe quant à elle dans un entre-deux, par un encouragement ou une simple tolérance de l’IA.
L’industrialisation progresse légèrement
Comment cette intégration de l’IA se manifeste-t-elle ? En 2025, nous avions constaté que les utilisateurs avaient dépassé le stade de l’exploration et étaient désormais un peu plus de 55 % à appliquer l’usage de l’IA dans le cadre d’un workflow structuré. Ce taux progresse à peine : en 2026, 56,6 % des répondants affirment utiliser l’IA au quotidien dans leurs processus de travail.
En revanche, le niveau d’industrialisation, c’est-à-dire une utilisation avancée de l’IA via des API et des agents spécialisés, progresse de plus de 3 points. Situé en dessous des 8 % l’an dernier, il s’établit à 11 %.

Des disparités marquées selon les métiers
Tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne. Les directions générales (60,6 %) et les professionnels du développement (50,6 %) travaillent majoritairement dans des environnements où l’IA est soit obligatoire, soit pleinement intégrée aux process. À l’opposé, l’enseignement (23,9 %) et le commerce (21,6 %) restent les domaines où l’IA est le moins institutionnalisée.
Du côté de la maturité individuelle, les écarts sont tout aussi nets. Les professionnels du développement web sont, avec les directions générales, les seuls à franchir significativement le cap de l’industrialisation (20,9 %). À l’inverse, les commerciaux sont plus de la moitié (51,4 %) à se situer encore au stade de l’exploration, le taux le plus élevé de toutes les catégories.
La rédaction présente quant à elle un profil atypique : c’est l’un des rares métiers à cumuler un taux d’usage obligatoire élevé (17,3 %) et un taux d’interdiction parmi les plus forts (11,5 %), signe d’une tension propre à ce secteur entre injonction à adopter l’IA et résistance institutionnelle.

En l’espace de deux ans, l’IA générative s’est donc fait une place durable dans les entreprises : moins souvent déconseillée, de plus en plus intégrée aux process, voire imposée. Si l’application au quotidien est désormais la norme, le degré de structuration reste très variable d’un métier à l’autre. Reste une question : cette structuration s’accompagne-t-elle d’un investissement à la hauteur, en budget comme en formation ? C’est l’objet du prochain volet de notre enquête !
Méthodologie : enquête réalisée en ligne par BDM, du 24 avril au 29 mai 2026, auprès de 807 professionnels du digital exerçant dans les domaines suivants : communication, marketing, enseignement, gestion de projet, développement, direction générale, design, social media, rédaction, commerce et acquisition SEO/SEA.
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