De maître d’œuvre à créatrice de contenu food : le parcours et les conseils de Fleur Wendling
Créatrice de contenu food et invitée de ce nouvel épisode du podcast Swello en partenariat avec BDM, Fleur Wendling décrypte sa méthode de publication, ses indicateurs d’engagement et ses arbitrages sur les collaborations avec les marques.
Plateforme de gestion des réseaux sociaux, Swello propose « Follow Back », une série de podcasts en vidéo dédiés au social media et au community management, en partenariat avec BDM. De nombreuses thématiques, comme les stratégies de communication de grandes marques, les tendances sur les réseaux sociaux, ou les collaborations entre marques et créateurs, sont abordées par des praticiens du secteur.
Pour ce nouvel épisode, Jonathan Noble, CEO et cofondateur de Swello, reçoit Fleur Wendling, créatrice de contenu food connue sous le pseudonyme @eatwithflower. Au programme : la construction d’une présence organique sur Instagram et TikTok, la sélection des partenariats, et les signaux d’engagement qui comptent aujourd’hui.

Fleur Wendling, Créatrice de contenu food
Fleur Wendling lance son compte @eatwithflower en 2020 pour partager des recettes simples et accessibles, en parallèle de ses études d’ingénieure en bâtiment. Après un burn-out lié au cumul de la création de contenu et d’un poste de maître d’œuvre, elle se consacre exclusivement à cette activité début 2023. Elle réunit aujourd’hui plus de 300 000 abonnés sur Instagram et sur TikTok, où elle partage ses recettes du quotidien, ses bonnes adresses et ses recommandations culinaires.
Un burnout comme point de bascule vers un métier à plein temps
Fleur Wendling a commencé à poster des recettes sur Instagram en 2020, pendant ses études d’ingénieure en bâtiment, sans l’annoncer à son entourage. Ce qui devait rester un compte personnel est progressivement devenu une activité à part entière, menée en parallèle d’un poste de maître d’œuvre à Bordeaux. Le rythme qu’elle suivait alors, quarante heures de chantier la semaine et les tournages le weekend, a conduit la créatrice à un burnout.
C’est cet épisode, et non une décision stratégique, qui a précipité la bascule vers la création de contenu à plein temps. Dans cet épisode, elle revient sur cette période et confie qu’elle a mis six mois pour se décider avant de se lancer. Une première année convaincante a suivi. La création de contenu food est devenue son activité exclusive depuis trois ans maintenant.
C’est mon métier principal, mon unique métier. Je fais de la création de contenu sur Instagram et TikTok. J’en vis, et j’en suis très heureuse.
Pas de calendrier éditorial, mais une règle : filmer la saisonnalité des produits
Fleur Wendling ne travaille pas avec un calendrier éditorial. Elle filme et monte dans la semaine pour publier la suivante, en se laissant guider par ses envies du moment et par la saisonnalité des produits. « Je n’aime pas qu’un contenu ait été filmé deux mois avant, j’ai l’impression que ce n’est plus moi », précise-t-elle.
Côté outils, elle tourne à l’iPhone 16 Pro, monte sur iPad avec CapCut, et elle enregistre sa voix off avec un micro-cravate, à la lumière naturelle. Elle n’utilise pas de script pour ses contenus organiques. Elle raconte qu’elle crée souvent la recette en la filmant, en notant les ingrédients et les temps de cuisson au fur et à mesure. Le montage est ensuite travaillé, avec des animations, des écritures à la main et des sons choisis. Le soin qu’elle apporte au montage est devenu une marque de fabrique identifiable par sa communauté.
Son rythme de publication habituel : deux à trois fois par semaine sur Instagram et TikTok. Sur les séries de vidéos, ce rythme peut monter à une publication quotidienne, mais elle se limite à un format aussi intensif une fois par mois. Elle publie également beaucoup de Stories, plus personnelles, moins orientées food.
Les ingrédients de la vidéo food qui cartonnent, selon Fleur Wendling
Sa vidéo la plus vue est une recette de sushis makis au concombre, tournée un week-end entre deux semaines de maîtrise d’œuvre, en mode ASMR avec de la musique classique. Résultat : 7 millions de vues. Une tartine d’avocat au halloumi grillé et au miel a quant à elle atteint 5 millions de vues récemment. Un carrousel d’idées de petits déjeuners, conçu dans un train en deux heures, a généré un million de vues, 30 000 enregistrements et 11 000 nouveaux abonnés.
Pour Fleur Wendling, l’ASMR constitue une valeur sûre dans ses vidéos food, tout comme la musique classique. Les formats courts qu’elle utilise poussent également les spectateurs à aller jusqu’au bout et à laisser un commentaire. Autre ingrédient de son succès : commencer la vidéo en pleine action plutôt que par la présentation du plat fini permet de changer aussi la façon dont les spectateurs accrochent et les incitent à rester jusqu’à la fin. « Maintenant, je prends les gens en cours : on arrive, on pose la tartine, on écrase l’avocat », décrit-elle dans le podcast.
Quelles sont les métriques qui comptent vraiment dans la vidéo food ?
Sur une même vidéo, Fleur Wendling a observé 40 000 likes pour 75 000 enregistrements. Ce rapport illustre un glissement des indicateurs de performance sur les réseaux : les enregistrements, les envois en DM et les reposts ont supplanté les likes comme signaux d’engagement réel. Un contenu culinaire enregistré, c’est une recette que l’on prévoit de refaire. C’est aussi, algorithmiquement, un signal plus fort qu’un like passif.
Viande, fast fashion, TEMU : les lignes rouges qu’elles ne souhaitent pas franchir
Les collaborations représentent entre 20 et 30 % de son contenu. Elles sont gérées en intégralité par son agente, Nessrine, qui a rejoint son activité en octobre 2023 et qui prend en charge la gestion des emails, les devis et les négociations avec les marques. Fleur Wendling décide, mais ne porte pas la charge administrative.
Ses critères de sélection sont arrêtés : pas de fruits hors saison, pas de fast fashion, pas de promotion de la viande. Les marques de type Amazon ou TEMU sont refusées sans discussion, quel que soit le montant proposé. « Il n’y a aucun prix qui me ferait dire oui », indique-t-elle. Elle est également certifiée ARPP « Influence Responsable » et affiche systématiquement les mentions légales.
Avant, certains hésitaient à le mettre par peur que les gens croient qu’on en parle uniquement parce qu’on est payé. Moi, j’en suis fière, c’est mon métier, une marque m’a fait confiance. Je le note clairement, pas en plein milieu en police 40, mais c’est toujours lisible.
Sur les produits offerts, elle est aussi devenue plus sélective avec le temps, après s’être retrouvée avec un stock de produits disproportionné. Elle demande désormais ce que la marque prévoit d’envoyer avant d’accepter la collaboration.
Au début, on a vite tendance à tout accepter, c’est trop chouette, on reçoit plein de produits. Aujourd’hui, je fais attention à ne pas surconsommer, confirme la création de contenu food.
Statistiques et santé mentale, le recul qui vient avec l’expérience
Fleur Wendling aborde aussi avec franchise le rapport aux statistiques et à la pression inhérente à son métier. Au début, les baisses de performance la déstabilisaient. Elle faisait des contenus dans l’unique objectif de les voir performer, en vain. Avec le temps, elle a intégré que les cycles de performance sont normaux et que les chiffres ne reflètent pas tout. « Quand ça marche moins, les demandes de collaborations continuent et les messages arrivent quand même », observe-t-elle.
Elle se fait suivre par une psychologue depuis deux ans, ce qu’elle recommande sans détour. Elle insiste également sur l’importance de s’entourer d’autres créateurs et de créatrices de contenu : « On n’a pas de collègues, pas de sphère d’entreprise. Avoir des pairs qui font le même métier, c’est précieux pour brainstormer, se plaindre de choses que les autres ne comprendraient pas, se sentir compris. » Et quand elle n’a pas envie de poster, elle ne poste pas. « Culpabiliser, ça fait juste repousser le problème », résume-t-elle. Elle prend alors quelques jours, teste des restaurants, et reprend la création de ses vidéos.
Retrouvez l’intégralité de cet épisode en vidéo (+ lien Ausha)
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