En France, 62 % des décideurs IT prévoient d’augmenter leurs effectifs malgré l’IA

Le volet français du rapport annuel de Box, mené auprès de 406 décideurs informatiques, situe l’Hexagone au-dessus des États-Unis et du Japon sur les perspectives d’embauche.

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En France, 62 % des décideurs IT interrogés voient leur entreprise recruter dans les trois prochaines années. © Box

Les décideurs informatiques français n’attendent pas de baisse de leurs effectifs sous l’effet de l’IA. Au contraire, ils sont 62 % à prévoir une hausse au cours des trois prochaines années, selon L’état des lieux de l’IA dans l’entreprise, le rapport annuel publié par Box, réalisé avec The Harris Poll. La plateforme de gestion de contenu d’entreprise a interrogé 1 640 décideurs informatiques dans quatre pays, dont 406 en France. Le constat prolonge le fossé entre organisations avancées et retardataires déjà visible cet été dans les données d’OpenAI.

Sur l’emploi, la France se place au-dessus des États-Unis et du Japon

Avec près de 62 % des décideurs IT de l’Hexagone envisageant des embauches dans les trois années à venir, les entreprises françaises interrogées se montrent plus optimistes sur leurs recrutements que celles des États-Unis (58 %) et du Japon (48 %), et un peu moins que celles du Royaume-Uni (65 %). Seules 9 % d’entre elles affirment que les agents IA suppriment aujourd’hui des postes dans leur organisation.

Les embauches se déplacent vers des fonctions nées du déploiement des agents. Les rôles créés ou activement pourvus depuis l’adoption de l’IA se concentrent sur :

  1. Les opérateurs d’agents d’IA au sein du service informatique (44 %),
  2. Les professionnels de la sécurité, des risques ou de la conformité liés à l’IA (37 %),
  3. Les opérateurs d’agents au sein des fonctions métier (31 %).

4 % des organisations déclarent ne recruter sur aucun poste lié à l’IA, et aucune parmi celles qui se classent à l’avant-garde, les entreprises dites « frontières ».

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Cette volonté de recrutement porte notamment sur les nouveaux métiers de l’IA. © Box

Les agents IA sont partout, mais rarement branchés sur les contenus internes

83 % des organisations sondées exploitent des agents IA et 19 % les font fonctionner de manière autonome à grande échelle, alors que les salariés restent réticents à une autonomie totale.

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Les agents IA sont désormais partout… mais aussi un peu nulle part ! © Box

L’accès aux contenus internes reste le point de blocage. En France, 94 % des décideurs jugent « important ou très important » que les agents puissent consulter les contenus de leur entreprise, mais 34 % seulement y sont parvenus sur un large éventail de cas d’usage.

Les répondants placent la sécurité et la confidentialité en tête des obstacles (38 %). Derrière viennent des blocages plus opérationnels, comme la fragmentation des données entre systèmes (25 %) et la difficulté d’intégration aux systèmes existants (24 %). « Il faut d’abord poser des bases solides », explique Mike Carlino, de Deloitte Consulting, cité dans le rapport.

La gouvernance a progressé plus vite que les moyens de l’appliquer

49 % des organisations ont déjà connu un incident au cours duquel un outil d’IA a exposé du contenu auquel un utilisateur n’aurait pas dû accéder. La réponse a été rapide sur le papier, la part des entreprises qui déclarent un cadre de gouvernance établi ou avancé passant de 24 % en 2025 à 73 % cette année. Les moyens de l’appliquer suivent moins bien :

  • 39 % seulement disposent d’une visibilité complète sur les usages autorisés et non autorisés de l’IA,
  • 34 % seulement ont défini des normes formelles encadrant l’accès des agents aux données de l’entreprise.

Ce retard rejoint les constats déjà posés sur le shadow IA. Pourtant, 93 % des répondants estiment qu’une gouvernance mieux conçue leur permettrait d’aller plus vite à long terme. « Donner accès à un agent ouvre de nombreuses possibilités », souligne Rao Surapaneni, de Google, qui plaide dans le rapport pour une évaluation au cas par cas.

Presque personne ne veut dépendre d’un seul fournisseur

68 % des répondants se disent assez ou très préoccupés par le risque de dépendre d’un seul modèle ou fournisseur d’IA. Le nombre moyen d’outils d’IA officiellement adoptés atteint 3,3 en entreprise, et 44 % des structures voient dans l’approche multimodèle la meilleure façon de faire évoluer l’IA, contre 23 % qui se sont standardisés sur un fournisseur unique.

Le pilotage se partage lui aussi : 45 % des organisations confient l’infrastructure et le budget de calcul à l’informatique, et les dépenses applicatives aux métiers. Pour encourager l’usage, 38 % le lient aux évaluations de performance et à la rémunération. Cette structuration ne garantit pas le résultat. Environ 18 % attribuent leurs projets d’IA les plus réussis à une équipe centrale dédiée, quand les succès viennent plutôt de la collaboration entre équipes centrales et directions métiers (27 %) ou de la fonction informatique.

La méthodologie du rapport de Box

L’enquête a été menée en ligne par The Harris Poll auprès de 1 640 professionnels de l’informatique, cadres au minimum, impliqués dans les décisions liées à l’IA et employés à temps plein dans des entreprises de 100 salariés et plus, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et au Japon. Le sondage a eu lieu du 30 avril au 8 mai 2026.

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