Micro-entrepreneurs : l’Urssaf et les plateformes resserrent la surveillance

Les plateformes comme Uber Eats ou Wecasa vont prélever à la source les cotisations des micro-entrepreneurs. Le dispositif devient obligatoire au 1ᵉʳ janvier 2027. Voici ce qui change.

Keobiz Expert Comptable
Keobiz propose un suivi comptable dédié aux auto-entrepreneurs. © Keobiz

Chaque mois ou chaque trimestre, les micro-entrepreneurs déclarent eux-mêmes leur chiffre d’affaires à l’Urssaf. Pour ceux qui travaillent avec plusieurs plateformes et des clients en direct, il faut rassembler des montants épars, et les oublis sont fréquents. L’État veut limiter ces erreurs. À partir de 2027, les plateformes déclareront et verseront elles-mêmes les cotisations des indépendants qui passent par elles. Le reste du chiffre d’affaires devra toujours être déclaré à la main. Keobiz, cabinet d’expertise comptable qui propose un suivi dédié aux auto-entrepreneurs, détaille ce qui change et les erreurs à éviter.

L’État s’attaque à la sous-déclaration

En 2025, le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) a estimé entre 1,3 et 1,7 milliard d’euros le montant des cotisations que les micro-entrepreneurs ne versent pas. Selon cette estimation, la sous-déclaration concerne surtout les livreurs et les chauffeurs VTC.

Si ces écarts ne relèvent pas tous de la fraude, puisque beaucoup viennent d’un oubli ou d’une erreur, ils représentent un manque à gagner important pour la Sécurité sociale. Ils pénalisent aussi les indépendants, car un chiffre d’affaires sous-déclaré réduit leurs droits à la retraite.

L’État a trouvé deux moyens de réduire ces écarts :

  • La loi anti-fraude du 25 juin 2026 renforce le partage de données entre administrations, qui repèrent ainsi plus facilement les incohérences.
  • Les plateformes vont prélever les cotisations à la source.

Ces mesures s’ajoutent au recentrage des aides à la création d’entreprise engagé en 2026.

Les plateformes prélèvent les cotisations à la source

À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les plateformes calculeront les cotisations des micro-entrepreneurs avec le taux fourni par l’Urssaf, puis les prélèveront directement sur leurs gains. Chaque début de mois, elles déclareront le chiffre d’affaires du mois précédent et reverseront les cotisations à l’Urssaf. Cette déclaration mensuelle s’applique aussi aux micro-entrepreneurs qui ont opté pour la déclaration trimestrielle.

Concrètement, les indépendants toucheront un montant déjà net de cotisations et n’auront plus à déclarer eux-mêmes ce chiffre d’affaires. Chaque déclaration restera consultable dans leur espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Le statut et les taux de cotisation restent inchangés.

Une phase anticipée réunit déjà des plateformes volontaires, parmi lesquelles Uber Eats, Wecasa, Les Sherpas et Student Pop.

Les revenus hors plateformes restent à déclarer

Le prélèvement ne couvre que le chiffre d’affaires réalisé via les plateformes concernées. Les revenus tirés de clients en direct ou de ventes sur un site personnel restent à déclarer par le micro-entrepreneur, comme c’est le cas actuellement.

Les obligations fiscales restent également inchangées : l’impôt sur le revenu, la TVA en cas de dépassement des seuils et la cotisation foncière des entreprises restent à gérer par l’indépendant.

Ceux qui cumulent plusieurs sources de revenus devront donc suivre deux circuits en parallèle, avec les montants déclarés par les plateformes et ceux qu’ils déclarent eux-mêmes. Un doublon ou un oubli crée un écart, que les administrations repèrent plus vite depuis qu’elles croisent leurs données. Un expert-comptable en ligne peut se charger de ce rapprochement chaque mois.

Les sanctions en cas de déclaration manquée

La déclaration de chiffre d’affaires reste obligatoire, même lorsqu’il est nul. Dans ce cas, le micro-entrepreneur déclare simplement un chiffre d’affaires à zéro. Un retard entraîne des majorations, et une sous-déclaration répétée peut mener à un redressement.

Les erreurs les plus fréquentes viennent de la coexistence des deux circuits. Un chiffre d’affaires déclaré deux fois, par la plateforme puis par l’indépendant, conduit à payer trop de cotisations. À l’inverse, un revenu oublié expose à un rappel de cotisations.

Se faire accompagner pour rester en règle

Avec plusieurs sources de revenus, la déclaration demande un suivi régulier. Un expert-comptable peut séparer les flux qui passent par les plateformes de ceux à déclarer soi-même. Il vérifie que les montants déclarés par les plateformes correspondent aux revenus réellement perçus et que le reste est déclaré dans les délais. Il peut aussi évaluer si le régime de la micro-entreprise reste le plus adapté, ou s’il vaut mieux passer en société.

Keobiz propose ce type de suivi aux auto-entrepreneurs, de la mise en conformité à la vérification de leurs déclarations. Le cabinet prend en charge ces démarches administratives, ce qui permet aux indépendants de garder une vision claire de leurs chiffres.

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