43 % des pros du SEO font du GEO une priorité pour 2027, alors que sa mesure reste floue
Seuls 14 % des professionnels interrogés par SEJ citent le GEO parmi leurs leviers les plus efficaces cette année, mais 43 % en font une priorité pour les 12 prochains mois. Pourtant, la mesure de la visibilité dans les IA reste à construire.
Les équipes SEO déplacent leurs priorités vers l’optimisation pour les moteurs de réponse IA, alors que peu d’entre elles s’estiment capables de mesurer leur visibilité dans ces outils avec assurance. C’est ce que nous apprend la dernière édition du State of Search 2027, l’enquête annuelle publiée par Search Engine Journal (SEJ), réalisée auprès de 166 professionnels du search.
Le GEO grignote la place du SEO technique et des mises à jour de contenus
Parmi les répondants à l’enquête de SEJ, 58 % déclarent un impact négatif des AI Overviews et de la recherche zéro clic sur leur activité, un effet que plusieurs études documentent depuis 2025. Les intentions d’investissement ne fléchissent pas pour autant, puisque 81 % prévoient de maintenir ou d’augmenter leur investissement SEO. Les arbitrages se font donc dans l’enveloppe existante et SEJ prévient que « les budgets et la capacité des équipes étant limités, la montée du GEO consommera des ressources et l’attention des responsables ».

Le rapport illustre ce déplacement en comparant les activités citées parmi les plus efficaces sur les 12 derniers mois et celles que les répondants comptent prioriser sur les 12 prochains. Les écarts les plus nets concernent cinq postes :
- Le GEO, de 14 % à 43 %,
- La visibilité de marque et les citations externes, de 20 % à 28 %,
- L’autorité (E-E-A-T), de 28 % à 34 %,
- Les mises à jour de contenus, de 50 % à 36 %,
- Le SEO technique, de 37 % à 24 %.
Le contenu original reste en tête des deux classements, à 56 % pour cette année, puis 52 % pour 2027. Le recul du technique inquiète Harry Clarkson-Bennett, directeur SEO du Telegraph, cité par l’étude : « Perdre de vue le SEO technique est, dans la plupart des cas, une erreur. […] L’indexation, le rendu et l’explorabilité sont sans doute plus importants que jamais. »
Côté GEO, SEJ estime que 92 % des répondants appliquent au moins une tactique. La plupart jouent sur la forme, avec 68 % qui misent sur les titres, les listes, les tableaux et les FAQ, quand seuls 16 % ciblent les requêtes de bas de funnel, comme les pages de tarifs ou les études de cas.
Une visibilité dans les IA que peu d’équipes savent mesurer
Une confiance bien plus faible que pour l’attribution SEO
Interrogés sur leur capacité à mesurer et à interpréter leur visibilité dans les moteurs IA, les répondants se répartissent ainsi :
- 9 % se disent très confiants, avec des données fiables et exploitables,
- 50 % disposent de données mais signalent des lacunes d’outillage ou d’interprétation,
- 25 % suivent cette visibilité sans faire confiance aux chiffres,
- 9 % cherchent encore une méthode,
- 7 % ne la suivent pas du tout.

Sur l’attribution des revenus au SEO, pratique bien plus ancienne, 19 % des répondants se disent très confiants. Le niveau reste modeste, mais il dépasse le double de celui déclaré pour la visibilité IA, et SEJ le résume ainsi : « Le marché apprend encore à mesurer la visibilité IA, alors même que l’investissement progresse. »
Les équipes tournées vers le GEO ne sont pas mieux outillées
Chez les répondants qui font du GEO une priorité, 92 % ne se disent pas très confiants dans leur mesure de visibilité IA, un taux quasi identique aux 91 % de l’ensemble du panel. Une partie du problème tient aux plateformes elles-mêmes, souligne Alex Moss, principal SEO chez Yoast : « Le fait que les assistants ne transmettent pas de données de référent, comme le font la plupart du temps les moteurs de recherche, n’arrange rien. Mesurez ce que vous pouvez et comparez avec prudence. »
Le rapport relève en revanche des associations entre mesure et résultats déclarés. Parmi les répondants qui jugent leur attribution fiable, 52 % rapportent une nette amélioration de leur performance organique, contre 14 % chez ceux qui s’estiment peu confiants.
Que valent les comparaisons entre groupes de répondants ?
Ces écarts reposent sur des sous-groupes réduits : les deux groupes comparés pèsent chacun environ un cinquième des 166 interrogés, soit une trentaine de personnes par groupe. L’amélioration est par ailleurs déclarée, et non mesurée. SEJ présente lui-même ces croisements comme des associations, en rappelant que les organisations les mieux dotées disposent plus souvent d’une attribution fiable.
En France, la question de la mesure se pose avec les AI Overviews
Les réponses du rapport ont été recueillies avant l’arrivée des AI Overviews et de l’AI Mode en France, le 22 juillet 2026. Leurs effets sont depuis mesurables : sur 963 domaines français, Ahrefs a relevé une baisse médiane de 23,1 % du taux de clics en neuf jours, pour les sites dont plus d’une requête sur cinq déclenche un résumé IA.
La vue consacrée à l’IA générative dans la Search Console ne compte que des impressions, sans clic ni requête. Le canal « AI Assistant » de GA4 isole le trafic des chatbots, mais pas celui des AI Overviews, qui se fond dans l’organique (voir notre guide pour mesurer sa visibilité dans les AI Overviews). Côté chatbots, une part comprise entre 35 et 70 % des sessions référées par les IA arrive sans référent et se classe dans le trafic direct.