Google déploie AI Overviews et AI Mode en France
Google déploie ce mercredi 22 juillet ses AI Overviews et son AI Mode en France, après deux ans d’attente liés à des « obstacles réglementaires ». Une évolution majeure pour les éditeurs, qui redoutent une chute massive de leur trafic.
C’est un jour qui fera date pour les éditeurs de sites web. Ce mercredi 22 juillet 2026, Google a officiellement enclenché le déploiement des AI Overviews (ou Aperçus IA) et de l’AI Mode (ou Mode IA) sur le territoire français, annonce l’entreprise dans un communiqué. Désormais, lorsqu’un internaute saisira une requête dans le moteur de recherche, une réponse de quelques lignes générée par l’intelligence artificielle pourra s’afficher en haut de la page de résultats, dans un encart dédié. Une fonctionnalité redoutée par les éditeurs, qui craignent une chute massive de trafic.
Des résumés générés par IA placés en tête des résultats
Lancés en mai 2024 aux États-Unis, puis progressivement dans plus de 200 pays, les AI Overviews sont des résumés générés par l’intelligence artificielle qui s’affichent en tête des pages de résultats, au-dessus des liens bleus traditionnels. Alimentés par une version de Gemini — le grand modèle de langage (LLM) de Google — adaptée à Search, ils synthétisent en quelques lignes des informations issues de plusieurs sources web, accompagnées de liens vers les pages utilisées. « Ces aperçus s’affichent seulement lorsque nos systèmes déterminent qu’une réponse optimisée par l’IA est utile pour répondre à votre requête », affirme la firme californienne.
L’AI Mode, également déployé à partir de ce mercredi, est quant à lui une interface conversationnelle capable de produire des réponses détaillées à des requêtes « nécessitant une exploration plus approfondie », précisait la firme lors de la présentation de la fonctionnalité en mars 2025. « Vous pouvez poser toutes vos questions — par écrit, par la voix ou à l’aide d’images — et obtenir une réponse, tout en ayant la possibilité d’aller plus loin grâce à des questions complémentaires et des liens vers le Web », indique Sébastien Missoffe, directeur général de Google France, dans son communiqué.
Le Mode IA utilise notre technologie de query-fan-out qui découpe votre question en plusieurs sous-thèmes et lance simultanément une multitude de recherches. Cela permet de pousser l’exploration du Web bien plus loin qu’une recherche classique, ajoute Google.
Accessible depuis un onglet dédié, placé aux côtés d’Images, Actualités ou Vidéos, l’AI Mode autorise les requêtes complexes formulées en langage naturel et permet d’enchaîner les questions au fil d’un même échange, à la manière de ChatGPT ou de Claude. L’AI Mode pourra également s’activer depuis l’encart des AI Overviews, si l’utilisateur formule une question complémentaire.
Ces deux fonctionnalités sont progressivement déployées sur la version web ainsi que sur l’application Google sur iOS et Android. Elles devraient apparaître chez tous les internautes français dans les prochains jours.
Un « nouveau champ de recherche intelligent »
En parallèle, la firme américaine déploie également son « nouveau champ de recherche intelligent » en France, une version entièrement remaniée de sa barre de recherche. Dévoilée lors de sa dernière conférence annuelle, celle-ci se redimensionne automatiquement en fonction de la longueur de la requête, prend désormais en charge les fichiers, les images et les vidéos en complément du texte, et suggère des reformulations générées par l’IA pour affiner une question imprécise. « Bien entendu, vous continuerez à obtenir un large éventail de résultats, exactement comme aujourd’hui », précise Google.
Voici un aperçu, en vidéo, de la nouvelle barre de recherche :
Une chute de trafic redoutée par les éditeurs
Jusqu’ici, la France figurait parmi les rares marchés à ne pas bénéficier de ces résumés générés par l’intelligence artificielle, déjà utilisés par plus de 2 milliards d’utilisateurs chaque mois, d’après Google. Un blocage lié aux droits voisins, un cadre juridique qui impose aux plateformes de rémunérer les éditeurs de presse pour la reprise de leurs contenus, et pour lequel Google a été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises. Sanctionnée d’une amende de 250 millions d’euros par l’Autorité de la concurrence en mars 2024, la firme de Mountain View jugeait que les engagements souscrits à cette occasion risquaient d’entrer en contradiction avec le déploiement des AI Overviews et de l’AI Mode, rapporte Le Monde.
Fin juin, un courrier adressé aux éditeurs et révélé par Ouest-France entérinait toutefois un compromis destiné à lever ce verrou réglementaire. Google y prenait plusieurs engagements : permettre aux éditeurs français de retirer leurs contenus des AI Overviews sans pénaliser leur positionnement dans les résultats de recherche, et verser une rémunération aux 450 médias sous contrat avec l’entreprise américaine dès lors que leurs contenus sont repris dans les AI Overviews et survolés par les internautes.
Des engagements qui pourront cependant sembler insuffisants aux yeux des éditeurs, qui redoutent des chutes de trafic considérables, les internautes n’ayant plus nécessairement à cliquer sur un lien externe pour trouver réponse à leurs questions. Au Royaume-Uni, une étude d’Authoritas faisait état d’une baisse du taux de clic de 47,5 % sur desktop et de 37,7 % sur mobile dès qu’un résumé généré par IA se hisse en tête des résultats, avec de fortes disparités selon les thématiques. En Allemagne, les AI Overviews ont provoqué une érosion de 25 à 30 % sur les premiers liens de la page de résultats, selon une analyse de Sistrix. « Nous continuons d’envoyer des milliards de clics par jour vers le Web et ne constatons pas les baisses brutales de trafic alléguées », s’était défendu Google.
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