AI Overviews, GEO, zéro clic : les conseils de Semji avant la 11e édition de SEO Square

L’arrivée d’AI Overview rebat les cartes du SEO. Cofondateur de Semji, Nicolas Nguyen nous partage ses conseils pour rester visible et mesurer la performance à l’ère des moteurs IA, avant la prochaine édition de SEO Square.

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« Pour être cité par l'IA, il faut d'abord être bien placé sur Google », rappelle Nicolas Nguyen de Semji. © Montage BDM

Les AI Overviews sont arrivés en France le 22 juillet dernier, et leurs effets se mesurent déjà dans les tableaux de bord des équipes SEO. Nicolas Nguyen, cofondateur de Semji, revient sur ce que ce basculement change concrètement, à l’approche de la 11e édition de SEO Square, qui se déroulera les 13 et 14 octobre 2026. Un événement 100 % gratuit et en ligne.

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Nicolas Nguyen, Cofondateur, Semji

Expert du référencement naturel depuis plus de dix ans, Nicolas Nguyen participe régulièrement aux diverses rencontres de la sphère SEO pour développer sa vision d’une stratégie de contenus pilotée à la performance. En 2010, il remporte le concours SEO francophone « SEOtons » face à une centaine de professionnels grâce à des technologies SEO développées in-house. Il est cofondateur de la plateforme Semji.

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Les AI Overviews et l’AI Mode sont désormais disponibles en France. Concrètement, quels changements avez-vous déjà pu observer chez les marques et les équipes marketing concernées ?

Le changement le plus visible, c’est la baisse des clics. Quand Google affiche une réponse générée par l’IA en haut de la page, une partie des internautes s’arrête là. Ils ont leur réponse, ils ne cliquent plus.

Nous l’avons mesuré sur près de 500 000 mots-clés suivis chez plus de 500 clients français, dans 16 secteurs. Aujourd’hui, 40 % de ces mots-clés affichent une réponse IA. Et depuis le lancement d’AI Overview, les clics organiques ont reculé de 30 % en moyenne, avec de fortes disparités d’un secteur à l’autre. Plus la recherche relève du conseil avant l’achat (finance, santé, assurance), plus Google répond lui-même. Le commerce transactionnel est le moins touché.

Un point important à avoir en tête : AI Overview accélère le phénomène du zéro clic, il ne l’a pas créé.

Google évolue en permanence, sa page de résultats aussi : davantage de publicités qui ressemblent à des résultats naturels, de nouveaux formats, des évolutions algorithmiques. Le clic organique se raréfie depuis des années.

La bonne nouvelle, c’est que nous ne partons pas de zéro. Nos clients internationaux vivent avec AI Overview depuis deux ans, et ils nous montrent que perdre des clics ne veut pas dire perdre du business, au contraire.

Pour les équipes marketing, la conséquence est simple : la question n’est plus seulement « combien de clics je génère depuis Google ? » mais « est-ce que ma marque est visible dans les réponses IA pour générer des ventes ? ».

On voit parfois des positions SEO qui restent stables alors que le trafic organique recule. Comment expliquez-vous ce décalage ? Et comment réagir dans ce type de situation ?

C’est logique : être premier ne garantit plus le clic. La réponse IA s’affiche généralement au-dessus du premier résultat et répond directement à la question : le taux de clic s’effondre.

Comment réagir ?

D’abord, changer de point de vue

Votre site perd des clics, mais ceux de vos concurrents aussi. Regarder uniquement ses propres courbes, c’est se faire peur sans rien apprendre. La vraie question est relative : sur les requêtes qui comptent pour mon marché, ma marque est-elle plus visible que mes concurrents, dans Google, dans ses réponses IA, dans ChatGPT ou Gemini ? C’est ce classement de visibilité face aux concurrents qu’il faut présenter à sa direction quand le trafic baisse. Il replace la baisse dans son contexte et il montre où l’on gagne du terrain.

Ensuite, se fixer un objectif clair

Devenez la marque la plus visible de votre marché dans les réponses IA, notamment dans les AI Overviews. En 2025, 20 % de nos clients menaient des actions régulières sur le GEO, aujourd’hui c’est 65 %. À la fin de l’année, ce sera la quasi-totalité.

Excellente nouvelle : améliorer son SEO, c’est poser les fondations pour performer en GEO.

Dernier point, revoir la façon de mesurer la performance

Le trafic est devenu une métrique de vanité : il rassure ou il inquiète, mais il ne dit plus si le contenu travaille pour la marque. Ce qu’il faut suivre, c’est la visibilité SEO et GEO, et, en face, les conversions et le revenu, y compris ceux qui arrivent par le trafic direct et par la page d’accueil.

Car le parcours a changé : un internaute lit une réponse IA qui cite votre marque, se forge un avis, et trois jours plus tard, quand il décide d’acheter, il tape directement votre nom de marque. Aucun outil d’attribution ne reliera cet achat à votre article. Il faut pourtant l’accepter et regarder les résultats du site dans son ensemble.

C’est exactement ce changement de mesure que nous avons placé au cœur du SEO Square cette année.

Face à cette transformation, quels conseils donneriez-vous aux professionnels du marketing pour ajuster le pilotage de leurs campagnes ?

Premier conseil : il est temps d’accélérer votre SEO

L’IA de Google ne cite pas n’importe qui. Sur près de 75 000 contenus français analysés, une page dans les trois premiers résultats de Google a 75 % de chances d’être citée dans la réponse AI Overview. Au-delà de la 30e place, moins de 10 %.

Pour être cité par l’IA, il faut d’abord être bien placé sur Google. Rien n’a changé sur ce point.

Deuxième conseil : concentrez vos efforts là où ça compte

Les réponses IA apparaissent surtout sur les contenus qui expliquent : articles, guides, pages conseil. Elles apparaissent très peu sur les pages qui vendent : fiches produit, catégories, boutiques. Pas besoin de tout réécrire. Identifiez les pages de contenu qui font l’autorité de votre marque et travaillez celles-là.

Une réponse claire dès les premières lignes, des sources citées, et une mise à jour dans l’année : les contenus récents sont nettement plus cités que ceux laissés à l’abandon.

Troisième conseil : changez votre reporting avant que votre direction ne change de stratégie

Un tableau de bord qui ne montre que les clics affiche une baisse, et une baisse pousse à des décisions rapides, comme basculer tout le budget en publicité. Montrez plutôt la présence de votre marque dans les réponses IA et l’évolution des ventes. C’est là que se lit la vraie performance.

La question fondamentale à se poser : sur cette requête stratégique, suis-je prêt à laisser mes concurrents être visibles à ma place ?

Vous donnez justement, lors de cette 11e édition de SEO Square, une conférence sur le pilotage de la visibilité à l’ère des moteurs IA. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Je vais partir d’une question simple : qu’est-ce qu’être visible en 2026 ?

Il y a trois ans, 1 % des Français utilisaient l’IA générative. Aujourd’hui, c’est près de six sur dix. La recherche d’information s’est éclatée entre Google, ses réponses IA, ChatGPT, Gemini ou Claude.

Être visible, ce n’est plus être premier sur Google. C’est être présent partout où vos clients posent leurs questions.

Je partagerai les premières données françaises sur ce que les AI Overviews changent vraiment : qui perd des clics, qui est cité, sur quels types de contenus. Avec un enseignement encourageant : Google cite aussi beaucoup YouTube et les réseaux sociaux dans ses réponses IA. Le contenu de votre site reste la matière première, et décliné en vidéo ou en post sur vos propres canaux, il multiplie vos chances d’être cité.

Je proposerai ensuite une méthode en quatre temps, applicable dès le lendemain : choisir les sujets sur lesquels votre marque veut être citée, mesurer où vous en êtes face à vos concurrents, repérer les pages qui marchent à la fois sur Google et dans l’IA, et les écrire pour être cité.

Le message de fond est rassurant : un contenu écrit pour être cité par l’IA est aussi un meilleur contenu pour Google et pour vos lecteurs. Ce n’est pas une stratégie de plus. C’est la même, en plus large.

Quels seront les principaux temps forts à ne pas manquer cette année ?

Il y en aura beaucoup parmi les 14 conférences des deux jours, mais je retiendrais trois moments :

  • L’ouverture avec Fabrice Canel, qui a passé près de trente ans chez Microsoft Bing au cœur de l’évolution des moteurs. Peu de gens ont vu ces transformations de l’intérieur.
  • Une table ronde avec les équipes de DocuSign, Groupe SEB, Groupe ADEO et Groupe Dubreuil, autour d’une question que tout le monde se pose : faut-il encore investir dans le trafic organique ? Quatre marques qui vivent ces arbitrages au quotidien viendront confronter leurs choix.
  • Karine Abbou, qui partagera deux ans de recul sur les AI Overviews aux États-Unis, sous forme de 12 tendances. Ce qu’elle a observé là-bas, c’est ce qui commence en France.

Sans oublier deux Américains de référence : Cyrus Shepard, qui clôturera le premier jour avec de la data sur les gagnants et les perdants de l’ère IA, et Neil Patel, qui clôturera le second.

L’objectif de cette édition, c’est que chacun reparte avec une idée claire de ce qu’il faut mesurer, des contenus à prioriser et des décisions à prendre maintenant. En une phrase : passer de « pourquoi mon trafic baisse » à « comment je rends ma marque visible là où mes clients cherchent ».

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