Adoption de l’IA : la France s’installe à la 4ᵉ place du classement mondial
D’après le dernier rapport du Microsoft AI Economy Institute, l’usage de l’IA a progressé dans la quasi-totalité des économies au deuxième trimestre 2026, tiré par la Corée du Sud et l’Arabie saoudite.
L’intelligence artificielle continue de se diffuser dans le monde, mais les écarts d’accès entre les pays ne se referment pas. C’est ce que confirme la dernière édition du rapport Global AI Diffusion, publiée par le Microsoft AI Economy Institute pour le deuxième trimestre 2026.
L’institut mesure la part de la population mondiale de 15 à 64 ans ayant utilisé un produit d’IA générative, à partir de sa propre télémétrie, agrégée et anonymisée. L’indicateur est ajusté selon les parts de marché des systèmes d’exploitation et des appareils, la pénétration d’Internet et la population de chaque pays, une précaution à garder en tête à la lecture des chiffres qui suivent.
L’adoption mondiale de l’IA continue de progresser
Au deuxième trimestre 2026, 18,8 % des actifs dans le monde ont utilisé l’IA, contre 17,8 % au trimestre précédent. La hausse touche la quasi-totalité des économies suivies par le rapport.
Les Émirats arabes unis (73,3 %) et Singapour (64,3 %) conservent une large avance sur le reste du classement. La Corée du Sud enregistre la plus forte progression absolue du trimestre, avec 3,5 points de plus qu’au premier trimestre. C’est le troisième trimestre consécutif où le pays affiche la plus forte hausse, ce qui porte son gain à près de 15 points sur un an.
La France se classe 4ᵉ avec 49,6 % des actifs utilisateurs. Elle poursuit ainsi sa progression dans le classement mondial : lors de la précédente édition du rapport, elle figurait 5ᵉ avec 44 % des actifs utilisateurs.

Un fossé qui continue de se creuser entre pays du Nord et du Sud
L’étude nous apprend également que l’écart entre pays du Nord et du Sud s’accentue. Dans les pays du Nord, 28,8 % des actifs ont utilisé l’IA au deuxième trimestre, contre 27,5 % au trimestre précédent. Dans les pays du Sud, cette part passe de 15,4 % à 16,2 %. L’écart entre les deux zones atteint désormais 12,6 points, contre 12,1 points au trimestre précédent et 10,6 points un an plus tôt.
Outre la part d’utilisation, ce sont les usages qui diffèrent entre pays du Nord et du Sud. D’après l’analyse d’un échantillon de conversations avec Copilot, l’apprentissage autodirigé pèse 29 % de plus dans les usages du Sud que son poids à l’échelle mondiale, et le soutien scolaire 32 % de plus. Au Nord, les usages penchent davantage vers les achats, la recherche d’information et les demandes de feedback.
Microsoft appelle toutefois à la prudence sur ces résultats, qui pourraient en partie s’expliquer par une population plus jeune dans les pays du Sud.

La montée des modèles open weight
Les modèles à poids ouverts (open weight) gagnent du terrain dans l’écosystème de l’IA. Fin 2025, une analyse publique d’OpenRouter portant sur plus de 100 000 milliards de tokens évaluait leur part à environ un tiers du volume échangé sur la plateforme, une part qui atteint désormais 75 %, d’après une analyse propre à Microsoft sur les mêmes données. En outre, cette part a continué de croître au-delà des pics de lancement de DeepSeek, Kimi, Qwen et GPT-OSS, signe que l’adoption dépasse la simple phase d’expérimentation.
Cette dynamique pourrait profiter en particulier aux pays du Sud, où les poids ouverts abaissent le coût d’accès à l’IA et rendent plus simple son adaptation aux langues locales.