Jeu vidéo : une industrie qui attire les jeunes, malgré un contexte d’emploi fragilisé
Les jeunes sont nombreux à envisager de travailler dans ce secteur, et plus encore les adolescentes, d’après l’étude annuelle réalisée par Médiamétrie pour le SELL, qui mesure aussi l’image du jeu vidéo auprès des Français.
Menée chaque année par Médiamétrie pour le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) auprès de plus de 4 000 répondants, l’étude Les Français et le jeu vidéo ne se limite pas aux pratiques de jeu. Après les communautés de joueurs, auxquelles nous avons consacré un premier article, l’édition 2026 se penche aussi sur l’intérêt que les 10-34 ans portent aux métiers du secteur.
Une perspective professionnelle plus présente à l’adolescence
Parmi les Français âgés de 15 à 18 ans, 43 % ont déjà envisagé de rejoindre l’industrie du jeu vidéo. C’est la part la plus élevée des quatre tranches d’âge présentées par l’étude, devant les 19-24 ans (35 %), les 25-34 ans (30 %) et les 10-14 ans (29 %).

Ces écarts reflètent la situation de chaque tranche d’âge au moment de l’enquête, et non l’évolution d’une même génération au fil du temps. Ils ne suivent pas non plus le niveau de pratique du jeu vidéo. Les 10-14 ans sont ainsi les plus nombreux à jouer (96 %), mais aussi les moins nombreux à avoir déjà envisagé d’en faire leur métier (29 %). Chez les 15-17 ans, la pratique reste presque aussi répandue (93 %), et l’intérêt pour les métiers du secteur atteint alors son niveau le plus élevé.
Des écarts entre les femmes et les hommes qui varient fortement selon l’âge
Sur la question d’une carrière dans ce domaine, les réponses diffèrent nettement selon le sexe. Les filles de 15 à 18 ans sont 49 % à avoir déjà envisagé d’y travailler, contre 39 % des garçons du même âge. C’est la seule tranche d’âge où elles devancent les garçons. Chez les 10-14 ans, la proportion est de 24 % pour les filles et de 34 % pour les garçons. Parmi les jeunes adultes, l’écart atteint 15 points en faveur des hommes entre 19 et 24 ans (46 % contre 31 %) et 16 points entre 25 et 34 ans (39 % contre 23 %).
Dans l’édito de cette étude, Bénédicte Germain, présidente du SELL, rappelle que les femmes représentent 62 % des joueurs de la Gen Z (17-31 ans). Elle estime pourtant que la parité observée chez les joueurs « s’arrête encore trop souvent aux portes de nos studios », les femmes restant minoritaires aux postes de création et de décision.
Une image positive, malgré un contexte difficile pour l’emploi
Les Français portent un regard largement favorable sur le jeu vidéo. Parmi les adultes interrogés, 82 % le considèrent comme un secteur innovant. Sur l’ensemble des personnes interrogées, 78 % estiment que les jeux vidéo sont créés par de vrais artistes, et 63 % pensent qu’ils permettent de développer des compétences ou un savoir-faire.

Cette image contraste avec la situation économique du secteur, que Bénédicte Germain juge préoccupante, en particulier pour l’emploi, fragilisé par plusieurs vagues de restructurations. Elle voit d’ailleurs un paradoxe dans l’attrait des jeunes pour ces métiers. « Il y a là un vivier de talents et d’énergies que la France aurait tout intérêt à ne pas laisser filer », explique-t-elle. Parmi les initiatives qu’il soutient, le SELL cite l’association Women in Games France, qui œuvre pour la mixité dans l’industrie.
Méthodologie de l'étude
Entre le 2 et le 24 juin 2026, Médiamétrie a mené une enquête en ligne pour le SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs) auprès d’un échantillon de 4 002 personnes âgées de 10 à 80 ans. Construit selon la méthode des quotas, puis redressé à partir des données de l’Insee, il est représentatif de la population française de cette tranche d’âge. Les résultats sur l’attrait des métiers du jeu vidéo présentés ici concernent les Français âgés de 10 à 34 ans.
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