Stratégie de contenu B2B en 2026 : comment choisir les bons canaux ?

Face à la multiplication des formats et des plateformes, Nordahl Ballingall, Head of marketing chez Hellowork, nous partage ses clés pour construire une présence B2B cohérente et performante en 2026.

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Pour Nordahl Ballingall, "arriver à construire une audience de manière durable aujourd'hui reste possible". © Montage BDM
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En 2026, les entreprises B2B ont de nombreux canaux à leur disposition pour diffuser du contenu : LinkedIn, newsletter, podcast, vidéo, événements physiques… Mais multiplier les formats ne suffit pas, encore faut-il savoir arbitrer, prioriser et construire une audience qui ne dépende pas d’un seul réseau. Head of marketing au sein du groupe Hellowork, éditeur du BDM, Nordahl Ballingall accompagne au quotidien ces enjeux de stratégie de contenu B2B. Il partage pour BDM sa vision des canaux à privilégier en 2026, les erreurs les plus fréquentes à éviter, ainsi que les compétences clés à développer pour performer sur ce terrain.

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Nordahl Ballingall, Head of marketing, Hellowork

Expert du marketing digital avec 20 ans d’expérience, Nordahl Ballingall est actuellement Head of Marketing B2B chez Hellowork. Il a passé plus de 15 ans chez Google, où il a développé une expertise pointue du média digital et de la mesure de la performance. Il met désormais son savoir-faire stratégique au service de la croissance du leader français du recrutement.

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Newsletter, LinkedIn, podcast, webinar, blog… Les canaux de contenu B2B sont aujourd’hui nombreux et variés. Comment les entreprises s’y retrouvent-elles, et quelle est l’erreur la plus fréquente que vous observez en tant que Head of marketing B2B chez Hellowork ?

Effectivement, aujourd’hui, en tant que marketer B2B, on a un panel assez large de canaux pour distribuer du contenu, et les changements impulsés par le B2C alimentent de plus en plus rapidement nos stratégies B2B. Pour s’y retrouver, le plus simple reste toujours de bien connaître sa cible et ses usages. Même si les professionnels sont des gens comme tout le monde qui vont sur les réseaux sociaux, qui consomment de plus en plus de vidéos, etc., certaines habitudes de consommation de contenu peuvent changer en fonction de la nature du travail et de la manière dont l’écosystème est structuré.

On ne va pas toucher de la même manière une population de terrain comme les artisans (qui a des usages numériques très B2C) et des RH qui s’informent beaucoup sur des sites spécialisés ou via les nombreux influenceurs qui structurent l’écosystème.

Au-delà de choisir le bon canal, je pense que l’erreur que je vois le plus souvent est celle de privilégier la production d’un contenu de haute qualité à sa distribution. Je ne compte plus les épisodes de podcast ou les vidéos tournées dans un studio magnifique, qui ne comptabilisent que quelques vues.

Si j’avais un conseil, ça serait de ne jamais produire de contenu sans y associer au moins le double d’investissements pour le promouvoir.

La newsletter connaît un vrai regain d’intérêt en B2B ces dernières années. Est-ce une tendance de fond ou un effet de mode ? Avez-vous un exemple à nous partager ?

Avec tout le contenu qui sort à droite et à gauche, c’est impossible de tout lire. Les gens se tournent généralement vers des personnes référentes qui trient et décryptent l’actualité pour eux. Cela peut être des marques, des médias ou des influenceurs.

La newsletter est un canal qui permet de développer un peu plus le contenu que d’autres médias, comme les réseaux sociaux, tout en partageant un vrai point de vue, ce qui peut expliquer son renouveau. Mais je pense que les usages sont encore très dispersés, et on peut imaginer que l’IA captera une partie de ces usages dans le futur.

C’est assez tentant de pouvoir avoir une newsletter personnalisée selon ses propres intérêts. Je ne suis pas un énorme consommateur de newsletter, mais celles qui ont retenu mon attention dernièrement sont Time to Sign off, l’ADN, et j’aime bien suivre les newsletters des plateformes que j’utilise au quotidien, comme Hubspot ou Google… et la newsletter BDM, bien sûr !

LinkedIn s’est imposé comme le réseau incontournable en B2B. Mais entre l’algorithme qui évolue et la saturation des posts qui tendent tous à se ressembler, en quoi est-il encore un canal fiable pour construire une audience durable en 2026 ?

Malgré tous ses défauts, LinkedIn reste le seul réseau social B2B où l’audience cols blancs / cadres est très active ! Arriver à construire une audience de manière durable aujourd’hui reste possible, mais pour moi il y a deux choses essentielles à garder en tête :

  1. La puissance d’une marque passe avant tout par l’incarnation que peuvent en faire les employés et les dirigeants. L’algorithme pousse à cela, et les utilisateurs préfèrent se tourner vers des individus qu’ils ont pu côtoyer ou à minima rencontrer lors d’événements.
  2. Pour bien animer son audience, il faut réussir à les toucher en dehors de la plateforme, possiblement avec des newsletters, podcasts ou événements.

Attention, s’en remettre uniquement à LinkedIn semble être un mauvais calcul, tant le contenu peut être vite noyé dans la masse.

Beaucoup d’entreprises concentrent leurs efforts sur ce réseau sans réellement posséder d’audience. Comment trouver le bon équilibre ? Avez-vous des conseils à nous partager ?

Pour moi, le plus important serait de mutualiser ses efforts.

Ne créez pas de contenu uniquement pour LinkedIn, mais produisez un contenu, un discours de base qui sera décliné en fonction des plateformes.

Ensuite, si vous n’avez pas d’audience propre, essayez de vous adosser à d’autres cercles.

Le conseil de Nordahl pour performer sur LinkedIn :

« Que ce soit en identifiant des clients ou des partenaires, ou en vous adossant à des influenceurs, essayez d’aller au-delà de votre cercle habituel en créant une conversation, dans vos posts ou dans ceux des autres. »

D’après votre expérience, comment évolue la place du contenu dans la stratégie marketing B2B ? Et qu’est-ce que l’essor de l’IA change concrètement dans cette approche ?

Pour intéresser une cible B2B, je suis convaincu qu’il faut lui apporter de la valeur en distribuant de l’expertise. Paradoxalement, la majorité du contenu produit apporte très peu de valeur et était surtout fait pour améliorer son référencement.

L’essor de l’IA est une excellente opportunité pour se recentrer sur l’essentiel : une information unique et directe.

Que ce soit des retours d’expérience de clients, des analyses faites avec de la donnée propriétaire ou des outils pour structurer des bonnes pratiques, il y a énormément de choses à explorer pour démontrer son utilité auprès de ses prospects.

Ma recommandation : restez bref et facilitez la mise en pratique de vos recommandations.

Si vous deviez définir la combinaison idéale de canaux pour une entreprise B2B qui cherche à construire son audience en 2026, ce serait laquelle ? Et sur quels critères l’arbitrer ?

J’aurais tendance à privilégier les réseaux sociaux et un blog bien référencé pour attirer des nouvelles personnes (en combinant organique et payant), ainsi qu’une newsletter et des événements physiques pour fidéliser cette audience.

Il faut aussi se poser la question du type de contenu que l’on veut partager. Aujourd’hui, par exemple, on ne peut plus vraiment faire l’impasse sur la vidéo lorsque l’on crée du contenu. Sans aller jusqu’à des niveaux de production exorbitants, on peut développer du contenu très simplement avec des captures vidéo d’écran ou certains outils IA, bien évidemment.

L’arbitrage de ces canaux va vraiment dépendre de vos objectifs.

Si vous avez besoin de construire votre notoriété sur le marché, le volume sera capital, mais si vous avez un objectif de ROI à très court terme, il faudra plus faire attention au taux d’engagement de votre audience et au taux de succès des relances commerciales sur cette cible. À ce stade, l’ajout d’une solution d’enrichissement de donnée pour qualifier les contacts récoltés peut être un excellent moyen de passer à la vitesse supérieure.

Maîtriser une stratégie de contenu B2B multicanal demande des compétences qui évoluent très vite. Pour un professionnel du marketing qui souhaite se former sérieusement sur ces sujets en 2026, par où recommanderiez-vous de commencer ?

Pour commencer, je trouve que Hubspot fait du très bon contenu sur le sujet. Ce sont eux qui ont développé l’inbound marketing et ils restent très pertinents dessus.

Pour avoir une formation complète, il faut réussir à combiner des compétences média (surtout social, évidemment), CRM, SEO et GEO et de copywriting.

Ensuite, je pense que s’inspirer du monde de l’influence et de ce qui est fait en B2C peut permettre d’anticiper les changements à venir dans le monde B2B.

Dernier conseil : n’hésitez pas à vous faire pitcher par des prestataires ou des influenceurs. Même si vous ne faites pas appel à leurs services (ce qui peut être une bonne idée quand on n’a pas l’expertise en interne), cela peut vous donner des idées.

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