Ce qu’on a lu, vu, aimé et entendu en juin 2026 : les recos de la rédaction
Au programme : du foot, du foot, du foot, et deux autres recos pour ceux qui ne suivent pas la Coupe du monde !
La recommandation de José : la chaîne YouTube de la FFF
Né en 1997, j’étais trop jeune pour vivre l’âge d’or de France 98, vainqueur de sa première coupe du monde, jouée à domicile. Pourtant, je connais ce Mondial sur le bout des doigts, la faute à deux cassettes grésillantes qui, entre mes 9 et 12 ans, tournaient en boucle dans mon salon : celle de tous les buts de la Coupe du monde 1998, qui a gravé dans mon cerveau le score de matchs parfaitement aléatoires (Espagne 2-3 Nigéria, Mexique 2-2 Belgique, Jamaïque 0-5 Argentine, Brésil 1-2 Norvège…) et le mythique documentaire Les Yeux dans les Bleus.
Réalisé par Stéphane Meunier, celui-ci nous plonge au cœur de l’équipe de France lors de sa campagne victorieuse. Devenu un véritable film culte grâce à ses répliques entrées dans la postérité (« Muscle ton jeu, Robert », « Le petit bonhomme là, c’est pas Zizou ! »), le documentaire a profondément marqué la génération qui a vécu le premier succès mondial des tricolores. Mais aussi les quelques obsédés qui, après un énième rembobinage, essayaient de grappiller un fragment des émotions qu’avaient connues leurs grands frères.
Vingt-huit ans plus tard, la FFF a bien retenu la leçon. Alors que la Coupe du monde bat son plein, la fédération affiche une chaîne YouTube particulièrement prolifique. Tous les jours, (au moins) une vidéo d’une vingtaine de minutes y est diffusée. On peut y suivre, comme si on y était, les entraînements des Bleus, les avant-matchs dans les vestiaires, mais également des moments de vie. Comme si Les Yeux dans les Bleus était diffusé en quasi-direct.
À la manette, on retrouve Guillaume Bigot, JRI à la FFF, débarqué dans l’institution en… 1998. Le vidéaste, qui a participé au lancement de la chaîne YouTube en 2012, a su créer un lien de confiance avec les joueurs. Les meilleurs extraits sont bien sûr réutilisés sur les comptes Instagram et TikTok de l’équipe de France. Une manière intelligente de garder le contrôle du narratif et faire vibrer les jeunes fans qui rêvent de voir, à leur tour, les Bleus décrocher une nouvelle étoile.
La recommandation de Matthieu : Goals, le foot sans la machine à licences
Pendant que la planète entière réinstalle EA FC (anciennement FIFA) pour la Coupe du monde, j’ai passé quelques heures sur un petit jeu de foot suédois dont personne ne parle : Goals. Gratuit, sorti tout juste le 4 juin, il est signé d’un studio de Stockholm monté par un ancien pro de Counter-Strike. Sur le papier, ça ne paye pas de mine. Pas de vrais clubs, pas de licences, une interface encore un peu rêche. Et puis on lance un match, et un certain feeling arrive. C’est nerveux, direct, sans ce côté téléguidé et/ou patinoire dont feu-FIFA s’est fait l’étendard. On y retrouverait presque çà et là quelques notes de PES, pour les plus anciens.
Parallèlement, le système de joueurs est vraiment sympa. Pas de Mbappé sous licence : chaque footballeur ou footballeuse, car les équipes sont mixtes, de l’effectif est unique, généré, et progresse match après match, atteint son pic… puis vieillit et part à la retraite. Il faut donc vraiment construire une équipe dans le temps, le tout en gagnant des joueurs dans des packs de cartes (de la commune à la mythique), pour le côté moderne. On se retrouve alors avec des pépites à faire éclore et des vétérans qu’il faut se résoudre à remplacer. Une manière de s’attacher à nos joueurs fictifs assez réussie.
Alors non, tout n’est pas rose : le lancement a été rugueux, les avis Steam sont salés, le gameplay et l’IA collective ne sont pas parfaits, et le modèle économique reste à surveiller dans la durée. Mais en pleine Coupe du monde, à l’heure où le foot vidéoludique tourne en rond depuis plus d’une décennie, voir un studio indé proposer quelque chose de différent, ça fait du bien. C’est gratuit, crossplay PC/PS5/Xbox/Mac. Tu télécharges, tu joues, tu insultes ton défenseur central. Le foot, quoi.
La recommandation d’Etienne : le documentaire 9 juillet 2006
Régulièrement bluffé par les productions de l’Équipe Explore, et plus largement de l’Équipe, dont j’ouvre l’application machinalement plusieurs fois par jour, il m’était impossible, en pleine Coupe du Monde, de ne pas vous recommander 9 juillet 2006, mis en ligne le 2 juin dernier. Écrit par Christine Thomas et Imanol Corcostegui, coproduit avec le studio de création Upian, ce documentaire retrace la finale du Mondial 2006 perdue par l’Équipe de France face à la Squadra Azzurra, marquée par le tristement célèbre coup de boule infligé par Zinedine Zidane à Marco Materazzi.
Rien d’extraordinaire jusque-là, me direz-vous : quoi de plus logique, pour le premier quotidien sportif français, que de raconter cette triste finale, ainsi que d’autres moments du parcours des Bleus dans la compétition, à l’occasion de ses 20 ans et à quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026. Sauf qu’il y a un twist : le programme se découpe en 30 épisodes, proposés au format vertical et dont la durée oscille entre 2 et 4 minutes. Entre images d’archives, témoignages de fans et histoires oubliées (le film de Vikash Dhorasoo, la porte défoncée par Zidane, les larmes de Trezeguet sur la place de la Concorde…), 9 juillet 2006 invite à se replonger autrement dans « une histoire dingue, un traumatisme national, un héritage culturel », expliquait Imanol Corcostegui, rédacteur en chef de l’Équipe Explore.
Et, à titre personnel, dans la première véritable finale de Coupe du Monde de l’Équipe de France dont je garde un souvenir, étant né au début des années 1990 et trop jeune pour avoir eu le droit de regarder la seconde mi-temps de celle de 1998.

La recommandation d’Appoline : Le Touriste, la série du Parisien
La canicule est arrivée bien plus tôt que prévu, et avec elle l’envie de vous proposer des recos un peu plus légères pour accompagner votre été !
À l’occasion de VivaTech, j’ai assisté à une conférence où Le Parisien présentait sa nouvelle stratégie vidéo. Le constat de la rédaction : les formats courts attirent mais fidélisent mal et fatiguent, lorsque les formats longs créent de l’attachement à la marque. Le média a donc lancé un nouvel univers vidéo aux airs de plateforme de streaming, qui réunit toutes ses séries au même endroit. Et parmi elles, j’ai eu un coup de cœur pour la série Le Touriste.
Le principe ? Le journaliste Mathieu Hennequin se déguise en touriste américain, anglais ou allemand, et part débusquer les arnaques qui guettent les visiteurs de la capitale. Sa trouvaille la plus parlante ? Un verre de coca facturé deux fois plus cher au faux touriste américain qu’au Français attablé juste à côté.
Sous ses airs de caméra cachée, la série démontre quelque chose de très concret. Ces petits abus du quotidien, à peine visibles, transforment une terrasse, un menu ou un taxi en arnaque dès qu’on est catalogué en tant que touriste étranger.
C’est mené avec un vrai sens du rythme et une bonne dose d’humour, mais le propos reste sérieux et dénonce un vrai phénomène. On en ressort en regardant les terrasses parisiennes d’un autre œil, et avec l’envie de comparer l’addition avec son voisin de table. Une série à picorer épisode par épisode !
La recommandation d’Alexandra : une étude sur les métiers de l’IA en France
À l’occasion de VivaTech dont BDM était partenaire, Les Echos ont dévoilé en exclusivité une étude LinkedIn sur le marché de l’emploi dans l’IA en France. Les données dressent un tableau un peu plus nuancé que ce que l’on peut lire habituellement dans les médias. Parmi les points évoqués dans cet article, c’est cette phrase qui a le plus retenu mon attention : « L’IA, ce n’est pas Paris ». D’autres villes, à l’image de Grenoble et de Toulouse, concentrent autant de talents en IA que la capitale. Sur un an, Toulouse affiche même une croissance des offres d’emploi dans l’IA de 67 %, contre 18 % pour Paris. Brest, Clermont-Ferrand et d’autres métropoles régionales complètent un tableau bien plus décentralisé qu’on ne pouvait l’imaginer. Sans surprise, le top 10 des métiers dans l’IA en France reste largement dominé par les profils spécialisés en data et ingénierie :
- Ingénieur de recherche
- Analyste de données
- Ingénieur data
- Data scientist
- Spécialiste des données
- Consultant data
- Ingénieur en intelligence artificielle
- Ingénieur en machine learning
- Analyste quantitatif
- Ingénieur systèmes embarqués
Si ces profils semblent globalement très techniques, l’étude montre également la montée en puissance de rôles davantage centrés autour de la coordination et du pilotage, à l’image du consultant en IA, qui progresse parmi ces métiers en forte croissance.
L’IA ne serait donc plus seulement une expertise technique individuelle, elle tendrait à s’imposer comme un sujet de gouvernance à part entière. Une tendance que confirme la 3e édition de notre enquête annuelle menée auprès de 800 professionnels du digital : savoir utiliser l’IA ne suffit plus, il faut désormais être capable de la déployer à l’échelle d’une organisation.
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