Lycos va chercher une seconde vie après le rachat du domaine
Plus de quinze ans après la fermeture de Lycos Europe, l’éditeur ADN Contents mise sur le souvenir laissé par le portail chez les internautes des années 1990. Mais pas que.
Selon une étude très précise au sein de la rédaction de BDM, il faut avoir plus de 35 ans pour répondre par réflexe « Va chercher! » à l’évocation de Lycos. Pour les autres, un rappel s’impose, d’autant que le nom de domaine lycos.fr vient de changer de mains.
Avant Google, il y avait le chien noir de Lycos
Lycos voit le jour en 1994. Il est l’un des premiers moteurs de recherche à exploiter la correspondance des préfixes et la proximité des mots. En France, la marque se fait connaître grâce à son logo et à sa mascotte, un retriever noir, et à l’injonction « Va chercher! » adressée à ce chien dans des publicités qui resteront gravées dans la tête de bon nombre de Françaises et Français.
Édité par Lycos Europe, le portail compte parmi les adresses les plus célèbres de la fin des années 1990. En 1999, Google n’en est qu’à sa version bêta, et les recherches passent alors par Lycos, Yahoo! ou AltaVista, un quotidien que nous avions reconstitué dans une journée type sur Internet en 1999.
Le vent tourne au début des années 2000, quand Google s’impose dans la recherche en ligne. Lycos Europe finit par fermer en février 2009, entraînant la version française dans sa chute. Lycos rejoint alors Infoseek, Tripod ou Xoom parmi les géants des années 1990 que le web a laissés sur le bas-côté.
35 300 € pour récupérer l’adresse du chien noir
Le 21 septembre 2026, la vente aux enchères du nom de domaine lycos.fr s’est conclue sur WebExpire, une plateforme spécialisée dans la revente de domaines. Le lot est revenu à ADN Contents pour 35 300 €. Cette société française fondée par Benjamin Romei édite déjà des médias thématiques. Son projet est indépendant de l’entreprise qui exploitait Lycos à l’origine.
Le repreneur n’a pas laissé l’adresse inoccupée longtemps. Dans les heures qui ont suivi la vente, lycos.fr affichait une page présentant le futur portail et invitant les internautes à réserver leur identifiant. L’engouement a été immédiat, à en croire Benjamin Romei : « On a récupéré le domaine hier, on n’a encore rien annoncé, et il y a déjà des milliers d’inscriptions », a-t-il indiqué à Next.
On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite, ce sont les gens qui ont décidé pour nous, et ça confirme que ce nom réveille quelque chose de bien réel.
Un portail en trois services, qui ne compte pas vivre de la seule nostalgie
Auprès de nos confrères, Benjamin Romei dit vouloir « refaire de Lycos une porte d’entrée simple du web français ». Pour y parvenir, le site prévoit trois services :
- Un portail d’actualité, qui rassemble les articles de nombreux médias et se met à jour en permanence.
- Lycos ID, une page personnelle à l’adresse lycos.fr/votrenom, pour y regrouper une présentation et ses liens. La réservation de l’identifiant (3 à 30 caractères) est gratuite et demande seulement une adresse email.
- Un moteur de recherche bâti sur son propre index, qui interroge à la fois les actualités, les articles et les profils Lycos ID. Une version pilote est déjà accessible sur search.lycos.fr.
Côté financement, le repreneur envisage de combiner publicité et options payantes sur les pages personnelles. Il assure aussi vouloir séduire au-delà de la génération qui a connu le premier Lycos : « On ne veut pas faire un musée », a-t-il précisé.