Étude : 62 % des créateurs français utilisent désormais l’IA générative
L’étude Creators’ Toolkit d’Adobe confirme l’ancrage de l’IA dans la création : 63 % des créateurs la jugent intégrée ou essentielle à leur travail. En France, 62 % l’utilisent dans leur processus créatif.
L’IA créative n’est plus une simple expérimentation pour les créateurs et créatrices. C’est le principal enseignement de l’étude Creators’ Toolkit publiée par Adobe et The Harris Poll. Une tendance déjà observée fin 2025, lorsque des créateurs français expliquaient à BDM comment ils intégraient l’IA à leur flux de production. Quelques mois plus tard, l’adoption s’est confirmée et s’accompagne désormais d’une exigence nouvelle : garder le contrôle.
La méthodologie de l'étude Creators' Toolkit
Adobe et The Harris Poll ont interrogé plus de 16 000 créateurs en mai 2026 dans huit pays (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Corée du Sud, Japon, Inde et Australie), dont 2 002 en France. L’étude cible des créateurs indépendants et professionnels publiant plusieurs fois par mois sur les réseaux sociaux pour engager leur audience et générer des revenus, hors salariés à plein temps des industries créatives traditionnelles.
Une IA créative désormais ancrée dans les usages
Selon l’étude, 63 % des créateurs estiment que l’IA créative est intégrée ou essentielle à leur travail, quand seuls 3 % se disent encore en phase de test. Cette adoption s’accompagne de résultats concrets : 80 % affirment qu’elle a accéléré la croissance de leur activité ou de leur communauté, et 57 % se sentent plus confiants ou plus professionnels dans leur démarche créative. L’effet dépasse même la sphère productive, avec un tiers des créateurs (33 %) qui déclare que l’IA les rassure sur leur avenir dans le métier.
En France, 62 % des créateurs déclarent utiliser l’IA générative dans leur processus de création, et 79 % y recourent plus souvent qu’il y a un an. Leur usage reste avant tout tourné vers l’optimisation du flux de travail :
- 61 % s’en servent pour l’édition, l’amélioration ou l’optimisation de contenus,
- 58 % pour générer des assets créatifs (image, vidéo, audio),
- 30 % seulement pour les phases d’idéation (brainstorming, moodboards).
La voix humaine, nouveau facteur de différenciation
Avec la généralisation de l’IA, l’avantage ne se joue plus sur le volume produit mais sur la singularité. Parmi les créateurs qui peinent plus à se démarquer qu’il y a un an, 52 % pointent la masse de contenus disponibles et 36 % estiment que les productions générées par IA empêchent les voix singulières d’émerger. L’outil rebat néanmoins les cartes du rapport de force : 45 % se sentent mieux armés pour rivaliser avec de plus grandes structures depuis qu’ils utilisent l’IA.
Garder sa voix tout en gagnant en vitesse
Loin de diluer leur identité, l’IA reste perçue comme un prolongement du geste créatif : 74 % des créateurs considèrent que le contenu produit avec son aide exprime toujours leur identité, et 79 % voient le jugement humain comme indispensable au goût artistique. Le gain de temps, lui, est quasi unanime (93 %), mais il ne se résume pas à produire plus vite. 35 % y voient surtout plus de liberté pour tester des idées et 28 % se disent plus confiants pour se lancer dans des projets ambitieux.
La rapidité ne suffit toutefois pas à publier. Plus d’un créateur sur deux (51 %) précise que les résultats de l’IA nécessitent des retouches modérées ou approfondies avant d’être partagés. Autrement dit, l’IA accélère le départ, mais la main humaine décide du moment de la mise en ligne.
Une transparence attendue, mais encore timide
Les créateurs savent que leur public est attentif à ces usages : 84 % constatent qu’il exige autant, voire plus de transparence qu’avant, et 69 % estiment que leur audience devine déjà quand l’IA a joué un rôle important dans une création. Cette conscience ne se traduit pourtant pas toujours en affichage, avec 45 % des répondants qui indiquent toujours ou souvent leur recours à l’IA, tandis que 19 % ne le font jamais ou presque. La question des droits accompagne cette montée des attentes, avec 85 % des créateurs jugeant essentiel de pouvoir protéger les œuvres créées avec l’aide de l’IA.
L’IA agentique, prochaine étape sous conditions
Après l’IA générative, c’est l’IA agentique (capable de gérer des tâches complexes en plusieurs étapes) que les créateurs identifient comme la prochaine frontière. Leur adhésion reste toutefois conditionnée au contrôle. 83 % estiment que la décision finale doit toujours leur revenir, que l’IA soit générative ou agentique.
Pour déléguer à un agent, leurs priorités sont claires :
- 42 % veulent pouvoir consulter, corriger ou annuler une action à tout moment,
- 36 % exigent de la transparence sur les actions menées par l’agent,
- 31 % réclament des limites précises sur les données et les outils accessibles.
Cette demande de cadre rejoint le positionnement récent des éditeurs. Adobe a, par exemple, présenté son Firefly AI Assistant, un agent créatif qui orchestre le Creative Cloud tout en laissant, selon l’éditeur, le contrôle au créateur. Quant au temps que cette délégation pourrait libérer, 27 % des créateurs déclarent vouloir l’employer à acquérir de nouvelles compétences créatives.
Nous avons besoin de vous !
Nous réalisons une courte enquête pour comprendre vos besoins et mieux y répondre sur BDM.
Je donne mon avis