Les 100 outils IA les plus utilisés dans le monde à l’automne 2026

La 7e édition du rapport d’Andreessen Horowitz confirme la domination de ChatGPT. Ses nouvelles données de dépenses, mesurées aux États-Unis, révèlent un marché payant encore étroit et très concentré sur quelques gros utilisateurs.

Top 50 Gen AI Web Products
ChatGPT, Gemini et Claude forment le podium des outils IA les plus utilisés sur le web. © a16z

ChatGPT reste l’outil d’IA générative le plus utilisé au monde, sur le web comme sur mobile, mais Claude se hisse désormais sur le podium. C’est l’un des enseignements de la 7e édition du Top 100 Consumer AI Apps, le classement que le fonds d’investissement Andreessen Horowitz (a16z) publie tous les six mois. Seuls 11 produits y font leur première apparition, le plus faible nombre depuis le lancement du classement en 2023, signe d’une consolidation du marché ?

Par rapport à l’édition de mars, a16z ajoute une lecture inédite, celle des dépenses des consommateurs, mesurées uniquement aux États-Unis. Le fonds écarte aussi les services principalement destinés à des usages dits NSFW (Not safe for work, souvent à caractère sexuel) qui auraient occupé plus de 20 % du classement web.

ChatGPT reste loin devant, Claude et Gemini choisissent leur terrain

En août 2026, ChatGPT enregistrait environ deux fois plus de visites web que Gemini et six fois plus que Claude. L’écart se creuse notamment sur mobile, où l’outil d’OpenAI compte 2,5 fois plus d’utilisateurs actifs mensuels que Gemini et 14 fois plus que Claude. L’assistant d’Anthropic grimpe toutefois de la 6e à la 3e place sur le web, devant DeepSeek et Perplexity.

Sur les 127 lancements recensés par a16z en six mois chez ces trois principaux acteurs, 66 % de ceux d’Anthropic s’adressent aux professionnels et aux développeurs. Google consacre près de la moitié des siens (49 %) au grand public, tandis qu’OpenAI se partage entre les deux, avec 39 % de lancements orientés travail et 20 % destinés au grand public, preuve de stratégies différentes.

Claude For Work, Gemini For Consumers
Anthropic mise sur le travail, Google sur le grand public. © a16z

Pour ce qui est des abonnements payants, mesurés par YipitData sur un panel américain, voici la répartition :

  • 3,02 % des membres du panel payaient en août un abonnement ChatGPT,
  • 1,09 % pour Gemini,
  • 1,07 % pour Claude.

Claude avait dépassé Gemini en mars, avant que Google ne repasse devant grâce à l’intégration des abonnés stockage de 2 To à la formule AI Plus. Claude convertit aussi davantage vers ses offres premium, avec 7,3 % de ses abonnés sur Max, facturé à partir de 100 dollars par mois, contre 1,3 % chez Google pour l’offre Ultra.

Aux États-Unis, Claude et Gemini font jeu égal derrière ChatGPT, mais l'assistant d'Anthropic convertit davantage ses abonnés vers l'offre Max. © a16z

YipitData relève toutefois, en juillet et en août, une baisse des sessions quotidiennes moyennes de Claude sur desktop, ainsi que moins de nouveaux abonnés et davantage de résiliations aux États-Unis. ChatGPT a, lui, accéléré de nouveau après le lancement de nouveaux modèles et l’arrivée de ChatGPT Work. Seuls 8 % des abonnés américains de ChatGPT paient aussi pour Claude. « La question est peut-être de moins en moins de savoir qui gagne, et de plus en plus de savoir comment chaque entreprise tire parti de sa propre opportunité », avance a16z.

Le Top 10 des outils IA les plus utilisés sur web et mobile

Les 10 outils IA les plus utilisés sur le web (voir image de une) :

  1. ChatGPT
  2. Gemini
  3. Claude
  4. Canva
  5. DeepSeek
  6. Grok
  7. Notion
  8. Character.ai
  9. Gemini Notebook
  10. Doubao

Les 10 outils IA les plus utilisés sur mobile :

  1. ChatGPT
  2. CapCut
  3. Gemini
  4. Canva
  5. AI Gallery
  6. Copilot
  7. Doubao
  8. Picsart
  9. Dola
  10. Microsoft Edge
Top 50 Gen AI Mobile Apps
Sur mobile, CapCut et Canva s’intercalent entre les assistants. © a16z

Pour la première fois, a16z classe aussi les applications selon les dépenses observées sur les cartes bancaires des consommateurs américains. OpenAI et Anthropic occupent les deux premières places, devant Canva, Superhuman (ex-Grammarly), Higgsfield, Replit, Suno, Lovable, Perplexity et ElevenLabs. Gemini en est exclu, ses revenus étant impossible à isoler du reste de l’offre de Google. Midjourney, qui a quitté le Top 50 web (il était 43e en mars), figure au 11e rang de ce classement.

Top 50 Consumer AI Apps by Monthly Revenue
Côté dépenses, les outils pour créer et coder remontent. © a16z

Payer pour l’IA reste une affaire de gros utilisateurs

Des dépenses très concentrées

Selon les panels américains de YipitData, seuls 4,5 % des consommateurs suivis avaient en août un abonnement personnel payant à ChatGPT, Gemini ou Claude, contre 2,1 % un an plus tôt.

Le 1 % des plus gros payeurs concentre 20 % des dépenses observées, davantage que la moitié des payeurs qui dépensent le moins (17 %). Ce premier centile débourse en moyenne 903 dollars par mois, un montant en hausse de 80 % en 18 mois, quand le payeur médian s’en tient à 25 dollars, une somme quasiment stable. Ces profils achètent surtout des outils d’automatisation, comme n8n, fal ou Manus, ou des outils créatifs comme Higgsfield. Résultat, 29 des 50 premiers acteurs en dépenses n’apparaissent dans aucun classement de trafic.

L’abonnement, modèle quasi exclusif

Sur les 44 produits nativement IA du classement web, 84 % proposent un abonnement payant et 64 % facturent à l’usage ou vendent des crédits supplémentaires. Seuls 14 % affichent de la publicité et 2 % prélèvent une commission sur des transactions. Le fonds y voit « une inversion de l’Internet grand public d’avant l’IA, où les consommateurs étaient le produit au lieu de payer pour le produit ».

OpenAI revendique, pour le mois d’août, un milliard de dollars de revenus publicitaires en rythme annualisé sur ChatGPT, qui compte 1,2 milliard d’utilisateurs actifs chaque semaine. Depuis, la régie publicitaire de l’assistant a ouvert en France.

Face aux géants, les startups et quelques Européens tiennent leur place

Depuis qu’a16z les a rendus éligibles en mars, les logiciels établis qui ont intégré l’IA générative se sont fait une place dans le classement : Canva (4e) et Notion (7e) se maintiennent dans le top 10 web, Figma se classe 15e et Superhuman, l’ex-Grammarly, décroche la 4e place du classement par dépenses. Face à ces acteurs installés, les startups nées avec l’IA qui tiennent bon misent sur un modèle maison, comme Suno (19e en trafic web, 7e en dépenses) ou ElevenLabs (25e et 10e). Un son ou un style visuel distinctif « peut compter davantage, pour une tâche créative donnée, que de savoir quel laboratoire possède le meilleur modèle généraliste », observe a16z. D’autres parient sur l’accès à plusieurs modèles, comme Cursor (de la 41e à la 35e place).

Au total, seules sept entreprises apparaissent dans les trois classements. Aux côtés de ChatGPT, Claude, Suno, Perplexity, Canva et Notion figure la française Photoroom (36e sur le web, 45e sur mobile, 38e en dépenses), et Hugging Face, fondée par des Français, se classe 29e sur le web et 39e en dépenses. D’autres acteurs européens se distinguent dans le classement des dépenses américaines, comme le suédois Lovable (8e, et 14e sur le web) ou l’allemand n8n (45e). Mistral AI et son assistant Vibe n’apparaissent en revanche dans aucun des trois classements.

Agents personnels : une course qui se joue d’abord aux États-Unis

En mars, a16z estimait que les agents comme OpenClaw n’étaient pas encore utilisables par le grand public. Six mois plus tard, plusieurs startups, dont Instinct, Lindy et Town, revendiquent des centaines de milliers d’utilisateurs. De leur côté, les géants ont répliqué avec leurs propres agents, Muse chez Meta, Dots chez OpenAI et Grok Bot chez SpaceXAI.

Lancé en août sur iMessage, Instinct aurait franchi les 100 000 utilisateurs en trois semaines, sur invitation. Son fondateur, Noah Shinn, affirme que 40 % des utilisateurs y connectent une carte bancaire dans les trois premières semaines et que ceux qui passent à l’achat dépensent en moyenne 1 300 dollars par mois via l’agent. Muse aurait quant à lui atteint 250 000 utilisateurs actifs quotidiens dès sa première semaine et dépassé 5 millions de téléchargements en moins d’un mois. « Comme pour tout nouveau produit grand public, la principale bataille se livre contre l’apathie », tempère a16z, prenant pour exemple Threads qui avait, lui, cumulé plus de 15 millions de téléchargements en 22 jours aux États-Unis et au Canada.

Instinct et Muse envisagent de prélever à terme une commission sur les achats. Pour l’heure, Muse n’est proposé que dans ces deux pays.

Comment le classement d'a16z a été établi

Le top 100 est réalisé par Andreessen Horowitz, fonds d’investissement actif dans l’IA grand public. Les classements web et mobile reposent sur les visites mensuelles uniques mesurées par Similarweb et sur les utilisateurs actifs mensuels mesurés par Sensor Tower, en août 2026. Les données d’abonnements et de dépenses proviennent des panels de YipitData et portent uniquement sur les États-Unis.

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