Souveraineté numérique : pourquoi et comment réduire sa dépendance aux hyperscalers américains
Entre tensions géopolitiques et lois extraterritoriales, la dépendance aux géants américains du cloud pose question. Des alternatives européennes crédibles, comme Infomaniak, existent.
Gmail pour les mails, Google Drive pour les fichiers, Microsoft Teams pour les visios, ChatGPT pour l’IA… En quelques années, les outils américains se sont imposés dans le quotidien de la plupart des organisations européennes. Une dépendance souvent invisible, construite par petites touches, un compte créé ici, un abonnement souscrit là, jusqu’à ce que l’ensemble de la chaîne de travail repose sur des briques extérieures.
Car le contexte a changé. Entre tensions géopolitiques, décisions politiques imprévisibles et lois extraterritoriales, le numérique est devenu un levier de pression économique entre États. Et la question n’est plus théorique : que se passerait-il si l’accès à l’un de ces services était restreint, suspendu ou soumis à de nouvelles conditions ? Quelles alternatives existent pour reprendre le contrôle sur ses outils et ses données ?
Le cloud américain, une zone de turbulences
Une dépendance structurelle…
Les infrastructures cloud sont aujourd’hui directement exposées aux arbitrages politiques et commerciaux des grandes puissances. Lois extraterritoriales comme le Cloud Act américain, sanctions économiques, restrictions d’accès, hausses tarifaires unilatérales… Les organisations européennes qui confient leurs données à des prestataires soumis à des juridictions étrangères s’exposent à des risques qu’elles ne maîtrisent pas.
Le Cloud Act, adopté en 2018, permet aux autorités américaines d’exiger l’accès aux données stockées par des entreprises américaines, y compris lorsque ces données sont hébergées physiquement en Europe. Concrètement, une PME, une collectivité ou un établissement de santé peut voir ses informations consultées par une autorité étrangère sans même en être informé. Pour les secteurs manipulant des données sensibles (santé, juridique, finance, administration), cette situation pose un problème de conformité autant que de confiance.
…mais également économique
La dépendance aux technologies propriétaires place les entreprises dans une situation où elles ne peuvent pas refuser les hausses de tarifs annuelles, faute d’alternative viable : c’est le principe du vendor lock-in. Un changement de politique commerciale, une restriction d’accès ou une évolution tarifaire peut survenir sans préavis ni recours. Et sur le terrain du RGPD, les acteurs américains naviguent dans des zones grises que les prestataires européens, eux, n’ont pas à gérer.
Le coût de cette dépendance est aussi économique. Selon une étude Asterès pour le Cigref, 264 milliards d’euros sont dépensés chaque année par les Européens auprès des hyperscalers américains. Un chiffre illustre l’ampleur du déséquilibre : à titre d’exemple, la Suisse, avec seulement 9 millions d’habitants, est le 10e marché mondial de Microsoft. Chaque euro dépensé auprès d’un acteur souverain est, à l’inverse, un euro qui reste sur le continent, alimente le savoir-faire local et participe à l’économie circulaire européenne.
Des alternatives matures existent
Contrairement à une idée reçue tenace, les solutions européennes ne sont ni moins fiables, ni moins matures que les solutions américaines. Plusieurs acteurs du continent proposent aujourd’hui des offres compétitives, capables de couvrir l’essentiel des besoins numériques quotidiens, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises.
Infomaniak, plus de 30 ans de souveraineté
Parmi eux, Infomaniak fait figure d’exception. Cette entreprise suisse indépendante, fondée il y a plus de 30 ans, a construit un écosystème complet sans jamais dépendre des technologies des géants américains.
Beaucoup d’utilisateurs connaissent déjà SwissTransfer, le service gratuit qui permet d’envoyer jusqu’à 50 Go sans inscription, mais peu savent qu’il s’agit d’un produit Infomaniak. Même logique pour kDrive, alternative souveraine à Google Drive ou Dropbox avec synchronisation multi-appareils, versionnage des fichiers et édition collaborative intégrée via une suite bureautique compatible avec les formats Microsoft Office.
my kSuite, une suite gratuite et complète
L’ensemble s’inscrit dans my kSuite, une suite gratuite pour les particuliers comprenant messagerie professionnelle, stockage cloud avec 15 Go sur kDrive, visioconférence illimitée avec kMeet, agenda partagé et une IA intégrée. Le tout sans publicité et sans exploitation des données.
Côté intelligence artificielle, l’entreprise a lancé fin 2025 Euria, un assistant IA souverain et gratuit. Sa particularité est qu’il est hébergé exclusivement en Suisse, ne collecte aucune donnée pour entraîner ses modèles et propose un mode éphémère qui ne conserve aucune trace des échanges. Une approche pensée pour les professionnels manipulant des informations sensibles, à l’opposé du modèle des IA américaines qui s’entraînent sur les requêtes de leurs utilisateurs.
Pour les entreprises, des offres adaptées à chaque cas
Les organisations qui souhaitent concrètement réduire leur dépendance disposent de deux leviers principaux chez Infomaniak.
Pour les entreprises utilisant Google Workspace ou Microsoft 365, kSuite Pro constitue une alternative européenne crédible, couvrant la messagerie, la collaboration documentaire et l’IA, avec un hébergement exclusivement suisse et une conformité RGPD native.
Pour les équipes techniques et DevOps qui s’appuient aujourd’hui sur AWS, Azure ou Google Cloud, le Public Cloud d’Infomaniak propose une infrastructure souveraine incluant Kubernetes, des bases de données managées, une interopérabilité avec les écosystèmes existants et une tarification compétitive.
Une indépendance structurelle rare
Un modèle cohérent
Ce qui distingue Infomaniak de nombreux acteurs qui se revendiquent « souverains », c’est la cohérence de son modèle depuis l’origine. L’entreprise conçoit et exploite ses propres datacenters, développe ses logiciels en interne et n’utilise aucune brique technologique issue des hyperscalers américains en sous-couche. Cette maîtrise de bout en bout limite drastiquement les risques de dépendance systémique ou de rupture liée à des décisions externes.
Détenue par ses collaborateurs, non cotée en Bourse et soumise exclusivement au droit suisse (compatible avec le droit européen), l’entreprise n’est exposée ni aux lois extraterritoriales, ni aux pressions d’actionnaires ou de fonds d’investissement. Un positionnement assumé depuis plus de trois décennies, porté par un fondateur toujours impliqué dans la direction stratégique, loin des logiques de croissance à court terme.
Des garanties environnementales
Cette stabilité se traduit aussi par des engagements environnementaux concrets, et pas seulement déclaratifs. Les datacenters fonctionnent sans climatisation et sans consommation d’eau pour le refroidissement. La chaleur produite par les serveurs, notamment ceux qui font tourner l’IA Euria, est intégralement revalorisée pour alimenter le réseau de chauffage urbain de Genève, pour chauffer 6 000 logements ou permettre à 20 000 personnes de prendre une douche quotidienne de 5 minutes. L’ensemble de l’infrastructure est alimenté par des énergies renouvelables. L’architecture énergétique du datacenter est documentée publiquement sur d4project.org.
Quant au modèle économique, il repose sur la vente de services, et non sur l’analyse ou la monétisation des données clients. À l’heure où la souveraineté numérique s’impose comme un enjeu stratégique pour les entreprises et les administrations, ces garanties ne sont plus un argument marketing, mais un critère de choix décisif.
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