IA et productivité : 5 outils recommandés par la rédaction
La rédaction de BDM partage ses outils IA du moment. Quatre solutions gratuites ou presque, et un petit bonus pour clôturer cette semaine dédiée à l’IA.
Au-delà des grands modèles que tout le monde connaît, l’écosystème IA regorge de petits outils efficaces, souvent gratuits ou freemium, conçus pour accomplir une tâche et la faire correctement. La rédaction de BDM en a retenu quatre, testés au fil des semaines. Et pour clore ce dossier consacré à l’IA, un outil à contre-courant s’est glissé à la fin !
La recommandation de José : Napkin
Napkin AI est un outil de génération visuelle qui transforme un texte en diagrammes, organigrammes, mindmaps ou timelines en quelques secondes. Pour l’utiliser, il vous suffit d’intégrer un texte dans l’éditeur, puis de sélectionner un passage qui sera scanné par l’IA de l’outil. Il vous présentera ensuite des formats adaptés à la structure du contenu. Les visuels sont personnalisables (icônes, couleurs, polices, connecteurs) et exportables en PNG, PDF, SVG ou PPT.
L’outil vous sera particulièrement utile si vous avez l’habitude de faire des présentations ou des documents à dimension pédagogique. À titre d’exemple, nous avons testé Napkin AI à partir d’une définition de la matrice SWOT. L’outil a généré plusieurs propositions, dont une restitution graphique des quatre quadrants avec icônes et sous-titres, directement utilisable dans une présentation.

Le plan gratuit, qui inclut 500 crédits par semaine, sera largement suffisant pour la plupart des usages. Si vous êtes un utilisateur intensif, vous pourrez souscrire à un plan premium, à 12 $ par mois.
La recommandation d’Alexandra : Granola
Granola est une application desktop (Mac, Windows) et mobile (iOS), qui retranscrit vos réunions en arrière-plan, directement depuis l’audio de votre ordinateur. Aucun robot ne rejoint votre visio avant vous, et il n’y a pas de participant fictif. L’outil reste totalement invisible pour vos interlocuteurs, c’est ce qui a attiré mon attention ici.
Le principe est simple : vous prenez vos notes comme d’habitude pendant l’échange, et à la fin de la réunion, Granola les fusionne avec la transcription pour générer un compte-rendu structuré, contenant les points clés et les actions que vous avez identifiées. L’outil se synchronise avec votre agenda et prépare même un brief avant chaque réunion, en s’appuyant sur le contexte de vos échanges passés.
Ce qui distingue Granola, c’est son approche hybride et discrète, pensée pour les professionnels qui enchaînent les réunions, sans parasiter l’expérience de leurs clients ou partenaires. Une fois la session terminée, un assistant IA permet d’interroger les notes pour retrouver une décision, rédiger un email de suivi ou lister les tâches à traiter. À noter qu’un connecteur MCP permet aussi de relier vos notes directement à Claude ou ChatGPT. Granola est disponible gratuitement, avec un accès aux 30 derniers jours de prise de notes et en version payante à partir de 14 $ par utilisateur par mois.

La recommandation d’Etienne : Vook.ai
Trouver un outil de transcription fiable, précis, qui ne confond pas les intervenants et qui s’accommode de lieux d’enregistrement qu’on qualifiera poliment de bruyants, voire d’hostiles à la captation, a toujours été un petit casse-tête pour le rédacteur web que je suis.
Après en avoir testé une dizaine, j’ai jeté mon dévolu sur Vook.ai. Lancée en 2023 par trois Français, la solution revendique plus de 60 000 utilisateurs, compte dans son portefeuille quelques jolies marques, comme L’Oréal ou TF1, et a même été adoubée par Wirecutter, le site de recommandations du New York Times, excusez du peu.
Il faut dire que Vook.ai a quelques atouts dans sa manche : une transcription extrêmement rapide — comptez quelques minutes même pour un fichier audio qui s’étire en longueur —, la prise en charge de plusieurs formats, la possibilité d’éditer sa transcription et le support de six langues, dont le français.
Seule ombre au tableau : l’obligation de souscrire un abonnement payant. Vook.ai propose certes un essai gratuit, mais un utilisateur régulier devra inévitablement basculer, a minima, sur le plan Pro, ouvrant l’accès à dix heures de transcription par mois. Pour des besoins ponctuels, la plateforme a tout de même la bonne idée d’offrir un système de paiement par crédits, à raison de trois euros l’heure de transcription.

La recommandation d’Appoline : Recall
Chaque semaine, la même routine. Je sauvegarde en favori des dizaines d’articles, de vidéos et de newsletters, avec la ferme intention d’y revenir. Spoiler : j’y reviens rarement. C’est exactement ce problème que vient résoudre Recall. L’outil se présente comme une base de connaissances augmentée par l’IA.
Le principe est simple. Vous sauvegardez un article, une vidéo YouTube, un podcast, un PDF ou une de vos propres notes en un clic, et l’outil le résume automatiquement, l’organise et le relie aux autres contenus de votre base via un graphe de connaissances. L’intérêt ne se limite pas au résumé. Une fois vos contenus enregistrés, un assistant permet d’interroger l’ensemble de votre base, le web, ou les deux, avec le modèle de votre choix (Claude, GPT, Gemini). À noter qu’un accès MCP permet aussi de connecter votre base à un outil tiers.
Recall est disponible sur le web, en extension Chrome et Firefox, et sur mobile. Le plan gratuit autorise une sauvegarde de contenus illimitée, mais restreint la partie IA à 10 résumés par mois. Pour un usage quotidien, le plan payant commence à 10 $ par mois (en facturation annuelle).

La recommandation de Matthieu : youraislopbores.me
Toute la semaine, BDM vous a vanté des outils dopés à l’IA. Je clos l’exercice avec exactement l’inverse : un « chatbot » dopé à l’humain. Sur youraislopbores.me – « Marre de ta bouillie IA » en VF approximative (tirets cadratins humains, ndlr) -, vous tapez une question ou une demande d’image comme sur ChatGPT, sauf qu’à l’autre bout, aucun algorithme. C’est un humain, quelque part sur Terre, qui a 75 secondes pour vous répondre avec son clavier et sa souris. Le site, lancé en mars par Mihir Maroju, lycéen de 17 ans à Pondichéry, a dépassé les 25 millions de visiteurs uniques en un mois. Sa promesse, affichée à l’écran : dans un monde menacé par l’IA qui vous pique votre job, sauvez l’humanité en piquant celui de l’IA.
Tout tient en deux onglets : « human » pour poser ses questions, « larp as ai » pour jouer le robot et gagner des crédits (chaque requête en coûte un). En tant que « human », j’ai demandé un Sonic en train de surfer. J’ai reçu un gribouillis tracé à la souris en quatre coups de crayon, avec des vaguelettes bleues, parfaitement ridicule, parfaitement parfait. Puis, parce qu’on ne se refait pas après ma reco sur FatherPhi, j’ai balancé le test ultime : « Combien de R dans strawberry ? ». « Deux, à la fin », m’a-t-on répondu. Ça joue. Côté IA, je suis tombé sur un « as-tu un avis tranché sur Drake ? », et la pression du temps qui s’écoule avant que « Sam Altman ne crame votre H100 » fait remonter des réponses d’une mauvaise foi décomplexée.
Au-delà de la franche rigolade, le concept dit quelque chose. On y croise un captcha Cloudflare qui vous demande de « vérifier que vous êtes humain (ironique) » pour rejoindre la file des fausses IA, et une règle d’or affichée noir sur blanc : « Soyez sympa, ici ce n’est pas Grok. » Pendant que les bots prennent le dessus sur les humains dans le trafic du web, des millions de gens passent des heures à imiter des machines, juste pour le plaisir du lol. C’est lent, c’est moche, c’est bancal. Bref, c’est humain.
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