AI Overviews et réseaux sociaux : comment adapter sa production de contenu ?

Comment produire du contenu social media à l’ère d’AIO ? Sophie Gonçalves, responsable social media chez Iconosquare, détaille ce que ce basculement change pour les pros des réseaux sociaux.

Pour Sophie Gonçalves, un bon contenu social rédigé pour un humain est déjà un bon contenu pour l'IA. © G_Stockerthailand - stock.adobe.com

Les AI Overviews de Google sont arrivés dans la recherche française le 22 juillet 2026, faisant de l’Hexagone l’un des derniers grands marchés servis. Chez les responsables SEO, l’arrivée d’AIO a provoqué quelques inquiétudes sur le trafic et la visibilité des marques. Un sentiment que les équipes social media pourraient bientôt partager, avec des modèles d’IA qui citent de plus en plus les publications sociales comme sources de leurs réponses. Pour comprendre ce que cela implique concrètement, BDM a échangé avec Sophie Gonçalves, responsable social media chez Iconosquare.

Les réseaux sociaux entrent dans le champ de la recherche

À l’instar des professionnels du SEO, le premier sentiment rencontré par les professionnels du social media est souvent l’inquiétude, face à l’arrivée d’AI Overviews. Sophie Gonçalves l’admet volontiers, tout en la relativisant. « Comme tout ce qu’il y a de nouveau, ça peut faire peur. Et d’un côté, il y a de quoi car ça pose les bases de nouveaux comportements utilisateurs. » Mais, la France fait partie des derniers pays à obtenir la mise à jour de Google, ce qui a permis d’observer les effets du dispositif ailleurs avant de les subir. Et si la baisse de trafic est réelle, l’arrivée d’AIO ne signe pas la fin du social.

Le social ne meurt pas : il devient une source dans laquelle les IA viennent piocher.

Sophie Gonçalves

Sophie Gonçalves

Content manager, Iconosquare

Reste à savoir si cette bascule impose de tout réapprendre. Pour Sophie Gonçalves, la réponse est non. « Oui, on pense le contenu autrement, mais on ne réinvente pas la roue », précise-t-elle. Ce qui change davantage, ce sont plutôt les questions à se poser en amont :

  • Est-ce que ma légende porte l’info toute seule ?
  • Est-ce que ma vidéo est transcrite ?
  • Est-ce que mon expertise est explicite ?

Un bon contenu social rédigé pour un humain est déjà un bon contenu pour l’IA. Du moment qu’il est clair, utile, expert, il n’y a pas de quoi s’en faire.

Du côté des marques françaises, l’experte social media note une phase d’observation plus qu’une course à l’optimisation. Les équipes testent des requêtes, regardent ce que les IA disent d’elles, se comparent à leurs concurrents, mais peu ont structuré une stratégie. Une prudence qu’elle juge saine : mieux vaut comprendre le point de départ avant de modifier toute sa ligne éditoriale.

Au sein d’Iconosquare et plus largement au sein du Groupe Positive, la visibilité dans les moteurs de recherche est définitivement un sujet au sein des équipes market, et ce n’est pas nouveau.

À quoi doit ressembler un contenu pour être cité par les IA ?

 Les bons réflexes d’écriture

Le principe de départ est simple : l’IA répond à des questions. Au-delà d’occuper une place dans le feed, l’enjeu est donc de proposer la meilleure réponse  à une question précise pour être cité. « Le premier réflexe à avoir, c’est de partir des besoins réels de son audience et des questions qu’elle se pose, pour y répondre clairement dans son contenu », explique Sophie Gonçalves. Elle propose également trois bonnes pratiques concrètes :

  1. Apporter la réponse le plus haut possible : que ce soit une affirmation, une réponse à une question, une définition, il faut apporter une réponse claire et « autonome » dès la première phrase, comme un titre bien pensé. Les IA pondèrent fortement ce qui ouvre le contenu, donc ne cachez plus l’info après trois lignes de teasing.
  2. Veiller à ce que la légende se suffise à elle-même : la légende est l’élément qu’on sous-estime le plus, car on se dit qu’on en dit déjà beaucoup dans notre visuel, notre carrousel ou notre vidéo. Sauf que si l’information vit seulement dans le visuel ou dans une vidéo non transcrite, l’IA ne la voit pas. En revanche, l’IA lit la légende, celle-ci doit donc porter le sens, avec des faits précis, des chiffres, des exemples (sans pour autant faire du bourrage de mots clés et en gardant son authenticité de marque).
  3. Apporter une réelle expertise : les IA récompensent de plus en plus l’expertise démontrée. Un avis argumenté, une démo, un retour d’expérience concret se font citer bien plus qu’une généralité, aussi inspirante qu’elle soit.

Les plateformes à favoriser

Côté formats, le contenu éducatif et la logique de question-réponse prennent l’avantage, parce qu’ils reprennent le vocabulaire naturel d’un sujet et répondent à des besoins concrets. Et là encore la légende devient un espace stratégique indéniable.

Que ce soit sur Google ou dans les LLM, les gens posent énormément de questions, du type « quel est le meilleur outil de gestion social media ». Donc un format question réponse, qui reprend le vocabulaire naturel du sujet, favorise clairement la citation.

Sophie Gonçalves

Sophie Gonçalves

Content manager, Iconosquare

Du côté des plateformes, le basculement est chiffré. L’experte partage les chiffres issus d’une enquête d’Adweek publiée en janvier 2026. YouTube apparaît comme source citée dans 16 % des réponses des IA sur les six derniers mois, contre 10 % pour Reddit. Si l’on regarde uniquement les citations issues des réseaux sociaux, la bascule est encore plus nette : la part de YouTube y est passée de 18,9 % en août à 39,2 % en décembre, quand celle de Reddit reculait de 44,2 % à 20,3 %.

Pour autant, ça ne veut pas dire que les IA sont coupées d’Instagram ou de TikTok. Techniquement, elles peuvent y accéder. Le vrai sujet, c’est qu’elles y trouvent beaucoup moins de matière lisible. Une IA ne regarde pas une vidéo, elle lit le texte autour. YouTube arrive nativement avec tout ça (et c’est sans parler de son propriétaire, Google). Une vidéo TikTok sans transcription, à l’inverse, reste presque une boîte noire.

Sophie Gonçalves précise également que même si Reddit est en déclin, les discussions issues de la plateforme restent très citées : « c’est du texte pur, avec de la profondeur de discussion. Autrement dit, c’est exactement ce que les modèles savent exploiter ».

Quelles sont les erreurs à éviter ?

La première erreur, pour Sophie Gonçalves, est d’inverser l’ordre des priorités en écrivant pour les IA et les bots avant d’écrire pour son audience. « Les gens ne sont pas dupes, ils sentent très bien quand on écrit pour les machines », avertit-elle. Le risque est la perte d’authenticité, or c’est précisément la voix de marque qui fait la différence, y compris aux yeux des IA génératives.

Viennent ensuite des erreurs plus techniques. Bourrer ses légendes de mots clés ne sert à rien. Le signal valorisé est l’expertise, et non la densité de mots clés qui apparaissent dans un seul post. De plus, optimiser un contenu sans vérifier que la plateforme laisse l’IA le lire revient à travailler dans le vide.

Enfin, l’experte social media pointe une erreur de priorité fréquente : concentrer toute son énergie sur le contenu communautaire et l‘earned media, au détriment de son propre contenu ; un terrain que la marque maîtrise pourtant de bout en bout, et que les IA citent souvent le plus, à condition qu’il soit clair et structuré. « Avant d’essayer de peser sur ce que les autres racontent de vous, assurez-vous que votre propre contenu est assez lisible pour être cité ».

Par où commencer ?

Pour une équipe qui veut s’adapter sans tout révolutionner, Sophie Gonçalves conseille de commencer par un audit. Taper ses requêtes clés dans les IA, regarder qui est cité, à quelle place, et ce qui se dit de la marque, permet d’identifier les manques et de dresser un plan d’action.

Dans la pratique, il faut davantage se pencher sur l’écrit : légendes, textes alternatifs des images, transcriptions des vidéos. Il ne s’agit pas de repartir de zéro et de construire une nouvelle ligne édito, mais de repenser la façon de rendre l’information lisible.

Le métier de social media manager demain

Longtemps concentré sur la portée et l’engagement des publications notamment, le rôle du social media manager se déplace désormais vers un objectif nouveau : devenir la source crédible citée par les IA sur un sujet précis. « Le métier va devenir un peu plus éditeur, encore un peu plus stratège », confie Sophie Gonçalves.

Cette évolution suppose de casser les silos. Les équipes social vont travailler plus étroitement avec les équipes content et SEO. Le SEO sait quelles questions les internautes se posent réellement et quelles intentions dominent une thématique. Le social sait produire la réponse là où l’audience la consomme. Croiser les deux permet d’ajuster les contenus à ce que les gens cherchent, et pas seulement à ce qui fonctionne dans le feed.

Et paradoxalement, tout ça revalorise l’humain. La voix de marque, le jugement éditorial et l’expertise réelle deviennent le vrai facteur de différenciation. C’est plutôt une bonne nouvelle pour les social media managers qui ont toujours misé sur le fond autant que sur la forme.

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Sophie Gonçalves, Content manager, Iconosquare

Après plus de 3 ans en agence, Sophie a rejoint Iconosquare en 2024 comme Content Manager. Son quotidien est d’aider les social media managers et les community managers à piloter leurs comptes sociaux grâce à du contenu concret, varié et pratique. Quoi de mieux que de simplifier le métier et booster l’impact des stratégies ?

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