Mais au fait, c’est quoi le Web Model Context Protocol (WebMCP) ?
Développé par Google et Microsoft, le WebMCP permet aux sites web d’exposer des actions structurées aux agents IA. Décryptage.
Les agents IA ne se contentent plus de répondre à des questions, ils naviguent sur le web, remplissent des formulaires et exécutent des tâches pour le compte des utilisateurs et utilisatrices. Mais leur mode d’interaction avec les sites web reste rudimentaire. C’est précisément ce problème que le WebMCP (Web Model Context Protocol) entend résoudre, en proposant un standard pour que les sites déclarent directement aux agents ce qu’ils savent faire. On vous explique.
Pourquoi les agents IA ont-ils besoin d’un langage commun avec les sites web ?
Aujourd’hui, lorsqu’un agent IA doit interagir avec un site web, il procède comme un humain qui découvre une interface inconnue. Il analyse des captures d’écran, tente de localiser un bouton, clique dessus, attend le résultat et recommence. Cette approche visuelle est fragile. Elle casse dès qu’un développeur ou une développeuse modifie un élément de l’interface, déplace un bouton ou lance un test A/B sur deux mises en page différentes.
Le WebMCP part ainsi d’un constat simple. Plutôt que de laisser l’agent deviner comment interagir avec un site, le site lui indique directement les actions disponibles, les paramètres attendus et les réponses renvoyées. C’est un peu comme si le site proposait une version traduite de ses possibilités dans le langage de l’agent IA.
Le protocole a été annoncé le 10 février 2026 par l’équipe Chrome de Google, sous forme d’une preview anticipée. Il est développé conjointement par Google et Microsoft dans le cadre du W3C Web Machine Learning Community Group. André Cipriani Bandarra, de l’équipe Chrome, résume l’ambition du projet : le WebMCP vise à fournir « une méthode standard pour exposer des outils structurés, en veillant à ce que les agents d’IA puissent effectuer des actions sur votre site avec plus de rapidité, de fiabilité et de précision ».
Comment le WebMCP fonctionne-t-il ?
L’architecture du WebMCP repose sur une nouvelle interface du navigateur, appelée navigator.modelContext. Lorsqu’une page se charge, le navigateur crée un objet dans lequel le site peut enregistrer des « outils » (tools). Un agent IA opérant dans ce navigateur peut ensuite interroger cette interface pour découvrir les outils disponibles et les utiliser.
Le fonctionnement suit quatre étapes :
- Le site enregistre ses outils (nom, description en langage naturel, paramètres acceptés),
- L’agent découvre les outils disponibles en interrogeant l’interface du navigateur,
- L’agent appelle l’outil correspondant à la demande de l’utilisateur,
- L’ensemble s’exécute dans la session active du navigateur, ce qui signifie que l’authentification (cookies, SSO) est automatiquement héritée.
Le protocole propose deux modes d’implémentation :
- L’API déclarative : deux attributs HTML ajoutés sur un formulaire existant suffisent. C’est l’approche la plus simple, adaptée aux formulaires standards comme un champ de recherche ou un formulaire de contact.
- L’API impérative : une implémentation en JavaScript pour les interactions dynamiques comme un flux de paiement multi-étapes ou un système de filtres complexe.
Parmi les cas d’usage mis en avant par Google, on note notamment l’assistance client (remplissage automatique de demandes de support), le e-commerce (recherche produit, configuration d’achat, parcours de paiement) et le voyage (recherche de vols, filtrage des résultats, gestion des réservations).
WebMCP et MCP, quelle différence ?
Le MCP (Model Context Protocol), introduit par Anthropic, est un protocole back-end qui connecte les modèles d’IA à des outils et des sources de données externes, sans navigateur requis. Le WebMCP opère côté navigateur, dans la session active de l’utilisateur.
Le MCP permet par exemple au modèle d’interroger une base de données ou d’envoyer un email. Le WebMCP, quant à lui permet à un agent de remplir un formulaire ou de finaliser un achat sur un site web. Les deux protocoles sont complémentaires et une entreprise peut les utiliser simultanément.
Ce que ça change pour les professionnels du digital
Pour les professionnels du SEO et du marketing digital, le WebMCP introduit une notion inédite, celle de la « capacité d’action » d’un site, en plus de sa visibilité. Ainsi, les données structurées Schema.org indiquent aux moteurs de recherche de quoi parle une page, tandis que le WebMCP indique aux agents IA ce qu’une page sait faire. Ce sont deux couches complémentaires et la seconde commence tout juste à se structurer.
Les sites qui exposent des outils structurés seront ceux que les agents privilégieront pour accomplir des tâches transactionnelles comme réserver un vol, ajouter un produit au panier ou soumettre une demande de support. Les sites qui n’en exposent pas devront compter sur la capacité de l’agent à deviner comment interagir avec leur interface, une approche nettement moins fiable.
Le protocole en est encore à ses débuts, sa disponibilité générale étant attendue pour la seconde moitié de 2026. Mais le signal envoyé par Google et Microsoft est celui d’un web agentique qui se structure, avec le WebMCP comme brique de base.
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