Salaires : combien gagnent les professionnels de l’IA en 2026 ?
Le cabinet Silkhom a dévoilé la première édition de son baromètre des salaires exclusivement consacré aux métiers de l’intelligence artificielle. Voici les tendances de rémunération observées dans ce secteur en 2026.
En parallèle de son édition consacrée aux salaires dans l’informatique, le digital et l’électronique en 2026, le cabinet de recrutement Silkhom a dévoilé son premier baromètre consacré aux métiers de l’intelligence artificielle. Paru fin juin, il s’appuie sur les données de plus de 25 000 profils de candidats, analysés par les équipes du cabinet entre 2019 et 2026.
L’étude distingue trois zones géographiques : Paris et Île-de-France, les grandes villes (Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Nantes, Montpellier, Strasbourg) et les autres régions. Les rémunérations mentionnées « correspondent au brut annuel fixe, exprimées en milliers d’euros (k€), hors primes, variables, BSPCE et avantages en nature », précise le cabinet. Quatre domaines sont couverts : intelligence artificielle et machine learning, vision, signal et embarqué IA, management et stratégie IA, ainsi que conseil et intégration IA.
Intelligence artificielle et machine learning : quels salaires en 2026 ?
Dans ce domaine, qui réunit les profils en charge de la conception, de l’entraînement et du déploiement des modèles, une « fracture nette » se dessine, selon le cabinet de recrutement. « Les postes qui consistent à mettre les modèles en production prennent de la valeur sans bruit, quand les rôles les plus visibles il y a 18 mois se normalisent », note Silkhom.
Les facteurs qui font varier les rémunération dans le domaine de l'IA, selon Silkhom
- La zone géographique
- La spécialisation technique
- Le type d’employeur
- Le niveau de maturité IA de l’employeur
- L’exposition internationale et la maîtrise de l’anglais
Les fonctions de LLMOps (85 400 € en moyenne), MLOps engineer (75 300 € en moyenne) ou chercheur en intelligence artificielle (86 800 € en moyenne) comptent parmi les profils les plus rares, ce qui tire logiquement la grille salariale vers le haut.
À l’inverse, comme le montre l’image de une, des postes plus opérationnels comme prompt engineer (49 700 € en moyenne), analytics engineer (57 600 € en moyenne) ou ingénieur deep learning IA (60 300 € en moyenne) affichent un certain retard salarial. Ces profils restent pourtant demandés sur le marché, à l’exception notable du prompt engineer, dont la rémunération figure parmi les plus basses de toute la filière.
Vision signal et embarqué IA : quels salaires en 2026 ?
Derrière cette mystérieuse appellation se cachent, en réalité, des profils à double compétence : traitement du signal ou de l’image d’une part, apprentissage automatique d’autre part. « La combinaison est rare, explique le cabinet. Un développeur IA embarquée qui sait porter un modèle sur un microcontrôleur à ressources contraintes, un ingénieur computer vision capable de déployer sur une chaîne de contrôle qualité industrielle… Ces profils n’attendent pas longtemps entre deux postes. »
Les ingénieurs en traitement du langage naturel (NLP) occupent le haut de la grille, avec une rémunération moyenne de 69 900 €. Pour les profils seniors, elle peut même grimper jusqu’à 110 000 € à Paris, et jusqu’à 90 000 € en régions. Les postes de développeur IA embarquée, également considérés comme rares, suivent avec une rémunération moyenne de 67 700 € annuels, devant les ingénieurs speech et audio (62 000 € en moyenne). Les ingénieurs traitement d’images (54 100 € en moyenne) et ingénieur computer vision (55 600 € en moyenne) ferment la marche. Mais peut-être pas pour longtemps : leur rémunération a progressé respectivement de 14,4 % et 17,5 % par rapport à 2025.

Management et stratégie IA : quels salaires en 2026 ?
Sans grande surprise, c’est dans cette famille que l’on retrouve les niveaux de rémunération les plus élevés du baromètre, prévient le cabinet. Dotés de connaissances techniques et d’une capacité à « aligner une stratégie IA sur des objectifs business », ces profils sont particulièrement recherchés. « Peu de candidats ont les deux », confirme le cabinet.
En haut de la grille figure le Chief AI Officer, ou CAIO, qui définit et pilote la stratégie d’intelligence artificielle au plus haut niveau de l’entreprise. Une responsabilité qui lui vaut la plus grosse rémunération moyenne du baromètre : 115 800 € annuels en moyenne, et jusqu’à 160 000 € à Paris pour un profil senior. Il est suivi du head of data et AI, avec une rémunération moyenne de 103 000 € par an.
Sur des postes à moindres responsabilités, les rémunérations annuelles se rapprochent de celles observées pour des fonctions plus opérationnelles. Un product owner IA et data affiche une rémunération moyenne de 51 400 €, tandis qu’un chef de projet IA atteint 50 900 € annuels.

Conseil et intégration IA : quels salaires en 2026 ?
Cette grille ne compte qu’un seul poste, mais pas n’importe lequel : c’est le plus recherché de la filière. « La demande déborde des ESN et cabinets de conseil : les entreprises qui industrialisent leur IA recrutent directement ces profils pour piloter l’intégration de solutions sur mesure », contextualise le cabinet de recrutement.
Le consultant IA, dont la rémunération annuelle moyenne s’élève à 68 700 €, dispose d’une belle marge de négociation dès lors qu’il affiche de l’expérience, selon Silkhom. Un profil senior peut ainsi prétendre à 115 000 € à Paris, et jusqu’à 92 000 € en régions. C’est également le poste qui offre la meilleure progression salariale de tout le baromètre : « L’écart entre un junior en régions (34 k€) et un senior à Paris (115 k€) est le plus marqué de tout le baromètre, signe d’une filière où l’expérience compte vraiment. »

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