Microsoft : Copilot Cowork est disponible pour tous, avec une facturation à l’usage
Microsoft généralise Copilot Cowork, son agent IA propulsé par les modèles d’Anthropic, pour l’ensemble de ses clients Microsoft 365. L’outil inaugure une facturation à l’usage qui pourrait alourdir la note des entreprises.
L’IA agentique poursuit son entrée dans les suites bureautiques. Après Anthropic et son assistant Claude Cowork, lancé en janvier, Microsoft fait à son tour passer son propre agent autonome à l’échelle mondiale, sur fond de bascule du secteur vers une facturation à l’usage.
Un agent IA pour exécuter des tâches complètes dans Microsoft 365
Microsoft a annoncé le 16 juin la disponibilité générale de Copilot Cowork, son agent IA intégré à la suite Microsoft 365. L’outil, présenté en mars, sort de préversion après trois mois passés dans le programme Frontier, durant lesquels plus de la moitié des entreprises du Fortune 500 l’ont utilisé, selon l’éditeur.
Copilot Cowork est conçu pour exécuter des tâches longues et complexes de bout en bout, comme rédiger un document complet ou préparer une réunion à partir des informations internes de l’entreprise. L’utilisateur ou l’utilisatrice définit le travail à accomplir et l’agent le réalise dans le cloud avant de rendre un résultat finalisé, et non une simple ébauche.
À sa mise en disponibilité générale, Copilot Cowork repose sur les modèles d’Anthropic, Opus 4.8 et Sonnet 4.6. Les clients du programme Frontier peuvent aussi opter pour GPT-5.5, et Microsoft prévoit de lancer Cowork 1, son propre modèle affiné présenté comme nettement moins coûteux, dans les prochaines semaines.
Les modèles d'IA disponibles dans Copilot Cowork
- Opus 4.8 et Sonnet 4.6 (Anthropic), utilisés par défaut,
- GPT-5.5 (OpenAI), réservé au programme Frontier,
- Cowork 1, le modèle maison de Microsoft, attendu dans les prochaines semaines.
Le positionnement de Microsoft comporte toutefois un paradoxe : sur la base d’un test interne, l’éditeur affirme que Copilot Cowork revient en moyenne 30 à 40 % moins cher que Claude Cowork avec son connecteur Microsoft 365. La comparaison cible donc l’agent d’Anthropic, alors que Copilot Cowork s’appuie sur ses modèles, et que le nom « Cowork » avait d’abord été employé par Anthropic. Ce chiffre, issu de 125 essais internes, est à prendre, évidemment, avec précaution.
Une facturation à l’usage difficile à anticiper
L’accès à Copilot Cowork nécessite une licence utilisateur Microsoft 365 Copilot (USL), facturée par siège. Au-delà de cet abonnement, l’agent est facturé à l’usage, chaque tâche étant convertie en crédits Copilot, dont le prix dépend de quatre éléments :
- Le modèle d’IA mobilisé,
- La récupération de contexte,
- Les appels aux outils,
- Le temps d’exécution (runtime).
Microsoft classe parallèlement les tâches en trois niveaux, selon les sources mobilisées, la profondeur du raisonnement et le volume de résultats :
- Légères : peu de sources, raisonnement limité, un résultat au plus,
- Moyennes : plusieurs sources, raisonnement structuré, au moins deux résultats,
- Lourdes : agrégation large, raisonnement approfondi, nombreux résultats.

Deux options de paiement coexistent : le PayGo, facturé 0,01 dollar américain par crédit Copilot, et le plan P3, qui accorde une remise en échange d’un engagement de volume. Ce basculement vers un paiement à l’acte marque une rupture pour Microsoft, dont la bureautique reposait jusqu’ici sur des abonnements à montant fixe. Charles Lamanna, vice-président exécutif Copilot, Agents et Plateforme, assume cette logique et la compare au carburant d’un véhicule : plus l’agent travaille longtemps, plus la facture grimpe.
Selon le dirigeant, la dépense mensuelle en puissance de calcul peut varier de 50 à 500 dollars américains par utilisateur, un montant difficile à anticiper pour les directions informatiques. Pour limiter les mauvaises surprises, Cowork est désactivé par défaut. Les administrateurs décident de son activation, des accès et des budgets, avec des plafonds et des alertes paramétrables par organisation, équipe ou utilisateur.
La facturation débute le 16 juin, avec une période de grâce jusqu’au 1er juillet 2026 pour les clients passés par le programme Frontier. Ce virage n’est pas isolé : porté par l’envolée des coûts de calcul, le passage à la facturation à l’usage se généralise dans l’industrie de l’IA, de GitHub Copilot, qui l’a adopté début juin, à Anthropic, qui n’inclura bientôt plus ses modèles les plus avancés dans les abonnements.
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