Marketing digital et IA : 3 métiers d’avenir et les compétences pour y accéder en 2026
Alors que l’IA redistribue les compétences, certains profils du marketing digital s’imposent comme incontournables. Mathieu Billon, directeur national des programmes de l’école SUP’DE COM, décrypte les enjeux du secteur et présente les trois métiers les plus recherchés par les entreprises.
Pourquoi le marketing digital est redevenu central à l’ère de l’IA ?
Le marketing n’a pas toujours occupé la place qu’il tient aujourd’hui dans les stratégies de communication des entreprises. Pendant longtemps, les directions de la communication intégraient le marketing, parfois même la direction commerciale pilotait l’ensemble. Mais ce découpage a changé : « On a un phénomène de spécialisation : non pas de scission, mais en tout cas une volonté d’étoffer les équipes de communication sur leur lien avec le marketing », observe Mathieu Billon, directeur national des programmes de l’école SUP’DE COM.
Ce repositionnement s’explique par une évolution de fond. Le marketing est en effet redevenu le point de départ d’une stratégie de communication. Et qui dit marketing dit data, mesurabilité, ou encore retour sur investissement. Une accélération de ce phénomène qui date de l’après-confinement, avec une demande croissante de la part des commanditaires, qu’ils soient internes ou externes. « Un directeur général qui débloque un budget sur une campagne veut savoir combien ça va lui ramener en clients, en clics, en dynamique d’acquisition. » Cette logique de rentabilité a profondément modifié ce qui est attendu d’un professionnel du marketing digital aujourd’hui. Ce n’est plus seulement la capacité à créer de la notoriété, mais surtout à produire des résultats mesurables.
L’IA s’inscrit dans cette dynamique, sans en être le seul moteur. Pour Mathieu Billon, le premier réflexe à éviter est celui du grand remplacement : « L’IA ne va pas remplacer ni des métiers ni des personnes. En revanche, elle va avoir un phénomène de remplacement de certaines tâches, de certaines compétences. » Le directeur national des programmes de SUP’DE COM s’appuie sur un travail mené avec des partenaires du secteur, qui ont identifié environ 20 à 25 % des compétences inscrites dans les référentiels de certification de France Compétences comme amenées à disparaître ou à évoluer sous l’effet de l’IA.
Les nouveaux besoins créés par l’IA en marketing digital
L’IA a créé de nouvelles compétences qui n’existaient pas, ou pas sous cette forme dans les précédents référentiels de formations :
- Savoir bien prompter,
- Récupérer une donnée générée par un outil d’IA et la traduire pour ses parties prenantes,
- Maintenir une agilité suffisante avec les outils de bureautique pour exploiter efficacement ces nouvelles capacités.
« Le regard qu’un communicant ou un marketeur doit avoir sur l’IA doit être celui de l’usage, de la simplification et de l’efficience », souligne Matthieu Billon.
Les 3 principaux métiers du marketing digital les plus recherchés par les entreprises en 2026
Le marché du travail dans le marketing digital ne manque pas d’intitulés de poste. Mais derrière la diversité des appellations, certains profils ressortent nettement, qu’importe la taille ou le secteur de l’entreprise. Mathieu Billon en a identifié trois, du plus opérationnel au plus stratégique.
Traffic manager (ou acquisition manager)
Le traffic manager, parfois appelé acquisition manager selon les structures, correspond au premier niveau de cette progression. Ancré sur un niveau bac+3, ce profil répond à un besoin permanent : aller chercher du lead, du prospect, en s’appuyant sur la data comme point de départ. « On crée des supports, on définit une stratégie d’acquisition, on s’appuie sur la notoriété, l’image, le ciblage. On est sur les réseaux sociaux, le SEO, le SEA », décrit Mathieu Billon, qui précise également que ce profil n’a rien d’un commercial.
Concrètement, le traffic manager va construire un parcours client, accompagner le passage de prospect à client, mais depuis une posture de communicant, avec des techniques de marketing digital et un ancrage fort dans les données. C’est un métier qui fait directement écho au premier bloc de la certification « Chargé de marketing et de communication digitale » (niveau 6) proposée par SUP’DE COM. Il forme à définir une stratégie de communication data-driven avec, comme point de départ, la donnée et la politique d’acquisition.
Marketing automation manager
Le deuxième profil part d’un constat économique simple : attirer un client coûte de plus en plus cher. Réfléchir à l’automatisation du parcours client devient donc une priorité, et le marketing automation manager est le profil qui porte cette mission. « Ce sont les techniques opérationnelles d’animation, de suivi, de personnalisation. On peut parler de marketing communautaire, de marketing de niche, de communication sur mesure », explique Mathieu Billon, qui souligne que SUP’DE COM enseigne ces pratiques depuis plus de dix ans.
Ce poste recouvre à la fois la segmentation et le ciblage, la gestion d’une base de données, l’email marketing et l’analyse du comportement utilisateur sur une newsletter, un CRM ou un site Internet. L’IA générative vient aujourd’hui enrichir ce périmètre, en intervenant dans la production des contenus, la construction du parcours, ou encore la définition des personas. C’est un profil qui peut se positionner au niveau d’un bac+3 comme d’un bac+5, selon la taille de la structure, ce qui en fait l’un des plus polyvalents du secteur.
Le marketing automation manager est crucial dans une structure, puisqu’il assure le liant sur l’ensemble du parcours client omnicanal.
Responsable de la data marketing et IA
Le troisième profil est plus managérial, davantage ancré sur un niveau bac+5. Ses appellations varient selon les structures (data IA manager, IA engineer, data marketing manager), mais la tendance est nette : « On voit apparaître depuis trois ou quatre ans des appellations avec la présence de l’IA dans les fiches de poste », note Mathieu Billon. Ce profil a pour mission de faire le lien entre une commande, la donnée brute ou la stratégie d’acquisition de données, et la manière dont cette donnée va être activée pour créer des campagnes et adapter un message à des cibles.
Ce qui distingue ce poste des précédents, c’est la capacité à travailler de manière transversale, en rompant avec la logique de silos. Chez SUP’DE COM, il s’intègre dans le cadre du mastère intitulé « Manager de la stratégie marketing » (niveau 7), avec un bloc de compétences sur la data et les campagnes publicitaires. Au programme : le pilotage de tableaux de bord, la data visualisation assistée par l’IA, la veille concurrentielle structurée, et le développement d’une culture business permettant de prendre des décisions à partir des données.

Comment l’école SUP’DE COM répond aux attentes des recruteurs dans le marketing digital ?
Au-delà des métiers, les recruteurs cherchent des profils capables d’évoluer dans un environnement qui se transforme plus vite que les référentiels. Mathieu Billon identifie plusieurs compétences communes aux trois profils décrits. Autant de signaux forts sur un CV ou lors d’un entretien d’embauche.
La veille et le passage de certifications techniques
La veille technologique et sectorielle arrive en tête. Sur les sujets de marketing digital, être capable de surveiller l’évolution des outils est une exigence de fond. L’école a structuré cette dimension en signant des partenariats concrets : avec Google, pour donner accès à l’ensemble des plateformes de la Google Academy, aux parcours de formation et aux certifications spécialisées dans le référencement (SEO, SEA) ; et avec HubSpot, dont la maîtrise de la plateforme est une qualité directement valorisable en entreprise.
L’idée, c’est que les étudiants soient à l’aise en entreprise sur les logiciels leaders, ou qu’ils aient développé des compétences suffisamment solides pour s’adapter aux plateformes propres à chaque organisation.
L’international, une dimension à ne pas négliger
La capacité à évoluer dans un contexte international constitue un deuxième attendu, que Mathieu Billon relie non pas à la multinationale, mais au vocabulaire lui-même : le lexique technique de la data et du marketing digital est profondément anglicisé. Pour répondre à ce besoin des entreprises, SUP’DE COM a augmenté le volume horaire dédié à l’anglais des affaires sur l’ensemble de ses certifications, avec des épreuves qui se passent exclusivement en anglais. La préparation au TOEIC est aussi incluse, avec une demande qui s’est élargie ces dernières années vers des usages davantage professionnels et techniques.
La gestion de la data
La maîtrise des outils de gestion de données fait l’objet d’une attention particulière, y compris sur des fondamentaux que l’on pourrait croire acquis. SUP’DE COM a également réintégré des heures d’Excel au cœur de ses programmes pédagogiques dans le marketing digital. « Comme sur nos formations classiques, nous avons des cours de dictée, parce qu’un bon communicant doit savoir écrire correctement. Et pour nos certifications digitales, l’équivalent du logiciel Word c’est Excel », confirme Mathieu Billon. Dès la rentrée 2026, toutes les formations de l’école dans l’univers du digital incluront des heures dédiées à ce tableur.
Les compétences créatives et la capacité à s’autoformer
Maîtriser le maquettage, le prototypage, l’emailing et la production vidéo courte pour les réseaux sociaux fait aussi partie des compétences très demandées par les recruteurs. Pour cela, l’école met à disposition de tous ses étudiants l’intégralité du Pack Adobe, avec des cours associés en PAO et sur Firefly, l’outil d’IA générative de l’éditeur. L’autoformation occupe également une place dédiée dans les parcours, avec un accès ouvert à LinkedIn Learning, AWS et HubSpot, par exemple.
Pour ceux qui veulent vraiment grandir pendant leur formation, on leur donne cette possibilité de s’autoformer, avec des certifications qui ont une vraie valeur sur un CV.
Sur le plan pédagogique, SUP’DE COM repose sur un autre principe : des petits groupes, de l’accompagnement et du suivi. L’école fait partie du réseau Compétences et Développement, qui crée régulièrement des temps communs avec d’autres écoles membres (ingénieurs informatiques, futurs entrepreneurs, écoles de commerce, de relations internationales, d’agrobusiness). Un environnement favorable pour former des diplômés qui ne resteront pas dans leur bulle de communicants ou de publicitaires une fois sortis de l’école.
Demain, on n’aura pas des entreprises remplacées par l’IA, mais des entreprises augmentées par l’IA, dont l’humain n’aura jamais été aussi important, conclut le directeur national des programmes de SUP’DE COM.
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