Étude : l’IA, une béquille pour les jeunes souffrant d’anxiété
Une enquête Ipsos bva publiée en mai 2026 dresse un état des lieux des usages de l’IA chez les 11-25 ans. Les résultats révèlent des usages qui dépassent largement le scolaire et un recours croissant à l’IA pour des questions intimes.
Ce 7 mai, Ipsos bva a publié son étude L’IA conversationnelle et la santé mentale des jeunes en Europe, menée pour le compte du Groupe VYV et de la CNIL. Celle-ci se base sur une enquête menée auprès de 3 800 jeunes de 11 à 25 ans en France, en Allemagne, en Suède et en Irlande. On fait le point !
86 % des jeunes Français utilisent des outils d’IA
En France, 86 % des 11-25 ans déclarent utiliser des outils d’IA. Ce taux s’observe dès les plus jeunes tranches d’âge : les deux tiers des 11-12 ans y ont déjà recours. La France se situe légèrement en retrait par rapport aux autres pays interrogés : l’Allemagne affiche 92 %, l’Irlande 89 % et la Suède 87 %.
Les usages déclarés sont d’abord scolaires et professionnels. Sur une liste de 16 situations proposées, les jeunes Français cochent en moyenne 7,2 usages. En tête : l’aide à la rédaction ou à l’amélioration d’un texte (71 %), le résumé de sujets et l’analyse de données (66 %), l’aide aux devoirs et aux tâches professionnelles (65 %), la révision d’examens (59 %). Plus d’un jeune sur 4 utilise l’IA quotidiennement pour ses études ou son activité professionnelle.
Les usages liés aux loisirs sont également répandus : générer de la musique, des images ou des vidéos (42 %), chercher des idées de sorties (41 %), obtenir des astuces pour des jeux vidéo (41 %). Un tiers des jeunes l’utilise aussi pour discuter et s’amuser (37 %) ou trouver des idées de contenus pour leurs réseaux sociaux (35 %).
L’IA : un interlocuteur privilégié pour les jeunes souffrant d’anxiété
Mais les jeunes Français pourraient également trouver dans l’IA un refuge contre l’anxiété. En effet, l’étude révèle que « près de 2 jeunes Français sur 3 seraient concernés par un trouble de l’anxiété », la plupart du temps sous une forme légère. Plus inquiétant, plus d’un jeune Français sur 4 « fait l’objet d’une suspicion de trouble anxieux généralisé ». Dans ce contexte, près de la moitié des jeunes utilisent l’IA pour parler de sujets intimes et personnels. Ce chiffre monte à 68 % chez ceux qui présentent une suspicion de trouble anxieux généralisé.
Pour cette population, l’IA s’impose comme l’interlocuteur le plus facile d’accès. Voici les 5 principaux motifs d’usage de l’IA pour résoudre des problèmes personnels ou intimes :
- Parce qu’elle est toujours disponible pour te répondre (51 %)
- Parce que c’est plus facile que de parler à une vraie personne (40 %)
- Pour se divertir et s’amuser (38 %)
- Pour se sentir écouté sans jugement (36 %)
- Pour parler de choses qu’on ne dit à personne (35 %)
Si, parmi ceux qui utilisent l’IA pour résoudre leurs problèmes personnels, 64 % la considèrent comme un conseiller de vie et 61 % comme un confident, le niveau d’attachement reste cependant limité pour la majorité. 71 % des utilisateurs estiment que la disparition de l’IA n’aurait que peu ou pas d’effets sur leur quotidien. Ce chiffre tombe à 56 % chez ceux qui présentent une suspicion de trouble anxieux généralisé.
Conscience des risques, mais lacunes d’information
Les jeunes Français restent partagés concernant les risques : 33 % considèrent qu’il y a plus de risques que d’avantages à parler de sa vie personnelle ou intime à une IA, 30 % pensent l’inverse et 37 % adoptent une position mitigée. Par ailleurs, 55 % estiment que l’IA peut conduire à l’isolement, 47 % qu’elle peut fragiliser le bien-être. Sur la confidentialité, seul un jeune sur 5 fait totalement confiance à l’IA pour que personne n’accède à ce qu’il lui confie.
Les lacunes sont néanmoins réelles : 40 % se déclarent mal informés sur les risques liés à l’utilisation de l’IA, et 68 % ne savent pas ce que deviennent les données qu’ils lui transmettent. 85 % souhaitent recevoir davantage d’informations sur au moins un sujet lié à l’IA, en priorité sur l’utilisation des données confiées (75 %), les informations à éviter de partager (73 %) et les bonnes pratiques (71 %).
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