Social media : ce qui a changé en 2025
Sans rupture notable, 2025 a été marqué par des ajustements discrets des plateformes, entre nouvelles fonctions, vidéo courte et débats sur les usages.
En 2025, les réseaux sociaux n’ont pas connu de rupture spectaculaire, mais l’année a été jalonnée de signaux révélateurs. Décisions institutionnelles, ajustements de plateformes et évolutions de fonctionnalités, notamment liées à l’IA, ont progressivement modifié le cadre. Voici ce qu’il faut retenir de l’année écoulée.
Les plateformes tournent le dos au cadre progressiste
Difficile de parler de l’évolution des réseaux sociaux en 2025 sans mentionner le virage opéré par certaines plateformes suite à l’investiture de Donald Trump, qui s’est tenue au mois de janvier. Dès le premier jour de son mandat, le président a signé un décret intitulé Restoring Freedom of Speech and Ending Federal Censorship, présenté comme visant à « restaurer la liberté d’expression et mettre fin à la censure fédérale ». Un texte qui vise directement les réseaux sociaux.
Et les plateformes n’ont pas tardé à se conformer. Si X, successeur de Twitter, avait d’ores et déjà opéré un virage radical depuis 2022, Meta avait jusqu’ici conservé un cadre relativement progressiste issu des années 2010 : politiques de modération strictes sur les discours politiques et sociétaux, recours au fact-checking indépendant, lutte prioritaire contre la désinformation et les discours jugés haineux…
Aux États-Unis, celui-ci a donc été abandonné. La nouvelle politique supprime le fact-checking professionnel, le remplace par des notes communautaires et assouplit les règles de modération sur les contenus politiques et sociétaux. Résultat : une forte hausse des contenus nocifs et haineux, une exposition accrue des groupes marginalisés et un sentiment d’insécurité généralisé chez les utilisateurs, selon une enquête menée par les organisations GLAAD, UltraViolet et All Out. Par ailleurs, en ce début d’année, quatre associations LGBTQ+ ont décidé de porter plainte contre la politique de modération de Meta.
Dans une moindre mesure, YouTube a lui aussi assoupli discrètement ses politiques de modération, demandant à ses équipes de privilégier la « valeur d’intérêt public » et la liberté d’expression pour les contenus politiques ou sociétaux, y compris lorsque ceux-ci enfreignent partiellement les règles en vigueur.
L’IA s’intègre un peu plus sur les réseaux sociaux
Sans surprise, l’IA a été au cœur du développement des plateformes en 2025. Et sur ce plan, c’est Meta qui s’est montré le plus actif avec l’arrivée de Meta AI, disponible en France depuis le mois de mars. L’assistant conversationnel est proposé sous la forme d’une application dédiée sur certains marchés, mais il est surtout directement intégré aux différentes plateformes de Meta.
- Instagram : Meta AI est utilisé dans les messages privés pour assister les échanges et, côté création, pour traduire automatiquement l’audio des Reels dans plusieurs langues avec synchronisation labiale.
- Facebook : l’assistant permet de poser des questions, obtenir des recommandations ou approfondir des sujets, notamment via Messenger et certaines fonctions de recherche.
- WhatsApp : Meta AI s’intègre aux conversations individuelles et de groupe pour répondre à des questions, fournir des suggestions ou aider à la recherche d’informations.
- Messenger : l’IA fonctionne comme un chatbot intégré, capable d’assister les utilisateurs directement au sein des discussions.
De leur côté, TikTok et YouTube ont intégré l’IA directement dans leurs outils de création. TikTok a déployé des fonctions capables de découper automatiquement des vidéos et de générer des titres et des formats à partir de prompts, tandis que YouTube a ajouté des outils d’édition IA pour automatiser le montage, les sous-titres et le reformatage, notamment pour les Shorts.
À contre-courant de ses concurrents, Pinterest mise sur le contrôle plutôt que l’amplification : la plateforme permet désormais de filtrer les contenus générés par IA dans certaines catégories.
Snack content : la vidéo courte évolue
Depuis plusieurs années, la vidéo courte est le format le plus performant. En 2025, il « continue de gagner du terrain » selon Métricool, qui notait en septembre que le nombre de publications dans ce format avait connu une progression de 71 % par rapport à 2024. Alors que TikTok et Instagram dominent sur ce terrain, Facebook tente de s’adapter : depuis le mois de juin, toutes les vidéos sont devenues des Reels.
Dans le même temps, Meta s’est attaqué frontalement à ByteDance avec le lancement d’Edits, une application de montage conçue directement pour les Reels et qui vient concurrencer CapCut, l’outil associé à TikTok. Gratuite, elle centralise le montage, l’export et l’accès à des indicateurs de performance.
En 2025, la vidéo n’a pas non plus été épargnée par l’IA générative. D’une part, les contenus générés par IA ont commencé à déferler sur les fils, brouillant parfois la frontière entre contenus authentiques et productions entièrement synthétiques. Les plateformes ont été contraintes de répondre : TikTok, Instagram et YouTube ont mis en place des dispositifs d’identification et d’étiquetage des vidéos générées par IA afin de renforcer la transparence et de limiter la confusion pour les utilisateurs.
D’autre part, OpenAI et Meta ont franchi une nouvelle étape en lançant des espaces dédiés aux vidéos générées par IA, avec Sora et Vibes. Ces flux inspirés de TikTok permettent de créer, partager et consommer des contenus entièrement conçus avec l’IA.
Réseaux sociaux et mineurs : des préoccupations grandissantes
« Nous protégerons nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans. » Le 31 décembre 2025, lors de ses traditionnels vœux de la nouvelle année, Emmanuel Macron a de nouveau rappelé une priorité qu’il martèle depuis près de deux ans : encadrer plus strictement l’accès des mineurs aux plateformes numériques et limiter leur exposition aux effets délétères des écrans.
En 2025, cette orientation politique se traduit surtout par la préparation d’un durcissement législatif. Le gouvernement a finalisé un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à compter du 1er septembre 2026. Le texte repose sur un changement de logique : la responsabilité ne pèserait plus sur les familles, mais directement sur les plateformes, sous le contrôle de l’Arcom.
Côté plateformes, l’année 2025 marque une nouvelle étape. Après Meta et les Comptes Adolescents lancés sur Instagram en 2024, TikTok renforce à son tour son arsenal : contrôles parentaux étendus, limites de temps d’écran et mode de relaxation nocturne pour les moins de 16 ans. Des mesures volontaires, qui accompagnent, sans résoudre, le problème central de la vérification de l’âge.