Ce qu’on a lu, vu, aimé et entendu en juillet 2026 : les recos de la rédaction

Au programme : un communiqué sur l’enseignement de l’IA au lycée, un reportage sur LEGEND, des mots fléchés nouvelle génération, un article sur les jeunes et l’IA et l’app Flamap pour suivre la progression des incendies.

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Bienvenue dans les Recos de la rédac du mois de juillet ! © BDM

La recommandation d’Alexandra : le communiqué de la SIF sur l’enseignement de l’IA au lycée

Ce mois-ci, c’est le communiqué de la Société informatique de France (SIF) qui a retenu mon attention. Le 19 juin dernier, à VivaTech (dont BDM était partenaire), le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait qu’à partir de la rentrée 2027, tous les élèves de seconde suivront une heure hebdomadaire consacrée à l’intelligence artificielle, intégrée au cours de sciences numériques et technologie. En réaction, la SIF, société savante de la communauté informatique, a publié le 2 juillet une prise de position qui déplace le débat de l’annonce vers les conditions de réussite de son application. Trois points dans ce communiqué m’ont particulièrement intéressée :

  1. La souveraineté : la SIF conditionne le succès de cette réforme à des outils performants et indépendants des entreprises extra-européennes. Cet enjeu résonne particulièrement avec les débats actuels sur notre dépendance aux plateformes IA américaines et chinoises.
  2. L’idée que l’objectif est de comprendre l’IA, et pas seulement de l’utiliser : « Il s’agit de former les esprits à ce qu’est réellement l’IA et donc permettre son usage éclairé plutôt que de laisser l’IA (dé)former les esprits », indique le communiqué à ce sujet.
  3. Le fait que l’enjeu dépasse la seule IA générative : la SIF invite à aborder aussi les autres algorithmes qui façonnent nos usages, de la recommandation sur les réseaux sociaux au traitement d’images capable de travestir la réalité.

Un texte intéressant à lire, tout en gardant en tête qu’il s’agit d’une prise de position de la communauté informatique, dont les enjeux dépassent le seul cadre de l’enseignement de l’IA au lycée.

La recommandation d’Etienne : Le reportage du Monde sur le podcast LEGEND

Comment LEGEND est parvenu à s’imposer dans l’espace médiatique, avec plus de 3,7 millions d’abonnés sur YouTube et 8 millions d’auditeurs mensuels sur les plateformes d’écoute, au point de devenir le podcast le plus populaire de France ? Et pourquoi les personnalités, les sportifs, les chefs d’entreprise et surtout les politiques de tous bords s’y pressent, de Nicolas Sarkozy à François Ruffin ?

À l’approche de la présidentielle, où LEGEND pourrait avoir son rôle à jouer, Le Monde s’est longuement penché sur ce programme, lancé en 2023 par Guillaume Pley, une ancienne figure controversée de la radio. Pour décrypter l’offre et le traitement éditorial de l’émission, que son animateur voudrait voir devenir « le premier média de France », les journalistes ont visionné plus de 200 vidéos publiées sur la chaîne YouTube, étudié le profil des invités et soumis leurs résultats à un docteur en sociologie, qui apporte lui aussi son regard. L’enquête, qui a mobilisé plusieurs personnes, démonte la promesse portée par son animateur d’un espace « full bienveillance » et « full neutre ». Elle documente aussi un modèle économique florissant, ainsi que des méthodes et des conditions de travail parfois difficiles à travers les témoignages d’anciens salariés. La vidéo dure une vingtaine de minutes, elle est rythmée, passionnante, et cumule déjà plus d’1,4 million de vues sur YouTube. Et si l’appétit est toujours là, vous pouvez, en bonus, vous plonger dans ce portrait de « l’intervieweur le plus courtisé du Web », qui permet de mieux saisir son parcours et sa personnalité.

La recommandation d’Appoline : les mots fléchés nouvelle génération

On continue dans les recommandations plus légères en cette période estivale ! Ce mois-ci, je vous partage un rituel de vacances qui ne m’a jamais quittée. Chaque année, je glisse dans ma valise ces carnets au look très… vintage. Je parle bien sûr des carnets de mots fléchés ! L’outil parfait pour lever le nez des écrans et déconnecter. Mais voilà, à force d’en faire son sport de vacances, on finit par remarquer que les mêmes définitions vieillottes, parfois carrément datées, voire problématiques reviennent en boucle.

Et puis j’ai découvert toute une nouvelle génération de créatrices en train de dépoussiérer le genre, et quel plaisir ! J’ai d’abord testé On s’en grille une, le carnet de mots fléchés imaginé par la créatrice de contenu Athéna Sol, qui propose aussi une nouvelle grille en ligne et gratuite chaque semaine. Design coloré, définitions modernes très Gen Z coded et références pop rythment les grilles. Prochainement, je compte également tester Grillé, un cahier lancé par Louise Peiffer et Dior Beye, que j’avais aperçu dans Qui veut être mon associé ?. Le pari : un bel objet, des grilles faites à la main, et un vrai soin porté à chaque définition. De quoi retrouver le plaisir de gratter du crayon sur du papier.

Derrière ces initiatives se joue une vraie petite bataille culturelle, à travers un objet aussi anodin qu’un carnet de mots fléchés. Un vent de fraîcheur qui fait du bien entre deux baignades !

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La recommandation de José : un article de Wired sur les jeunes et l’IA

Il y a des articles qui font plaisir à lire, et celui-ci en fait partie. Some Kids Will Never Think AI Is Cool, publié dans Wired en cette fin de mois de juillet, nous présente une hypothèse : et si les jeunes n’aimaient pas l’IA ? Car, contrairement aux idées reçues, les adolescents ne sont pas enthousiasmés par chaque innovation pondue par la Silicon Valley.

Oubliez la triche aux devoirs et les amis chatbots. Certains jeunes se lancent dans une nouvelle tendance en matière d’IA : trouver ça nul.

Au cours des quatre dernières années, depuis que les chatbots se sont généralisés et que leurs campagnes marketing sont passées à la vitesse supérieure, les jeunes sont devenus de plus en plus sceptiques face à l’engouement autour des LLM, écrit Elana Klein en préambule de son article.

Pour corroborer son hypothèse, la journaliste est allée à la rencontre d’adolescents hostiles à l’intelligence artificielle. Ces derniers lui ont confié leurs craintes relatives à l’impact de l’IA, l’environnement, sur le développement intellectuel, la propagation de fausses informations ou encore les métiers artistiques. Mais, passée la sensation dystopique, le papier revêt un caractère plutôt comique : l’IA est souvent perçue comme grotesque, nulle, et imposée par des adultes incapables de comprendre le caractère ridicule de leur démarche.

Je ne peux donc résister à vous proposer le florilège des meilleures saillies de l’article :

  • « Je pense que IA devrait vouloir dire ‘idiot artificiel' » , Marian, 9 ans.
  • « Moi je suis plutôt du genre : fais-le toi-même, ce n’est pas si compliqué », Maggie, 14 ans.
  • « Parfois, c’est juste une vidéo drôle. Et puis je regarde et ça dit ‘généré par IA’, et je me dis : ‘C’est moins drôle.’ J’ai l’impression d’avoir été privé de quelque chose qui ne s’est jamais vraiment passé. » , Kito, 14 ans.
  • « Mes camarades utilisent ChatGPT et les autres chatbots IA comme cerveau de substitution, en gros », Jasper, 16 ans.
  • « Dans le futur ça pourrait être grave, parce que peut-être que les gens utiliseraient l’IA pour devenir médecins, et du coup on se retrouverait avec le mauvais médecin, et on pourrait mourir » , Arabella, 12 ans.

L’article fait partie d’une série intitulée The Truth About Kids These Days, que je ne peux que chaudement vous recommander de parcourir. Au programme : débunkage des stéréotypes sur les jeunes et la lecture, un sujet sur les jeunes sprinters devenus étonnamment rapides, la polémique autour d’un jeune journaliste scolaire ayant enquêté sur les Epstein Files, et les coulisses d’une école privée new-yorkaise à 65 000 dollars par an, qui n’en est pas vraiment une.

Flamap, ce que permet l’open data en 48 heures

Le feu s’est déclaré le 22 juillet en Gironde. Quatre jours plus tard, une carte permettait d’en suivre la progression : Flamap. Signée Guillaume Rozier, l’ingénieur derrière CovidTracker puis ViteMaDose pendant la pandémie, aujourd’hui conseiller du président de la République pour le numérique, cette carte reprend la méthode de ses précédents outils. Elle agrège des données publiques déjà disponibles mais sous-exploitées, comme les périmètres brûlés de Copernicus EFFIS, les anomalies thermiques détectées par les satellites MODIS et VIIRS de la NASA, le vent du modèle AROME de Météo-France, puis les rend lisibles sur un seul écran. Un curseur temporel rejoue la progression d’un incendie sur plusieurs jours, un module affiche les prévisions de vent et de température, une simulation indique le déplacement des panaches de fumée… L’outil est open source, gratuit et actualisé toutes les deux heures. Il couvre la France entière et permet de comprendre plus facilement l’ampleur et l’évolution des tragiques évènements de l’été.

Flamap n’est pas la seule initiative numérique liée aux incendies. En une semaine, une dizaine d’outils bénévoles sont nés, la plupart sans aucun relais ou soutien institutionnel. SOS oPaddock, plateforme d’entraide équestre relayée par le Comité régional d’équitation Nouvelle-Aquitaine, a mis en relation les propriétaires devant évacuer leurs chevaux avec ceux pouvant les accueillir ou les transporter, après que des centres équestres de Biscarrosse ont lâché leurs bêtes en pré pour qu’elles fuient d’elles-mêmes. ALABRI permet d’enregistrer ses animaux et d’imprimer une affiche avec QR code en cas de perte, les données restant stockées sur l’appareil. Des agrégateurs comme alertesfeux.fr ou info-feux-gironde.com horodatent chaque information, retirent une structure dès qu’elle est saturée et renvoient systématiquement vers la source officielle.

Guillaume Rozier le rappelle lui-même, aucun de ces outils n’aurait existé sans les données satellitaires ouvertes ni sans l’ouverture des données de Météo-France, à laquelle il a contribué il y a dix-huit mois. Une donnée accessible, documentée et réutilisable finit par produire un service utile, parfois en une nuit désormais. Les limites sont assumées par les créateurs de ces outils, qui les affichent en tête de page (les satellites ne survolent la France que quelques fois par jour et un départ de feu peut mettre plusieurs heures à apparaître. EFFIS ne publie que le contour le plus récent des surfaces brûlées, etc.). Pour rappel, les ordres d’évacuation relèvent des préfectures, des mairies et de FR-Alert.

Flamap
Flamap indique l’évolution des incendies en France, avec des mises à jour régulières. © Capture d’écran BDM
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