Pourquoi choisir Payload plutôt que WordPress ou PrestaShop ?

Spécialisée dans la conception de projets web, l’agence ID Interactive a fait de Payload une pièce maîtresse de sa stack. Eric Doyen, son fondateur, nous explique pourquoi.

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Payload est un CMS headless et open source lancé en 2021. © Payload

Il y a des solutions que l’on adopte car elles permettent d’aller au-delà de ce que proposent les plateformes établies. Payload est de celles-là. Lancé en 2021 et encore relativement confidentiel en France, ce CMS headless, qui sépare la création de contenu de sa mise en forme, répond à des besoins que les solutions monolithiques comme WordPress ou PrestaShop peinent parfois à couvrir, que ce soit en termes de performance, d’ambition UX/UI ou de structuration de données complexes.

C’est, en tout cas, la conviction de l’agence ID Interactive qui en a fait, depuis plusieurs mois déjà, une pièce maîtresse de sa stack technologique, persuadée que la solution lui permettrait de livrer des projets plus ambitieux et durables. Son fondateur, Eric Doyen, explique en quoi elle se distingue.

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Eric Doyen, Fondateur, ID Interactive

Diplômé de l’ESC Toulouse, Eric Doyen a fondé ID Interactive en 2006. Basée près de Vannes, à Arradon, dans le Morbihan, ID Interactive accompagne ses clients sur la conception d’applications web sur mesure (Next.js, Payload CMS, WordPress, PrestaShop) ainsi que sur les leviers d’acquisition (SEO, GEO, paid media). Depuis sa création, cette agence digitale full-service a travaillé avec plus de 300 entreprises.

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Pourquoi WordPress et PrestaShop ne suffisaient plus

Basée près de Vannes, à Arradon, dans le Morbihan, l’agence ID Interactive accompagne plus de 300 PME et grands comptes dans la création d’applications web sur mesure ou sur des problématiques d’acquisition. Attachée à la philosophie open source et à la souveraineté des données, elle travaillait jusqu’alors sur WordPress et PrestaShop, deux solutions qui couvraient, selon Eric Doyen, « 90 % des demandes », des sites vitrine aux blogs en passant par les boutiques en ligne. Mais au cours des trois dernières années, cette agence de 13 collaborateurs a constaté que ces outils montraient rapidement leurs limites sur certains pans de projets plus ambitieux :

  • La performance et l’éco-conception : Un WordPress qui multiplie les plugins « reste très consommateur en ressources serveur, en bande passante, en temps de chargement », observe le fondateur, ce qui peut constituer un frein pour un client ayant un vrai engagement RSE.
  • La structuration de données complexes : « Quand un client gère un catalogue produit qui n’est pas standard, des configurateurs, des espaces clients connectés, du contenu multi-langues très imbriqué, ou qu’il doit alimenter à la fois un site, une application et un point de vente physique, le modèle de WordPress devient un frein. Nous passons notre temps à le détourner avec des ACF, des custom post types, des plugins de cache… C’est coûteux à maintenir et fragile », explique-t-il.
  • L’ambition UX/UI : « Nos designers et nos clients veulent des interfaces ambitieuses, animées, instantanées », résume Eric Doyen. Une qualité de front qui se construit, selon lui, bien plus aisément avec un framework moderne comme Next.js qu’avec un thème WordPress.

Face à ces obstacles, et sans pour autant abandonner WordPress et PrestaShop, qui restent « des outils utiles quand le besoin client correspond », l’agence morbihannaise s’est mise en quête d’un CMS headless JavaScript qu’elle souhaite combiner à la puissance front-end de Next.js, le framework React de référence. Soit, pour le dire plus simplement, d’un système de gestion de contenu qui sépare radicalement deux choses, le front-end et le back-end, et offrant davantage de liberté sur le front. Plus flexible qu’un CMS comme WordPress — « même si WordPress existe aussi en headless », nuance Eric Doyen — où « ces deux briques sont plus naturellement soudées et où le même outil gère à la fois le contenu et l’affichage », ce qui peut finir par enfermer dans un « écosystème de thèmes et de plugins, avec des limites de performance et de flexibilité quand les projets se complexifient », complète-t-il.

Qu'est-ce qu'un CMS headless ?

Un CMS headless est un système de gestion de contenu qui dissocie le back-end, là où le contenu est créé et stocké, du front-end, où il s’affiche. Cette architecture repose sur des API pour diffuser le contenu vers n’importe quel canal, site web, application mobile ou objet connecté. Il offre davantage de flexibilité pour les développeurs.

Le choix de Payload, plutôt que Strapi

Au départ, ce n’est pas Payload qui s’impose comme une évidence pour ID Interactive, mais Strapi. Un « excellent produit », juge encore Eric Doyen, et même une « vraie réussite française dans un écosystème dominé par des acteurs américains », que l’agence expérimente pendant plusieurs mois avant de lui préférer Payload, pour plusieurs raisons : son intégration native avec Next.js, sa configuration par le code, sa légèreté — « Nous constatons sur nos projets une consommation de ressources généralement inférieure à celle des architectures WordPress fortement dépendantes des plugins », illustre-t-il — ou sa maturité sur des fonctionnalités avancées. « Lors de notre phase d’évaluation, Payload répondait mieux à nos besoins en matière de multilingue et de gestion des permissions, explique le dirigeant. Un autre facteur va également faire pencher la balance.« À l’époque, on avait aussi le sentiment que Strapi orientait progressivement son énergie produit vers son offre cloud SaaS, ce qui s’éloignait de notre besoin d’une solution 100 % auto-hébergeable et maîtrisée. Payload, à l’inverse, restait totalement aligné avec la philosophie open source auto-hébergée », complète-t-il.

Un engagement que le rachat de Payload par Figma, en juin 2025, ne remet pas fondamentalement en cause, selon lui, même si « le risque zéro n’existe pas ». La licence MIT dont bénéficie le projet empêche toute appropriation rétroactive du code, et l’équipe est restée en place depuis l’acquisition, avec un rythme de releases maintenu. « Figma semble vouloir renforcer Payload comme pièce maîtresse du pont entre design et développement. À ce stade, [le rachat] est plutôt une bonne nouvelle en termes de moyens », juge Eric Doyen. Payload a d’ailleurs annoncé, en mai, que sa version 4.0, dont la sortie est attendue dans les trois prochains mois, introduira une refonte complète de l’espace utilisateur, basée sur le design system de Figma.

Les avantages de Payload, selon Eric Doyen

  1. Intégration native avec Next.js : « Depuis sa version 3, Payload tourne directement à l’intérieur d’une application Next.js. C’est la même base de code, le même déploiement, la même logique TypeScript de bout en bout. Quand on fait beaucoup de Next.js comme nous, ça simplifie tout : pas d’API à orchestrer entre deux serveurs, pas de problèmes de CORS, pas de double maintenance d’environnements. »
  2. La configuration par le code : « Dans Payload, on définit la structure des contenus dans des fichiers TypeScript versionnés sur Git. Concrètement, ça veut dire que l’évolution de notre schéma de données suit le même cycle que le reste du code : revue, validation, déploiement contrôlé. »
  3. La performance et l’efficience de l’architecture : « Payload nous permet de concevoir des architectures performantes et sobres. L’administration reste fluide même sur des volumes de contenus importants, tandis que l’absence de nombreuses couches intermédiaires contribue à limiter la consommation de ressources. Dans une démarche d’éco-conception, cette efficacité technique est un avantage concret. »
  4. La maturité du produit sur les fonctionnalités avancées : « Payload était plus avancé sur la gestion fine des permissions, les versions et brouillons, l’authentification utilisateurs, les hooks personnalisés, le multilingue. »

La souveraineté des données, un argument de poids

Si Payload se distingue par sa flexibilité technique, son architecture open source offre également à ID Interactive la possibilité d’héberger ses données chez des partenaires français, choisis pour leur sérieux et leur engagement environnemental. Un argument qui résonne différemment selon les clients, mais qui pèse de plus en plus dans le contexte actuel. « Pour les acteurs publics, les ETI industrielles et les entreprises qui manipulent des données sensibles, à l’image d’Eram, Trigano ou Le Télégramme que nous accompagnons, c’est un vrai critère, estime-t-il. Les exigences RGPD renforcées sur les sous-traitants sont des sujets qui sont entrés dans les cahiers des charges. Savoir que les données et l’admin tournent sur un hébergement français, avec une agence française qu’on peut rencontrer, devient un facteur de réassurance qui pèse en fin de processus de décision ».

L’argument trouve aussi un écho chez les clients engagés sur la RSE, en plus de la performance carbone. Mais moins auprès des PME, reconnaît Eric Doyen : « Le sujet n’arrive pas en tête de leurs préoccupations spontanées. Ce qu’elles veulent, c’est un site qui fonctionne, performant, dans le budget. On amène alors le sujet nous-mêmes, et il est rarement rejeté une fois qu’il est expliqué. »

Une solution plus adaptée quand il faut « modéliser le métier du client »

Reste une question centrale : la solution convient-elle à toutes les typologies de clients ? À tous les projets ? Sur des chantiers complexes, quand il faut modéliser le métier du client et « que le back-office parle sa langue », la réponse est oui, sans hésitation, selon lui. Elle est moins évidente pour des blogs ou des sites institutionnels et marchands sans complexité particulière. Dans ces configurations, WordPress, PrestaShop sont plus pertinents au regard des ressources engagées.

Payload est polyvalent, mais il a un prérequis fondamental : il faut un vrai besoin de gestion de contenu éditorial. C’est un CMS avant tout. Sans contenu à administrer, il n’a pas de raison d’être dans le projet.
Eric Doyen

Eric Doyen

Fondateur, ID Interactive

« Enfin, il y a un pan de notre activité où Payload ne rentre pas du tout : les applications web métier sans dimension éditoriale, espaces clients, configurateurs, portails de gestion, tableaux de bord. Là, le sujet n’est pas de « publier du contenu », mais de « faire fonctionner un process en ligne ». On développe directement en Next.js avec une base de données dédiée, sans CMS. Mettre Payload dans ce contexte serait surdimensionné et sans valeur ajoutée. », ajoute Eric Doyen.

Dans quels cas Payload CMS est-il pertinent ?

  • Lorsque le client doit modéliser une logique métier spécifique dans son back-office.
  • Lorsque les ambitions UX/UI du projet sont élevées.
  • Lorsque la performance et l’éco-conception sont des exigences centrales du cahier des charges.

Payload, une solution plus intuitive qu’il n’y paraît

Malgré son apparente complexité technique, le CMS peut-il être facilement pris en main et alimenté par les clients ? Même ceux n’ayant pas de bagage technique ? « C’est une vraie question, et je vais y répondre franchement parce qu’on a tendance, dans la communauté tech, à survendre l’expérience d’édition des CMS modernes. La réponse est oui, les clients s’y retrouvent, mais à deux conditions », estime Eric Doyen.

La première tient à la structuration des contenus. « L’interface de Payload est sobre, claire, en français, et elle reflète exactement la structure qu’on a définie ensemble en amont, souligne-t-il. Si on a bien fait notre travail de modélisation, en comprenant les vrais usages éditoriaux, en nommant les champs avec les mots du client, en regroupant les contenus de façon logique, alors le contributeur retrouve ses repères dès la première heure. » La seconde, c’est l’accompagnement. « On livre systématiquement une formation d’une heure à une demi-journée pour les équipes contributrices et une période d’accompagnement post-livraison où nos chefs de projet répondent aux questions. »

Selon le dirigeant d’ID Interactive, Payload propose une interface « plus dépouillée » que WordPress, où les clients doivent souvent naviguer dans une jungle de menus, de plugins et de réglages qui encombrent l’éditeur. Dans Payload, « on ne voit que ce qui concerne son métier », ce qui est généralement ressenti « comme un signe de soulagement pour les contributeurs », souvent issus des services communication et marketing. « Pour quelqu’un qui était très à l’aise avec Gutenberg et ses blocs, il y a une courte phase d’adaptation, mais on n’a jamais eu de retour négatif durable sur ce sujet », ajoute-t-il.

Ce qu’on observe sur nos projets Payload livrés, c’est que les équipes contributrices sont autonomes très rapidement, elles reviennent rarement vers nous pour de la formation complémentaire. C’est probablement le meilleur indicateur.
Eric Doyen

Eric Doyen

Fondateur, ID Interactive

Un CMS qui ne convient pas à tous les projets

Si Payload présente des qualités indéniables, Eric Doyen ne plaide pas pour autant en faveur d’un abandon des solutions concurrentes ni d’un « tout Payload ». « On reste multi-stack », souligne-t-il. « On opte pour le bon outil selon le besoin : WordPress quand le projet le mérite, PrestaShop pour des boutiques e-commerce classiques avec un besoin de modules métiers éprouvés, Shopify quand la priorité est le time-to-market commerce, et Payload + Next.js quand le projet demande de la performance pure, du sur-mesure de données ou une expérience front ambitieuse ». Un bon artisan se limite rarement à un seul outil.

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