DeepSeek, ChatGPT Atlas, Edits : les outils qui ont marqué l’année 2025

De la percée spectaculaire de DeepSeek sur le marché de l’IA générative, à Edits qui tente de bousculer CapCut, en passant par ChatGPT Atlas, focus sur les outils qui ont marqué l’année 2025.

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L'arrivée de DeepSeek a prouvé qu'OpenAI pouvait être bousculé. © 光画社 (Kōgasha) - stock.adobe.com

DeepSeek

En se hissant au sommet des charts de l’App Store américain, le 26 janvier 2025, à la suite d’un buzz colossal sur les réseaux sociaux, DeepSeek est devenu le premier service d’IA générative à momentanément détrôner ChatGPT en nombre de téléchargements, provoquant un séisme à Wall Street (l’action Nvidia, qui fournit OpenAI, a chuté de 18,6 % ce jour-là, ndlr) et repositionnant, aussi, la Chine dans la course à l’IA générative. « DeepSeek R1 est le moment Spoutnik de l’IA », avait déclaré Marc Andreessen, l’un des investisseurs les plus réputés de la Silicon Valley sur X.

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« Un moment Spoutnik », ça se discute, mais cette percée a prouvé que rien n’était encore acquis dans le secteur de l’IA générative, et qu’une entreprise contrôlant son marché comme OpenAI pouvait voir sa position fragilisée en quelques jours, particulièrement quand un concurrent réalise une prouesse technique. Dès sa publication, le modèle R1 conçu par DeepSeek affichait des performances comparables à celles des entreprises américaines, pour un coût d’entraînement semble-t-il nettement inférieur : 5,6 millions de dollars, soit une fraction de celui d’OpenAI pour GPT-4. Le tout accessible via une interface gratuite, disponible partout dans le monde et reprenant dans l’ensemble les mêmes mécanismes, fonctionnalités et codes visuels que ChatGPT.

Si « l’effet DeepSeek » s’est estompé depuis, et que ses modèles ont maintenant du mal à rivaliser avec ceux d’Anthropic ou de Google, cet agent conversationnel est solidement implanté sur le marché. En août dernier, il était le troisième outil d’IA générative le plus utilisé sur le web, et le huitième sur mobile, d’après une étude d’Andreessen Horowitz. Et il ne serait pas si surprenant qu’il maintienne ce statut de troisième homme en 2026.

Edits

Après avoir bousculé X, en 2023, avec le déploiement de Threads, Meta a, cette année, lancé une offensive contre ByteDance en pondant une alternative à CapCut. D’abord annoncée pour mars, puis finalement repoussée à avril, Edits mise sur une formule proche de celle de son rival, en proposant notamment des fonctions de découpe, de génération de sous-titres, d’incrustation de fond vert ou d’effets visuels. Suffisant pour réussir son lancement ? Il semblerait. Selon AppFigures, Edits avait dépassé les 7 millions de téléchargements durant sa première semaine de disponibilité. Elle était même momentanément devenue l’application la plus téléchargée sur l’App Store américain.

Mais il est encore prématuré d’affirmer qu’elle concurrence CapCut. En France, par exemple, l’application de ByteDance figurait encore au onzième rang des applications les plus téléchargées de l’année sur iOS, un classement où Edits n’apparaît pas. Sa cadence de mises à jour pourrait néanmoins l’y conduire. Amputée de nombreuses fonctionnalités lors de son lancement, l’application bénéficie désormais d’évolutions mensuelles ou bimensuelles, qui la renforcent lentement mais sûrement. Ces dernières semaines, Edits a notamment amélioré sa fonctionnalité de storyboards ou intégré de nouveaux templates. Plus tôt dans l’année, elle a également été dotée d’un prompteur intégré.

NotebookLM

NotebookLM n’a pas été lancé cette année, mais son succès et son amélioration continue justifient pleinement sa présence dans cette liste. Devenu viral sur les réseaux sociaux, à l’automne 2024, grâce à sa capacité à générer des podcasts étonnamment réalistes en s’appuyant sur plusieurs sources documentaires, l’outil développé par Google Labs a bénéficié d’améliorations significatives ces derniers mois.

Désormais accessible dans plus de 80 langues, français inclus, NotebookLM peut dorénavant générer des vidéos synthétisant plusieurs sources, mais aussi des quiz interactifs ou des fiches de révision. Il embarque aussi la fonctionnalité Deep Research, cette capacité de Gemini qui analyse et résume des centaines de documents en un temps record, et accueillera prochainement le modèle de génération d’images nano-banana. Une roadmap bien remplie.

ChatGPT Atlas

Si Perplexity, The Browser Company ou Opera ont ouvert la voie avec respectivement Comet, Dia et Neon, c’est OpenAI qui pourrait, avec ChatGPT Atlas, prendre l’avantage dans la bataille des navigateurs dopés à l’IA qui s’ouvre. Et ce, simplement en proposant des fonctionnalités équivalentes à celles de ses concurrents et en capitalisant sur la renommée de son produit vedette.

Car pour convaincre les utilisateurs endurcis de Chrome, Firefox ou Safari de migrer, OpenAI n’a rien révolutionné dans la forme. Basé sur Chromium, son navigateur propose une barre d’onglets classique, une barre de tâches donnant accès au gestionnaire de favoris, aux onglets ou aux paramètres. Sa page d’accueil se limite à une barre centrale où l’on peut saisir une URL ou interroger ChatGPT.

C’est plutôt en transformant la manière de naviguer, tout en ancrant encore plus son agent conversationnel dans les usages, que l’entreprise californienne espère redistribuer les cartes. Sur Atlas, ChatGPT placardise Google et devient l’interface de prédilection pour la recherche. Il est aussi l’assistant que l’on peut interpeller à tout moment pour résumer une page, reformuler en texte, voire réaliser des tâches en toute autonomie via le mode Agent. Mais économiser quelques minutes justifie-t-il de céder l’intégralité de ses habitudes de navigation à une entreprise comme OpenAI ? Chacun en jugera.

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Difficile de faire plus épuré. © OpenAI

Reve

Il représente peut-être le dernier rescapé d’une époque. Celle où le marché de la génération d’images n’était pas écrasé par des géants tels que Google, ByteDance ou OpenAI, mais plutôt par de modestes acteurs, souvent indépendants. Propulsé, en mars 2025, au sommet du classement collaboratif d’Artificial Analysis, censé mesurer objectivement les performances des technologies de génération d’images, Reve s’est rapidement démarqué par son adhérence au prompt, supérieure à la moyenne pour l’époque, et pour la qualité de ses générations d’images à un coût supposément moindre. Mais aussi pour une autre spécificité : être capable, en toute autonomie, d’enrichir la requête des utilisateurs grâce à sa fonctionnalité Enhance.

Avec la version 1.0 de son modèle, Reve a réussi l’exploit de surpasser — du moins, selon les utilisateurs de la Text-to-image Arena d’Artificial Analysis — 4o Image Generation, qui marquait pourtant un progrès considérable pour OpenAI par rapport à DALL-E. Mais depuis, Reve semble, à l’instar de Midjourney ou de Recraft, avoir bien du mal à suivre la cadence imposée par Google ou OpenAI, qui ont multiplié les investissements pour rattraper le retard qu’ils avaient historiquement pris dans ce domaine. Son modèle le plus avancé pointe actuellement à la trentième position de ce leaderboard scruté par les suiveurs du secteur.

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Reve se démarquait à l’époque pour son réalisme. © Reve

Sora

C’est la prouesse technologique dont on se serait bien passé, mais qu’il est difficile d’éluder au moment de faire le bilan. Dévoilé en octobre dernier, Sora 2, le modèle alimentant désormais le générateur de vidéos d’OpenAI, représente un bond en avant considérable dans la modélisation et la simulation de réel, mais également dans la création d’univers sonores. Les séquences générées atteignent un degré de sophistication qui semblait jusqu’alors inaccessible, tant pour les outils concurrents que pour la première version de Sora. « Le lancement de Sora 2 représente à nos yeux, pour le contenu vidéo, une avancée équivalente à l’arrivée de GPT‑3.5« , avait d’ailleurs prévenu OpenAI lors de sa sortie.

Même pour un œil averti, la détection devient extrêmement difficile, avec ce modèle dont le développement s’est étalé sur une vingtaine de mois, tant les indices qui permettaient de repérer facilement une vidéo générée par IA, comme les mains difformes ou une physique bancale, disparaissent progressivement. La fonction Caméos, permettant aux utilisateurs d’incruster leurs visages ou celui d’une autre personne consentante dans n’importe quelle scène, brouille encore plus la frontière entre le réel et l’artificiel.

Pas vraiment inquiète que le web soit, à terme, saturé de contenus fabriqués, OpenAI a tout de même mis en place quelques protections pour faciliter la détection de fausses vidéos, ainsi que pour empêcher la prolifération de deepfakes de personnalités publiques. Mais résistent-elles vraiment aux techniques de contournement ? Et OpenAI s’en soucie-t-il ? Si ce n’est pas déjà fait, il est grand temps de s’inquiéter.

Figma Make

Déployé en version bêta en mai, et accessible depuis juillet, Figma Make représente sans doute la plus prometteuse des évolutions produit lancées cette année par Figma. Alimenté par les modèles d’Anthropic, ce générateur de code permet, en quelques clics, de convertir des descriptions textuelles ou des designs existants en prototypes fonctionnels, afin que les utilisateurs puissent rapidement « explorer et itérer rapidement sur leurs idées », précisait l’éditeur lors de son événement annuel.

Plus qu’un « simple outil de vibe coding », rappelait à BDM la product manager de l’outil, Make s’intègre aux autres modules de la plateforme et exploite les bibliothèques de composants ou les design systems pour maintenir une forme de cohérence visuelle. Pensé pour la collaboration, il embarque également un système de templates personnalisables, que les designers enrichissent avec des directives de conception, des chartes de marque ou des spécifications produit, réutilisables par l’ensemble de l’équipe. Rien que ça.

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Voici un aperçu de Figma Make. © Figma
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