Mistral AI annonce une levée de fonds de 3 milliards d’euros
Avec ce nouveau tour de table, la valorisation de l’entreprise française dépasse désormais 21 milliards d’euros.
Mistral AI vient de boucler une levée de fonds de 3 milliards d’euros, notamment vouée à « étendre significativement [sa] recherche de pointe », annonce l’entreprise dans un communiqué diffusé ce mardi 8 septembre 2026. Ce tour de table, le plus important « jamais réalisé par une entreprise technologique européenne » hors Bourse, se targue la startup française, porte sa valorisation à 21 milliards d’euros, ce qui en fait le deuxième groupe technologique le plus valorisé d’Europe. Il doit lui donner les moyens de rivaliser avec les géants américains et chinois.
Un tour de table incluant Samsung et un fonds lancé par la Commission européenne
Parmi les nouveaux actionnaires de Mistral AI figurent notamment le sud-coréen Samsung, qui a piloté le tour de table, et Scaleup Europe Fund, un fonds de plusieurs milliards d’euros lancé par la Commission européenne à destination des entreprises les plus prometteuses dans des secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle. « Ce tour reflète un soutien stratégique d’investisseurs d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, s’est félicité Mistral AI dans son communiqué. Il réunit un syndicat de premier plan d’investisseurs stratégiques et financiers, comprenant des leaders technologiques mondiaux, des investisseurs de croissance et des actionnaires existants qui ont soutenu le développement de Mistral jusqu’à présent. »
Ces actionnaires rejoignent des investisseurs déjà présents, tels qu’ASML, BNP Paribas, Bpifrance ou NVIDIA, qui avaient déjà aidé Mistral à lever 2,7 milliards d’euros depuis sa création, il y a trois ans. L’entreprise reste sous pavillon européen : deux tiers du capital de Mistral AI restent détenus par des investisseurs européens, rapporte Franceinfo.
Où iront les 3 milliards d’euros levés par Mistral AI ?
Fondée en avril 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, Mistral AI s’était d’abord fait connaître en développant des grands modèles de langage open source, vendus comme plus légers et moins gourmands en ressources que ceux de la concurrence. Un positionnement qui tranchait avec l’approche fermée d’OpenAI et lui a rapidement valu le statut de porte-étendard de l’IA européenne.
Ces derniers mois, l’entreprise a progressivement opéré une réorientation stratégique. Elle a investi dans les services aux entreprises, les modèles spécialisés, et la construction de data centers, à l’image de son projet d’infrastructure à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne. En parallèle, elle a été accusée, par certains observateurs, de délaisser peu à peu la course aux modèles de pointe, ceux capables de rivaliser avec les systèmes les plus avancés d’OpenAI ou d’Anthropic. « Lors de la première vague d’IA générative, la question centrale était de savoir qui pourrait construire le modèle le plus puissant. Les organisations et les gouvernements en posent désormais une autre : comment exploiter la puissance de l’IA pour leurs besoins critiques sans renoncer au contrôle de l’infrastructure et de la boucle d’intelligence », juge l’entreprise.
Selon le communiqué, cette rentrée de capitaux doit notamment permettre à Mistral AI de :
- Renforcer sa recherche de pointe,
- Accroître sa capacité de calcul,
- Développer son infrastructure technique,
- Accélérer sa croissance commerciale,
- S’étendre à l’international, avec une diversification géographique portée notamment vers l’Asie et l’Amérique du Nord,
- Consolider son « approche full stack et européenne ».
La scaleup française, qui compte 1 200 salariés dont 300 chercheurs, assure ne pas avoir renoncé à ses ambitions initiales. « Nous n’abandonnons pas l’idée d’avoir des modèles d’IA de pointe », a déclaré au Monde Audrey Herblin-Stoop, sa vice-présidente. Mistral AI vise le milliard d’euros de revenus annuels récurrents à la clôture de l’exercice 2026. À titre de comparaison, OpenAI est en passe d’atteindre 40 milliards de dollars de revenus annuels récurrents d’ici la fin de l’année, selon Bloomberg.