Quels sont les métiers les plus impactés par l’IA ?

Une étude de Cognizant révèle que 93 % des emplois pourraient être impactés par l’IA dès 2026. Quels métiers sont les plus exposés à cette transformation ?

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Selon Cognizant, 22 familles de métiers seront impactées par l'IA. © Cognizant

Une étude récente du cabinet Cognizant révèle que 93 % des emplois pourraient être impactés par l’intelligence artificielle dès aujourd’hui, soit six ans plus tôt que prévu initialement par les experts. Cette accélération s’explique par trois avancées technologiques majeures survenues ces trois dernières années :

  • L’IA multimodale, capable d’interpréter images, vidéos et diagrammes,
  • Les modèles de raisonnement avancé, aptes à résoudre des problèmes complexes en plusieurs étapes,
  • L’IA agentique, désormais capable d’exécuter des workflows entiers avec une supervision humaine minimale.

Pour mesurer cette transformation, les chercheurs ont analysé 18 000 tâches réparties sur près de 1 000 professions, en attribuant à chacune un score d’exposition et un score de vélocité mesurant la rapidité du changement. Tour d’horizon.

Les métiers du tertiaire en première ligne

Les familles professionnelles les plus exposées appartiennent majoritairement au secteur tertiaire et aux fonctions décisionnelles. Les métiers des opérations financières et commerciales affichent désormais un score d’exposition moyen de 68 %, contre seulement 21 % en 2023. Le management atteint 60 %, tandis que le support administratif culmine également autour de ces niveaux. Ces trois groupes présentent par ailleurs les scores de vélocité les plus élevés, compris entre 11 et 14, bien au-dessus de la moyenne de 7.

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Les secteurs du management ou des opérations financières risquent d’être les plus rapidement et profondément touchés. © Cognizant

Cette exposition accrue s’explique par l’émergence de l’IA agentique. Là où l’automatisation traditionnelle se limitait à des tâches répétitives et isolées, les agents IA orchestrent désormais des processus complets, comme identifier un besoin, collecter des données internes et externes, produire une analyse préliminaire, rédiger un commentaire et planifier une réunion de validation. Les analystes financiers voient ainsi leur score d’exposition grimper à 84 %, tandis que les PDG dépassent les 60 %.

Les secteurs spécialisés connaissent également une accélération notable. La santé (praticiens), l’éducation, le juridique et l’ingénierie affichent des scores d’exposition compris entre 39 et 49 %, avec des vélocités de 8 à 12. Les avocats illustrent particulièrement ce phénomène : leur exposition est passée de 9 % en 2023 à 63 % aujourd’hui, l’IA étant désormais considérée comme capable d’analyser des jurisprudences, d’évaluer les issues probables d’un litige ou d’assister des négociations contractuelles.

Les métiers manuels et relationnels davantage préservés

À l’opposé du spectre, certaines familles professionnelles conservent des scores d’exposition et de vélocité inférieurs à la moyenne. La construction, le transport et la production affichent des expositions comprises entre 12 et 29 %, avec des vélocités de 3 à 6. Ces métiers impliquent des environnements et tâches physiques variables, des décisions en temps réel et une responsabilité partagée difficiles à codifier.

Néanmoins, même ces secteurs enregistrent des progressions significatives par rapport à 2023. Les inspecteurs de transport voient leur score passer de 6 % à 55 %, l’IA pouvant désormais automatiser les rapports, assister les inspections visuelles et recommander des procédures correctives. Les maçons passent de 3 % à 20 %, grâce aux capacités multimodales permettant d’interpréter des plans ou de calculer des distances.

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Les métiers physiques ou manuels sont moins atteints par les bouleversements de l’IA. © Cognizant

Les métiers de l’installation et de la maintenance, des services de protection et des soins personnels restent parmi les moins exposés, avec des scores de 20 à 29 %. Ces professions reposent sur des compétences difficilement automatisables : lecture de signaux subtils, jugement contextuel, établissement d’une relation de confiance. L’IA progresse surtout en coulisses, sur la planification des interventions ou l’assemblage de rapports, tandis que le moment décisif reste entre les mains du technicien, de l’agent ou du soignant.

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