Les limites de Twitter en matière de recrutement

Les réseaux sociaux ont pris une ampleur considérable en quelques années seulement. Cette généralisation des usages a été trop rapide pour être assimilée correctement par les entreprises. Cela se ressent à plusieurs niveaux. Notamment au niveau du recrutement. Les réseaux sociaux sont vendus par certains comme étant le futur du recrutement, un outil dont les recruteurs ne peuvent se passer. La réalité est différente, notamment sur Twitter.
Un outil chronophage

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg… Ouvrir un compte Twitter est une chose, l’alimenter en est une autre. Pour réellement être présent, il est important de dialoguer avec les autres utilisateurs, de partager des liens intéressants, de répondre aux questions… Votre présence doit être quotidienne ou presque. Twitter est un média en temps réel qui nécessite de la réactivité. Difficile d’imaginer répondre à une question 3 jours après sa mise en ligne. Installer un client Twitter vous permettant d’être connecté toute la journée sur votre ordinateur de travail sera logiquement nécessaire. Mais c’est un premier pas vers la rituelle vérification des nouveaux tweets, l’addiction et donc la procrastination. Attention à ne pas perdre trop de temps sur un outil qui n’aura que des intérêts secondaires, surtout si votre travail n’est pas d’occuper l’espace sur les réseaux sociaux.
Partons du principe que votre présence est établie. La première partie du travail a été faite, il vous restera à trier les candidatures reçues par ce biais. Vous n’en êtes donc qu’au début du processus, sans garantie de retour quantificatif ou qualitatif suffisant pour recruter.
Des profils limités
Vous avez du temps disponible et vous êtes prêt à investir les réseaux sociaux de manière durable ? Très bien. Reste à savoir si les profils que vous recherchez sont présents sur Twitter. Le nombre d’inscrits sur Twitter en France est très faible, aux alentours de 200 000 selon les dernières estimations. En sachant que les utilisateurs ne sont pas forcément actifs et qu’il n’est pas sûr que vous puissiez les atteindre avec votre réseau. Twitter fonctionnant en temps réel, votre offre aura une durée de vie limitée. Dans le meilleur des cas, quelques milliers de personnes y auront eu accès. Mais combien ont le profil pour y répondre ?
Les profils rencontrés sur Twitter sont assez peu variés. On y trouve beaucoup de blogueurs, de journalistes, d’entreprises ou de profils orientés web. Si vous cherchez un Community manager, nul doute que Twitter sera le meilleur endroit pour chercher. Si vous cherchez un commercial, bon courage. Twitter n’est pas grand public, vous risquez d’avoir beaucoup de mal à attirer des profils autres que informatique/web. Beaucoup d’efforts pour peu de résultats donc.
Il est également possible de sourcer des candidats potentiels en utilisant divers moteurs de recherche avancés : recherche dans les bios, dans les statuts… Cela sera plus rapide, mais reste la question de la pertinence des résultats. Difficile d’évaluer un profil uniquement sur son compte Twitter. Vous devrez donc faire des recherches complémentaires, vous renseigner sur le candidat, sans garantie qu’il soit ouvert aux opportunités ou géographiquement proche du lieu de travail. Le sourcing sur Twitter, à part sur certains postes précis, risque d’être compliqué.
Marque employeur ou réel recrutement ?
La présence du service RH d’une entreprise sur Twitter relève finalement plus du domaine de la marque employeur que du réel recrutement. Vous participez de cette manière à la construction d’une présence en ligne en étant présent là où les candidats le sont. Cela passe par Twitter mais aussi par d’autres sites. Les avantages en la matière peuvent être plus nombreux : dialogue direct avec des éditeurs de sites et des journalistes, relai des contenus proposés par l’entreprise, de ses actualités… Et bien sûr information aux candidats, permettant de rendre l’entreprise plus attractive et les candidatures plus qualifiées.

En conclusion, Twitter pour le recrutement, c’est inutile ? Pas exactement. Cela peut très bien fonctionner sur des profils web. Le bouche-à-oreilles peut également être parfois efficace sur d’autres types d’annonces. Et surtout, les résultats concerneront votre marque employeur. Construire une identité en ligne peut passer par Twitter. Mais dans ce cas, il faut être présent sur d’autres supports, notamment via un site recrutement ou un blog RH. L’outil est à prendre dans un contexte global et à ne pas isoler.
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