Non, l’IA n’a pas cassé le SEO : 8 conseils concrets pour s’adapter

Carolyn Shelby, experte SEO chez Yoast, a présenté à SMX Paris 8 recommandations concrètes pour adapter sa stratégie SEO aux systèmes de recherche pilotés par l’IA.

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Carolyn Shelby (Yoast) dévoile ses 8 pistes pour réadapter son SEO à l'ère de l'IA. © Nuthawut - stock.adobe.com

Les systèmes d’IA ne classent pas des pages. Ils sélectionnent des fragments d’information pour construire leurs réponses. Ce changement de mécanique redistribue les cartes du SEO. Être bien positionné dans Google reste un prérequis, mais ne garantit plus d’être cité dans les réponses générées par les LLM. Lors de SMX Paris 2026, Carolyn Shelby, experte SEO chez Yoast, a détaillé huit recommandations concrètes pour adapter sa stratégie à cette nouvelle donne.

Structurer le contenu pour qu’il puisse être extrait par les systèmes d’IA

1. Écrire pour être extrait, pas seulement pour être classé

Le classement dans Google reste un prérequis, mais il ne suffit plus. Les systèmes d’IA ne reprennent pas des pages entières, ils sélectionnent des fragments (paragraphes, listes, définitions) pour construire leurs réponses. « La règle générale est la suivante : si votre contenu ne peut pas être extrait, il ne sera pas cité. Vous pouvez être premier, vous pouvez être deuxième. Si votre contenu ne peut pas être extrait, il ne sera pas utilisé et vous serez invisible », a martelé Carolyn Shelby. Ce ne sont plus des pages qui se font concurrence, mais des fragments de pages.

2. Un seul sujet par paragraphe

Les LLM découpent les pages en segments et évaluent chacun séparément. Un paragraphe qui tente d’expliquer, de convaincre et de répondre à une question en même temps dilue le signal. « Un seul maître par paragraphe. N’essayez pas d’en faire trop avec l’espace dont vous disposez », recommande la spécialiste. Et de rappeler la mécanique sous-jacente : « Les machines réduisent tout notre texte en chiffres. Ce sont des problèmes mathématiques. Et la manière de gagner, c’est d’avoir le meilleur score. »

3. Rendre le contenu techniquement accessible aux LLM

Le rendu JavaScript côté client et les contenus placés derrière un paywall ou un formulaire de connexion sont invisibles pour les LLM. « Personne ne veut dépenser la puissance de calcul pour traduire ce JavaScript », a prévenu Carolyn Shelby, en ciblant notamment les sites de mode et de luxe. Pour les entreprises tech tentées de bloquer l’accès à leur documentation, l’avertissement est direct : « Si vous ne fournissez pas cette information, les LLM l’obtiendront quelque part. Et ce quelque part, ce sera Reddit ou Stack Overflow. Si vous voulez que des utilisateurs de Reddit répondent à vos questions de support technique, c’est votre choix. »

4. Ne pas compter sur le schema.org pour les LLM

Contrairement à une idée répandue dans la communauté SEO, les LLM ne lisent pas les données structurées (schema.org). « Si quelqu’un vous dit que les LLM peuvent lire le schema, il vous ment. Ils ne veulent pas le faire. Ça leur coûte du temps et de l’argent. Ils s’en fichent », a affirmé Carolyn Shelby, assumant le caractère polémique de cette position. Ce qui compte pour les LLM, c’est la structure visuelle du contenu : les titres courts sont interprétés comme des headings, la hiérarchie est déduite de la position dans la page, pas des balises HTML.

Construire l’autorité et contrôler le récit de marque

5. Devenir la source primaire

Les systèmes d’IA privilégient les sources first-party, comme la documentation officielle, la recherche originale, les informations publiées directement par l’entreprise concernée. « Les systèmes choisiront la source qui crée le moins de risque de se tromper », a résumé Carolyn Shelby. Elle a illustré le risque avec l’exemple d’une publicité Chanel aperçue à l’aéroport Charles-de-Gaulle, qui affichait simplement « J’ai deux Chanel » sans aucune description du produit. « Si Chanel ne fournit pas de description structurée de sa montre, le LLM ira la chercher chez Bob’s Watch Shop. Si la marque veut contrôler le récit, elle doit fournir du contenu structuré sur son propre site. »

6. Répéter le même message partout

La cohérence du message sur l’ensemble des canaux renforce la confiance des systèmes d’IA. Carolyn Shelby a pris l’exemple de Disney, dont les LLM reprennent systématiquement la formule « expérience magique » : « Pourquoi le LLM dirait-il que Disneyland Paris est une expérience magique ? Parce que Disney le dit partout : sur son site, dans ses publicités, dans ses textes, sur ses panneaux d’affichage. Vous aussi, vous devez avoir cette discipline. Votre message doit être répété de la même façon partout où un utilisateur pourrait le voir, car tous ces signaux sont une validation pour les moteurs de recherche et les LLM. »

7. Investir dans la vidéo YouTube, surtout pour Gemini

Google, via Alphabet, a accès aux transcriptions de toutes les vidéos YouTube, ce qui en fait une source d’information directe pour Gemini. « Si vous ne faites pas de vidéos en ce moment, vous devriez vraiment y réfléchir, parce que la transcription va être utilisée comme source d’information potentielle. Ce ne sont que des fragments. Peu importe que ce ne soit pas une page web », a détaillé Carolyn Shelby. Et d’ajouter, pragmatique : « Tout revient à l’argent. Google gagne plus quand vous regardez des vidéos, donc il va pousser des vidéos après chaque question posée par l’utilisateur. »

8. Combler les trous d’information pour limiter les hallucinations

Les hallucinations des LLM ne sont pas des bugs aléatoires : elles surviennent quand l’information disponible est incomplète. « Les LLM n’inventent pas des choses parce qu’ils s’amusent. Ils inventent parce qu’ils n’ont pas assez d’information. C’est comme votre mémoire : quand il y a des trous, votre cerveau les remplit pour créer un récit complet. C’est tout ce que font les LLM », a expliqué Carolyn Shelby. La parade : fournir aux systèmes toutes les données dont ils ont besoin, dans un format qu’ils peuvent exploiter directement. La capacité d’un contenu à être sélectionné par les LLM dépend directement de sa clarté, de sa structure et de sa complétude.

En conclusion, Carolyn Shelby a résumé l’enjeu en une phrase : « L’IA n’a pas cassé le SEO. L’IA a simplement révélé ce que le SEO était toujours censé être. Pas des astuces, pas des failles, pas des usines à pages. Le SEO a toujours été censé rendre le savoir compréhensible, fiable et trouvable. »

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