IA : 10 chiffres à retenir de l’étude ATLAS de Google

Google dévoile les résultats de sa première étude ATLAS, qui analyse des millions de conversations pour comprendre comment l’IA s’installe au travail et au quotidien.

Google Atlas Données
Les loisirs et la détente représentent 30,6 % des conversations Gemini. © Google

Google vient de publier l’étude AI & Economy Atlas, un programme de recherche destiné à mesurer comment l’intelligence artificielle se diffuse dans l’économie, au travail comme dans la vie quotidienne. Cette première édition s’appuie sur 15 millions d’interactions anonymisées avec Gemini, l’application Google AI Mode et l’API Gemini, collectées entre le 6 et le 19 avril 2026, et couvre plus de 800 métiers, 4 000 tâches, 150 pays et 140 langues. On vous présente les principaux enseignements !

L’IA n’automatise pas les métiers en col blanc

L’étude ATLAS tente de contredire l’idée selon laquelle l’IA automatiserait les métiers de bureau. Dans le monde professionnel, l’adoption de Gemini touche 68 % des métiers, soit l’équivalent de 90 % de l’emploi total aux États-Unis. Au sein d’un même poste, l’IA n’est pourtant utilisée en moyenne que pour 21 % des tâches : une adoption large, mais concentrée sur certaines missions routinières.

L’essentiel des usages professionnels relève de la collaboration (idéation, stratégie, recherche d’information) plutôt que de la substitution. Moins de 10 % des interactions visent une automatisation complète d’une tâche et les tâches cognitives non routinières pèsent 65 % des interactions professionnelles, contre 35 % de leur poids réel dans l’économie.

Les métiers de bureau restent néanmoins les plus exposés. Parmi les catégories surreprésentées, Google cite notamment les analystes financiers, les développeurs de logiciels ou encore les administrateurs de réseaux et de systèmes informatiques. À l’inverse, les aides à domicile, employés de restauration rapide et de comptoir et caissiers n’ont presque aucun usage de l’IA. Néanmoins, l’étude révèle que l’usage de l’IA dépasse les métiers de bureau, avec des usages souvent différents dans les métiers manuels. « Bien que près d’un tiers des métiers fortement physiques ne montrent aucun usage observé de l’IA, les travailleurs de nombreux métiers manuels et techniques utilisent l’IA au quotidien », écrit Google.

Dans ces métiers, l’IA agit souvent comme un collaborateur concret pour le diagnostic, le dépannage et l’apprentissage en temps réel. On observe également un usage disproportionné de l’IA multimodale dans ces contextes. Par exemple, les techniciens automobiles et les mécaniciens industriels utilisent l’IA pour interpréter des résultats de tests complexes, déboguer un câblage électrique et inspecter des machines pour détecter l’usure.

Usage IA Google Atlas Metiers
Les métiers de bureau restent surreprésentés, mais les métiers manuels se sont davantage emparés de l’IA multimodale. © Google

L’IA : accélérateur d’inégalités ?

Si l’usage de l’IA au travail est largement étudié, Google rappelle que plus de 86 % des interactions avec les outils IA de Google ont lieu hors du cadre professionnel, sur des activités domestiques et administratives qui passent souvent sous les radars des statistiques économiques classiques. Cette valeur cachée reste toutefois chiffrable : selon les hypothèses retenues et citées dans le rapport, elle représenterait jusqu’à 149 milliards de dollars par an aux États-Unis, un potentiel économique qui n’apparaît nulle part dans le PIB.

Mais l’IA semble se concentrer chez ceux qui ont le plus de moyens. Une hausse de 1 % du salaire médian d’un métier est associée à 2,5 % d’usage de l’IA en plus. Ainsi, le salaire médian des utilisateurs de Gemini aux États-Unis est de 82 919 $, contre 62 252 $ dans la population active.

La fracture s’observe aussi à l’échelle mondiale, et elle suit la richesse des pays : une hausse de 1 % du PIB par habitant est associée à une hausse de 0,9 % de l’usage de l’IA par habitant. Concrètement, les 20 % de pays où l’IA est la plus utilisée ne rassemblent que 11 % de la population mondiale, mais génèrent 30 % de toutes les conversations. À l’inverse, les 20 % de pays où elle est la moins utilisée rassemblent 17 % de la population mondiale, mais ne représentent que 2 % des conversations.

IA Inegalites Google
Plus on est riche, plus on utilise l’IA. © Google

Étude ATLAS : 10 chiffres à retenir

Le rapport complet contient plusieurs centaines de pages de données. Voici 10 chiffres clés à retenir :

  1. L’anglais ne représente qu’environ un tiers des conversations mondiales.
  2. Les métiers de la création (design, médias, divertissement) pèsent 70 % de plus dans les usages de l’IA des pays non membres de l’OCDE (15,9 %) que dans ceux des pays membres (9,4 %).
  3. Seuls 3 % des métiers affichent un usage de l’IA sur plus de 75 % de leurs tâches, notamment l’assurance qualité logicielle, les ressources humaines et la gestion documentaire.
  4. Près de la moitié des consultations IA liées à la santé, au droit, à la finance ou aux services publics ont lieu en dehors des horaires de bureau.
  5. Dans 29 % des métiers, aucune tâche n’atteint un seuil d’usage significatif de l’IA. C’est notamment le cas chez les enseignants spécialisés et les sages-femmes.
  6. Les conversations professionnelles avec l’IA sont environ deux fois plus susceptibles d’inclure une image ou une vidéo générée dans les pays non membres de l’OCDE que dans les pays membres.
  7. La part de conversations menées dans une langue autre que la langue maternelle est presque identique au travail (26 %) et en dehors (24 %).
  8. Les conversations professionnelles avec l’IA comptent en moyenne 35 % d’échanges de plus au Moyen-Orient que dans le reste du monde, ce qui en fait la région où l’engagement est le plus poussé.
  9. Malgré leur poids parmi les diplômés STEM dans le monde, l’Inde et la Russie se classent parmi les pays où l’adoption de l’IA reste la plus faible.
  10. Les tâches cognitives qui demandent le moins d’expertise sont, proportionnellement, plus représentées dans l’usage de l’IA que celles qui en demandent le plus : leur indice de représentation atteint 2,6, contre 1,6 à 1,8 pour les niveaux d’expertise supérieurs.
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