Fake news, haine, violence : ce que voient vraiment les Français sur les réseaux sociaux

Le baromètre du numérique publié par le CRÉDOC revient sur les usages des réseaux sociaux par les Français. Une utilisation massive, « non dénuée de risques », selon l’organisme.

Credoc Reseaux sociaux 2026
Plus de la moitié des répondants affirme être régulièrement exposée aux fake news. © CRÉDOC

Comme tous les ans, le CRÉDOC publie son Baromètre du numérique, qui s’intéresse au rapport des Français avec le numérique. L’enquête repose sur un échantillon représentatif de 4 145 personnes âgées de 12 ans et plus, interrogées en 2025 selon différents modes de recueil afin d’inclure l’ensemble des profils d’usagers.

Pour l’édition 2026, le dossier revient de manière détaillée sur les usages relatifs à l’IA et aux réseaux sociaux. Sur ce dernier volet, le CRÉDOC met en évidence une forte exposition des usagers aux contenus dangereux et des mécanismes de protection encore perfectibles.

Près de la moitié des internautes utilise les réseaux sociaux

46 % des Français consultent chaque jour les réseaux sociaux. Une proportion importante mais stable par rapport à 2024. Parmi les Français présents sur les plateformes, un tiers indique être « très actif » (publie ou commente des publications quotidiennement). À l’inverse, 13 % se contentent de consulter les contenus sans jamais interagir et 6 % disposent d’un compte mais sont totalement inactifs. Ainsi, la moitié des utilisateurs (49 %) se trouve dans une zone d’entre-deux, avec des publications et commentaires rares.

Sur le plan sociologique, le CRÉDOC note un usage marqué par les critères de revenus et d’âge. Ainsi, les personnes à faibles revenus et les plus jeunes (moins de 40 ans) ont tendance à publier davantage sur les réseaux sociaux. Corrélation n’impliquant pas causalité, on peut légitimement supposer que les deux critères sont liés.

Une forte exposition aux contenus inappropriés

« Près de deux tiers des utilisateurs de plateformes en ligne ont été exposés à des contenus inappropriés ou inadaptés », relève le rapport. Les jeunes de 18 à 24 ans sont les plus exposés à ce type de publication (près d’un répondant sur 10 de cette catégorie d’âge), devant les 25 / 39 ans (78 %). De leur côté, les hommes sont plus confrontés que les femmes aux fausses informations, aux contenus pornographiques et aux propos injurieux ou haineux.

Le niveau global d’exposition à des contenus inappropriés apparaît, logiquement, corrélé à l’intensité des usages : ainsi, 80 % des personnes très actives sur les réseaux sociaux ont déjà été exposées à au moins un contenu problématiqu, contre seulement 46 % de ceux qui se limitent à lire les contenus d’autrui, note par ailleurs le CRÉDOC.

Ci-dessous, la liste des contenus inappropriés les plus visibles sur les réseaux sociaux (voir image de une) :

  • Les contenus relayant des contre-vérités, des fausses informations : 52 % des répondants indiquent être exposés à ce type de contenu « souvent » ou « de temps en temps ».
  • Les contenus injurieux (insultes, vocables grossiers) : 38 %
  • Les contenus haineux ou discriminatoires (racisme, homophobie, misogynie) : 35 %
  • Les contenus violents (bagarres, agressions, crimes, torture…) : 34 %
  • Les contenus pornographiques ou sexuellement explicites : 31 %
  • Les contenus montrant de la maltraitance ou de la cruauté : 31 %
  • Les contenus liés aux troubles alimentaires : 31 %
  • Les contenus liés au suicide, à l’automutilation : 19 %

Contenus dangereux : une protection mitigée des plateformes

Les dispositifs de signalement sont, eux aussi, utilisés par 45 % des répondants. Parmi les catégories les plus à même de recourir à ces dispositifs, on retrouve les jeunes de 18 à 24 ans (81 %) et les diplômés du supérieur (60 %). Mais sont-ils jugés efficaces ? Sur ce point, deux dimensions sont à considérer.

Le CRÉDOC affirme que « les dispositifs de signalement de comptes ou contenus inappropriés mis en place par les réseaux sociaux et les plateformes de partage de vidéos bénéficient a priori d’une bonne image » : ils sont jugés faciles à trouver (82 %), à comprendre (78 %), et à utiliser (81 %).

Mais la difficulté réside dans le suivi des signalements. 3 utilisateurs ayant déjà signalé sur 10 (29 %) déclarent ainsi n’avoir jamais été informés des suites données. Plus largement, l’efficacité perçue de ces dispositifs reste limitée : 38 % des utilisateurs n’ont jamais constaté la suppression des comptes ou contenus signalés, tandis que seuls 18 % estiment que cette suppression est systématique.

Les usagers les plus actifs sur les réseaux sociaux sont davantage susceptibles d’observer une modération effective : 57 % d’entre eux déclarent avoir vu des contenus supprimés, dont 26 % de manière systématique. L’issue des signalements varie également selon la nature des contenus. Les propos haineux, discriminatoires ou les fausses informations donnent moins souvent lieu à une suppression, à l’inverse des contenus liés aux troubles alimentaires ou au suicide et à l’automutilation, plus fréquemment retirés.

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