Évaluation des collaborateurs : au-delà de l’examen, un outil de montée en compétence

Trop souvent réduite à un contrôle de connaissances, l’évaluation peut devenir un véritable outil de pilotage RH. Patrice Bertrand, fondateur d’Experquiz, explique comment en tirer parti.

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Se tester améliore la rétention de connaissances. © alexdndz - stock.adobe.com

L’évaluation a parfois mauvaise réputation en entreprise. On l’associe trop souvent à un examen, un contrôle sanctionnant plus qu’un outil qui fait progresser. Il s’agit pourtant d’un des leviers les plus concrets pour piloter la montée en compétence des équipes. Patrice Bertrand, fondateur d’Experquiz, revient sur ce que cet outil permet réellement.

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À quoi sert vraiment l’évaluation en entreprise ?

Pour beaucoup, l’héritage du système scolaire a amené à percevoir l’évaluation comme une punition plutôt que comme un outil au service de la progression. Ses atouts sont pourtant nombreux. Elle permet de cartographier ce que les équipes savent réellement, de diagnostiquer les besoins de formation, de valider des pré-requis avant une prise de poste, de confirmer ces acquis après une formation, ou encore de certifier une compétence. Deux logiques cohabitent ici, l’une formative, qui accompagne la progression au fil de l’eau, l’autre sommative ou certificative, qui valide un niveau à un instant donné.

L’évaluation joue aussi un rôle d’outil d’apprentissage à part entière, au même titre qu’un module de formation. Cette dimension est souvent sous-estimée.
Patrice Bertrand

Patrice Bertrand

Directeur associé, Experquiz

Ce rôle prend tout son sens sur les connaissances du quotidien, qui constituent souvent un angle mort de la formation classique. Ces compétences, supposément acquises et qui interviennent en permanence dans un métier « sont parfois mal maîtrisées par les collaborateurs, alors même qu’elles ont un impact signification sur la façon dont ils exercent leur mission », explique Patrice Bertrand. Mais la formation peine à les couvrir, faute de les considérer comme prioritaires.

Le test : un outil d'apprentissage

En 2011, les chercheurs Jeffrey D. Karpicke et Janell R. Blunt ont publié une étude éloquente dans la revue Science. Des étudiants ayant simplement relu un texte ont été comparés à d’autres ayant dû restituer leurs connaissances par un test. Une semaine plus tard, ceux qui s’étaient testés retenaient près de 50 % de plus que les autres.

De l’évaluation ponctuelle au référentiel de compétences

Une évaluation isolée reste donc un instantané. Pour Patrice Bertrand, son intérêt se démultiplie quand elle s’inscrit dans un référentiel de compétences. Selon le résultat obtenu, un test peut valider une capacité ou une compétence précise, qui vient à son tour mettre à jour le profil du collaborateur. Des scénarios d’évaluation permettent de dérouler une suite de points de contrôle, chacun validant une capacité, jusqu’à faire évoluer un véritable livret de compétences.

Ce dispositif peut combiner trois angles : l’auto-évaluation du collaborateur, l’évaluation par le manager ou un évaluateur désigné, et une phase de consolidation qui arbitre entre les deux. Patrice Bertrand y voit un apport direct pour la fonction RH : « Ce qui change, c’est qu’on passe d’un ressenti sur les compétences d’une équipe à un processus structuré, objectif et traçable. » Autre avantage perceptible : l’évaluation étant banalisée et pleinement intégrée aux process, elle se révèle moins anxiogène que des tests ponctuels.

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Quand l’IA transforme l’évaluation en conversation

L’intelligence artificielle a d’abord changé la conception des évaluations : générer un questionnaire à partir d’un corpus documentaire, corriger une réponse rédigée avec un retour argumenté plutôt qu’un simple juste ou faux, croiser des résultats pour repérer les points de blocage récurrents. Ces usages, déjà répandus, ouvrent la voie à un format plus novateur, où l’évaluation elle-même devient un dialogue.

Chez Experquiz, cette approche prend la forme d’un agent conversationnel. Celui-ci  pose des questions à l’apprenant, analyse ses réponses et distingue ce qui est correct, incomplet ou erroné, avant d’enchaîner sur une nouvelle question adaptée à son niveau. L’apprenant peut demander des précisions ou revenir sur une notion, dans un échange qui se rapproche d’une discussion avec un formateur plutôt que d’un test classique.

Cette conversation peut aussi se dérouler entièrement à l’oral, avec des questions énoncées et réponses formulées à voix haute. Ce mode audio offre accès à des usages spécifiques, comme l’évaluation orale d’une langue étrangère ou l’accès à des publics en difficulté avec la lecture ou l’écriture, tout en permettant un rythme d’échange plus soutenu. Reste une limite assumée par Patrice Bertrand : ce format se prête bien à l’apprentissage et à la révision, moins à la mesure formelle.

Pour certifier des connaissances, les tests structurés restent plus fiables et plus comparables d’un candidat à l’autre. L’évaluation conversationnelle complète les formats traditionnels mais ne les remplace pas.
Patrice Bertrand

Patrice Bertrand

Directeur associé, Experquiz

Experquiz : un LMS complet pour piloter les compétences

Au-delà du test ou du quiz, Experquiz fonctionne comme un LMS à part entière : création et déploiement de modules e-learning, intégration ou production de Scorm, génération de parcours de formation. La plateforme couvre l’ensemble du cycle de gestion des compétences, du référentiel à la traçabilité, en passant par l’évaluation par scénarios et l’auto-évaluation. Elle prend aussi en charge l’évaluation de la formation elle-même, via des enquêtes de satisfaction planifiées dont les résultats sont consolidés et analysés.

Cette approche a déjà été adoptée par de grands groupes comme Storengy, Elengy, GRDF, Natran, la SNCF ou la Coopérative U, chacun pour sécuriser ou moderniser l’évaluation de ses équipes. « Ce qui revient dans tous ces cas, c’est le passage d’une évaluation ponctuelle à un dispositif continu, intégré à la gestion des compétences de l’entreprise. C’est ce suivi dans la durée qui fait la différence », précise Patrice Bertrand.

bioMérieux : évaluer pour développer, pas pour sanctionner

L’entreprise bioMérieux forme des techniciens qui installent, maintiennent et dépannent seuls, chez ses clients, des systèmes de diagnostic médical. Son LMS classique ne permettait pas d’aller assez loin dans l’analyse des compétences. Avec Experquiz, bioMérieux a construit des questionnaires qui distinguent les niveaux de connaissance selon les populations, avec un objectif assumé dès le départ : ne pas se contenter d’un score, mais identifier précisément dans quelles activités chaque collaborateur est à l’aise et où il a besoin d’être accompagné.

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Patrice Bertrand, Directeur associé, Experquiz

Fort de plus de 20 ans l’expérience dans le numérique, Patrice Bertrand a fondé Experquiz. La solution donne aux entreprises des outils simples et puissants au service de la formation et de l’évaluation.

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