94 % des étudiants français ont déjà utilisé l’IA : entre usage massif et dérives inquiétantes

Selon une étude Ipsos pour l’EPITA, l’IA générative est devenue incontournable pour les étudiants français. Mais certains usages soulèvent aussi des questions.

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L'adoption de l'IA par les étudiants français a été fulgurante. © Ipsos bva/Epita

L’IA générative s’est installée dans le quotidien des étudiants français. C’est ce que révèle l’Observatoire des usages de l’IA par les étudiants, une étude réalisée par Ipsos pour l’EPITA auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 étudiants de l’enseignement supérieur, interrogés du 2 au 18 janvier 2026.

Si 77 % des sondés se déclarent intéressés par le sujet de l’IA, c’est surtout la comparaison avec les salariés du privé qui frappe. Les étudiants utilisent ces outils bien plus fréquemment, que ce soit dans leur vie personnelle (65 % au moins une fois par semaine, contre 48 % chez les salariés) ou dans un cadre académique ou professionnel (75 % contre 42 %).

Un usage massif, devenu difficile à contourner

L’IA générative fait désormais partie intégrante de la vie étudiante. 94 % des sondés déclarent y avoir déjà eu recours, et 48 % l’utilisent quotidiennement, que ce soit pour leurs études ou dans leur vie personnelle. Dans le cadre académique, les usages les plus répandus concernent la compréhension de concepts difficiles (56 %), la préparation des révisions (51 %), l’approfondissement de sujets de recherche (50 %) ou encore la reformulation de textes (49 %).

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Révision et explication représentent les principaux usages de l’IA par les étudiants français. © Ipsos bva/Epita

Dans la sphère personnelle, les étudiants mobilisent également ces outils pour rédiger des CV et lettres de motivation (39 %), améliorer des textes (38 %) ou se renseigner sur des sujets complexes (34 %). Signe de l’ancrage de ces pratiques, parmi les utilisateurs et utilisatrices, 47 % affirment qu’il leur serait difficile de se passer de l’IA pour leurs études. Ce chiffre grimpe à 81 % chez les étudiants en école d’ingénieur, compile l’enquête.

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Tâche fastidieuse mais inévitable, la création de CV et de lettres de motivation est désormais déléguée à l’IA. © Ipsos bva/Epita

La triche à l’IA, une pratique répandue ?

L’étude met en lumière des usages potentiellement problématiques. 40 % des étudiants reconnaissent avoir utilisé l’IA pour « générer tout ou partie d’un devoir ». Parmi eux, 64 % l’ont fait pour un travail noté alors que ce n’était pas autorisé : 54 % pour un devoir à la maison, 35 % pour un travail en classe. Plus globalement, 47 % des sondés admettent s’être aidés de l’IA pour des exercices même quand cela leur était explicitement interdit.

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De nombreux étudiants s’appuient sur l’IA pour générer des devoirs notés. © Ipsos bva/Epita

Ces pratiques varient selon les filières. Les étudiants d’IUT (66 %) et d’école de commerce (65 %) sont les plus nombreux à reconnaître ces usages non autorisés, contre 43 % des étudiants en école d’ingénieur. L’étude souligne par ailleurs des lacunes dans la maîtrise des enjeux critiques : seuls 46 % des utilisateurs savent paramétrer la confidentialité de leurs données, et 55 % connaissent les biais inhérents aux modèles qu’ils utilisent. Au total, « 81 % se disent mal informés sur au moins un enjeu cité, et 56 % sur au moins la moitié des enjeux cités ».

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Malgré un usage important, la plupart des étudiants se dit mal informée sur l’IA. © Ipsos bva/Epita

Des craintes pour l’avenir professionnel

Au-delà des usages, l’étude révèle une ambivalence face à l’IA. Si 83 % des étudiants la jugent performante et 59 % la considèrent comme bénéfique pour l’humanité, ils sont nettement moins convaincus sur les questions d’éthique (38 %), de sécurité (39 %) ou de transparence (40 %). Leurs principales préoccupations concernent la baisse des capacités de réflexion (28 %), la manipulation de l’information et les deepfakes (28 %), ainsi que le remplacement de certains emplois (26 %).

Les étudiants voient dans l’IA un outil performant capable d’accélérer les avancées scientifiques, mais expriment aussi des craintes liées à son développement.

Cette dernière inquiétude se traduit concrètement : 59 % des étudiants estiment que l’IA pourrait menacer l’existence de leur futur métier. La crainte est particulièrement marquée chez les étudiants d’IUT (74 %) et d’école de commerce (72 %), contre 47 % en médecine. Face à ces enjeux, les sondés attendent une mobilisation des acteurs institutionnels. 65 % estiment que les pouvoirs publics doivent agir pour protéger les jeunes, et 62 % comptent sur les enseignants pour jouer ce rôle d’accompagnement.

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Des étudiants bientôt moins rigoureux et créatifs à cause de l’IA ? © Ipsos bva/Epita
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