Communication digitale : quand la pratique est au cœur de l’apprentissage, l’exemple d’Esupcom
Mises en situation professionnelles, workshops immersifs, études de cas réels… Comment les écoles transforment leur approche pédagogique pour répondre aux besoins du secteur ? Décryptage avec Pascal Toth, directeur de l’école Esupcom.
Les défis à relever pour les futurs professionnels de la communication digitale
Alors que le secteur de la communication digitale est en profonde mutation, marqué par la démocratisation rapide de l’IA, la domination des réseaux sociaux, des formats courts ou encore de la concentration des plateformes (Google, Meta, TikTok, Snapchat, LinkedIn…), les futurs professionnels doivent s’adapter à des usages et des modes de consommation qui ne cessent d’évoluer. « Un nouvel outil sort tous les jours, l’idée est de coller parfaitement aux besoins des professionnels et de s’en inspirer, explique Pascal Toth, directeur de l’école Esupcom. Nos intervenants exercent leur activité sur le terrain. Ils nous aident dans l’élaboration de nos programmes et dans les cours pour employer les bons outils, au bon endroit, au bon moment, et surtout à éliminer tous ceux qui sont obsolètes. » L’objectif : former les étudiants pour qu’ils répondent aux besoins et aux défis des entreprises, tout en gardant une vision sur le long terme, grâce à une veille technologique et sectorielle sur l’ensemble des enseignements proposés en communication digitale.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle générative ces dernières années, les pratiques des communicants ont elles aussi été bouleversées. « Je ne dirais pas que cela facilite le métier, mais l’IA nous aide à aller plus loin dans la créativité », souligne le directeur. Des plateformes telles que ChatGPT, Gemini, Claude ou Perplexity permettent aux futurs talents de leur apporter de nouvelles idées, mais ces derniers doivent garder en tête que ces solutions restent des assistants. Le risque : aboutir à une réflexion humaine qui sera de plus en plus stéréotypée.
La créativité, c’est nous qui devons l’apporter, pour faire la différence sur un appel d’offres ou un cas de communication. L’IA nous permet d’être plus créatifs, mais à condition de savoir comment l’utiliser, souligne Pascal Toth.
C’est ce que recherchent les entreprises : de « l’hyperopérationnel », c’est-à-dire des étudiants capables d’être productifs tout de suite, même dès la première année, et dotés de connaissances en informatique, dans le digital, et qui puissent mettre en pratique l’IA dans leurs stratégies de communication digitale. « Pourquoi ? Parce que les entreprises sont aujourd’hui dirigées par des profils quadras voire quinquas, qui n’ont pas toujours été baignés dans l’outil digital. Ils ont besoin d’avoir une nouvelle vision de l’utilisation de ces outils par une génération qui baigne dedans depuis son enfance. » L’enseignement des bases théoriques reste indispensable : il faut savoir pourquoi on utilise les outils du digital et bien comprendre l’ensemble du processus pour les maîtriser.
Sinon, l’IA fera toujours mieux que nous. L’IA est un outil, pas une fin en soi. C’est ce que nous rappelons dans nos programmes à Esupcom.
La pédagogie par projet, une méthode pour devenir rapidement opérationnel et répondre aux besoins des entreprises
En misant sur la pratique, les étudiants sont placés dans les meilleures conditions pour booster leur employabilité auprès des entreprises. Concrètement, cette méthode pédagogique efficace consiste à appliquer des connaissances apprises en cours à travers des mises en situations réelles, des workshops immersifs ou encore des études de cas concrets, pour développer des compétences immédiatement opérationnelles lors d’un stage, d’une alternance ou d’un premier contrat. « En produisant du contenu dans le cadre d’un projet réel, les étudiants deviennent les acteurs de leur propre cursus. » Cette approche répond aux attentes du secteur en valorisant l’expérience pratique et la capacité des étudiants à s’adapter rapidement aux outils, mais aussi aux techniques d’un marché en constante évolution.
Des « projets totems » sont proposés tout au long du cursus en communication digitale d’Esupcom, parmi lesquels on retrouve « Les 24h de la crise », un exercice de communication de crise fictive destiné aux étudiants de 4e année. Il s’agit d’une mise en situation « non-stop », qui se déroule du jeudi midi au vendredi midi. Pendant vingt-quatre heures, les étudiants sont confrontés à une situation de crise en temps réel : community management, rédaction de discours, interviews, passages en plateau TV avec des médias créés pour l’occasion, etc. Ils doivent gérer la communication interne, externe, avec les médias, avec les autorités. Cette immersion complète se termine par une conférence de presse face à des étudiants en journalisme. Ce projet a d’ailleurs reçu le Grand Prix Or au concours Influencia en 2025, dans la catégorie « meilleur événement ou innovation pédagogique ».
En communication, la pratique est essentielle. Si l’on prend la communication de crise : on peut apprendre la stratégie, mais le jour où cela arrive, si on ne l’a jamais vécu, on ne saura jamais bien l’appréhender. En revanche, si on a recréé les conditions de stress, la mise en situation, la pression, on sera plus opérationnel une fois confronté au problème dans un cadre professionnel, souligne le directeur de l’école.
Autre nouveauté mise en place par Esupcom pour la rentrée de janvier 2026 : le « Time Attack ». Durant cinq jours, les étudiants vont devoir répondre à trois briefs, sans savoir lequel sera évalué à la fin de la semaine. Ils se mettent dans la peau d’un communicant en agence, avec un brief reçu le premier jour, un autre le lendemain matin, un troisième le jour d’après, tout en continuant à travailler sur les précédents.
Cette opération vise à répondre encore mieux aux attentes des agences, qui nous ont remonté leur besoin de profils davantage opérationnels, pour être en mesure de gérer plusieurs urgences en même temps, et respecter des délais très courts. Ce challenge est très intense, très exigeant, mais il correspond à la réalité du terrain.
Créer une expérience humaine et professionnelle, les ingrédients clés d’une formation ancrée dans le réel
Journaliste radio de profession, après avoir exercé pendant près de 30 ans à Radio France, Pascal Toth a rejoint la direction d’Esupcom en 2019. Son expérience lui a apporté une rigueur, une précision et une excellence professionnelle qu’il met au service de ses étudiants. « Quand on vérifie une information, elle doit être exacte, vérifiée, mise en forme. En communication, c’est pareil. Même quand on crée une expérience, on se doit d’être rigoureux. Je donne souvent cet exemple : organiser un événement de 40 000 personnes sans rigueur sur la sécurité, les contrats, les assurances, c’est finir en prison. Si une scène tombe, notre responsabilité est engagée. C’est la même chose en communication : si le ciblage est mauvais, même une campagne très jolie ne servira à rien. Je ne connais pas de réussite sans rigueur. »
Grâce à son exigence calquée sur les besoins réels et les attentes du monde professionnel, le directeur d’Esupcom s’attache à créer une véritable expérience pour ses étudiants, au sein des cinq campus situés à Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Paris et Reims. « On est encore dans une période post-Covid, avec du repli sur soi et beaucoup de distanciel. Aujourd’hui, venir chez nous, c’est vivre quelque chose : des événements, des rencontres, des collaborations avec d’autres écoles, avec des entreprises, des moments forts, des moments humains, et du bien-être étudiant. » L’expérience étudiante est ainsi au cœur du parcours proposé aux 1 500 apprenants tout au long de l’année.
En communication, les étudiants vont créer les expériences de demain, donc autant qu’ils les vivent eux-mêmes. Chez Esupcom, on vit une expérience. Une expérience pédagogique, professionnelle et humaine.
Avec une campagne de communication au ton décalé, l’école mise sur sa capacité à faire la différence. « On a choisi de mettre en avant des personnes âgées et heureuses sur la page d’accueil du site Internet de notre école, parce que j’aimerais que nos étudiants ressemblent à eux dans quarante ans : des personnes bien dans leur peau, épanouies et ayant vécu une belle vie professionnelle. »

Tourné vers l’avenir, le message du directeur est clair : « Le monde du travail commence dès l’école. L’expérience et le bien-être y sont essentiels. Alors, choisissez votre avenir avec votre cœur. On part pour quarante années de travail. L’école doit correspondre à votre schéma, faire partie intégrante de votre vie professionnelle. »
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