Étude : 72 % des designers ont adopté l’IA générative, avec des résultats positifs
Figma dévoile son rapport annuel sur l’état du design. Adoption massive de l’IA, importance du craft et liberté créative sont au cœur des préoccupations.
Figma dévoile les résultats de son enquête annuelle sur l’état de la profession de designer. Réalisée en partenariat avec le cabinet NewtonX, cette étude a interrogé 906 designers dans cinq grandes régions du monde entre septembre et octobre 2025. Le questionnaire explorait les sentiments des professionnels vis-à-vis du marché de l’emploi, de leur satisfaction au travail, des outils d’IA et de la notion de craft. Découvrez les trois enseignements majeurs qui émergent de cette radiographie du secteur.
L’IA générative, nouveau standard des workflows créatifs
L’intelligence artificielle générative s’est imposée dans les pratiques des designers. 72 % d’entre eux déclarent utiliser ces outils dans leur travail quotidien et, parmi eux, 98 % affirment avoir intensifié leur usage au cours de l’année écoulée. Les craintes initiales concernant la qualité des productions assistées par IA ne se vérifient pas dans la pratique. En effet, selon l’étude de Figma, 91 % des utilisateurs estiment que ces outils améliorent la qualité de leurs créations, 89 % qu’ils les rendent plus rapides, et 80 % qu’ils facilitent la collaboration.

Cette adoption s’accompagne d’une évolution des compétences recherchées. L’utilisation de l’IA dans le processus de design arrive en deuxième position des skills les plus demandés (54 %), juste derrière le visual design (58 %). La conception de produits intégrant l’IA complète le podium (37 %), devançant des compétences traditionnelles comme le motion design (29 %).
Un paradoxe est notable. Si 25 % des designers expriment des inquiétudes quant à l’impact de l’IA sur l’emploi, ceux qui adoptent activement ces technologies se montrent nettement plus satisfaits. Les designers ayant augmenté leur usage de l’IA sont 25 % plus susceptibles de déclarer une hausse de leur satisfaction professionnelle que les sceptiques. À l’inverse, 40 % de ceux dont l’usage stagne considèrent que leur situation se dégrade, contre seulement 18 % des adopteurs.
Ces résultats pourraient refléter la manière dont les sceptiques de l’IA font face à des craintes non résolues, à la fois existentielles et pratiques. Expérimenter avec de nouveaux outils les rend moins intimidants, et les designers qui le font affichent une vision plus positive.
Le craft, facteur clé de satisfaction et de performance
Au-delà des outils, la notion de craft (le soin et l’attention portés au processus créatif) reste centrale dans l’expérience des designers. Sa définition varie selon les profils : 58 % l’associent au polish visuel et à l’attention aux détails, 47 % à la résolution de problèmes et à la pensée systémique, 36 % à la clarté de l’expérience utilisateur.

L’étude révèle une corrélation forte entre l’investissement des entreprises dans le craft et le bien-être des équipes. 45 % des designers indiquent que leur organisation a renforcé son focus sur l’excellence créative au cours de l’année. Parmi eux, 67 % se déclarent plus satisfaits dans leur travail, soit deux fois plus que ceux dont l’entreprise néglige cet aspect. L’implication du leadership joue un rôle déterminant, 60 % des designers dont les dirigeants s’intéressent activement à leur travail rapportent une hausse de leur satisfaction.
Plus de la moitié des designers ayant bénéficié de ces opportunités déclarent une satisfaction professionnelle accrue. La fierté, en ce sens, fonctionne à la fois comme un résultat des pratiques axées sur le craft et comme un indicateur avancé de l’engagement.
Cette attention au craft se répercute également sur la perception des performances business. Les designers dont l’entreprise valorise l’excellence créative sont plus enclins à estimer que leur société croît plus vite que la moyenne du secteur. L’IA et le craft apparaissent ainsi complémentaires, l’automatisation des tâches de surface libérant du temps pour le travail créatif à forte valeur ajoutée.
Une profession en transition, des réalités contrastées selon les régions
Les designers se montrent partagés sur l’état de leur profession. 36 % estiment qu’elle s’est améliorée au cours de l’année, 35 % qu’elle s’est dégradée et 29 % qu’elle est restée stable. Cette division reflète des réalités géographiques contrastées. Le Moyen-Orient, porté par l’essor de son économie numérique, affiche l’optimisme le plus marqué, avec une satisfaction qui y atteint 63 %, contre 38 % seulement en Amérique du Nord et en Europe. Ces deux dernières régions subissent de plein fouet les vagues de licenciements médiatisées dans la tech, avec respectivement 63 % et 59 % des répondants estimant que le marché de l’emploi s’est détérioré.

Au-delà des dynamiques régionales, un facteur de satisfaction fait l’unanimité : la liberté créative. Elle arrive en tête des attributs professionnels les plus importants, citée dans le top 3 par 48 % des designers, devant l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (47 %) et l’impact du travail (37 %). 87 % des répondants affirment que l’autonomie décisionnelle améliore leur performance. Ils réclament aussi des objectifs clairs, avec 91 % des sondés estimant que des attentes bien définies sont essentielles pour produire leur meilleur travail.
