NUMA, quelle suite après la levée de fonds ?

Suite de notre compte-rendu du web2day aujourd’hui, avec l’interview d’un des intervenants, Arnaud Chaigneau. Vice-Président en charge de la communication du NUMA, il se place dans l’actualité avec un passage important pour la structure parisienne, pionnière dans l’accompagnement des start-ups et le coworking. D’association, elle est passée au statut de SAS et procède à une levée de fonds pour s’étendre à l’international. Une opération de crowdfunding s’est terminée vendredi 5 juin et a permis de réunir plus d’un million d’euros. Quel avenir suite à ces changements ? Arnaud Chaigneau nous en dit plus.

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Si vous deviez présenter NUMA en quelques chiffres et dates…

Numa a été créé sous l’appellation Silicon Sentier en 2000. C’est une association qui a lancé le premier espace de coworking en France (la Cantine) en 2008 et le premier accélérateur de startups en 2011 (le Camping). L’ensemble, qui était éparpillé dans Paris (Palais Brongniart et Passage des Panoramas), s’est rassemblé en 2013 dans un lieu unique, le NUMA. En 2014, Silicon Sentier a changé de nom pour devenir NUMA.

Cette année, les choses vont encore plus loin, puisque tous les services deviennent brandés NUMA (le camping devient ainsi NUMA Sprint) et l’association devient une entreprise, avec une levée de fonds et une opération de crowdfunding qui s’est finie le 5 juin à minuit. L’idée est de développer 15 NUMA à l’international et d’accompagner 700 startups dans les prochaines années.

 

Pourquoi ce passage, et pourquoi maintenant ?

Aujourd’hui, et en partie grâce à nos actions, le soutien aux startups et à l’innovation est devenu un marché extrêmement concurrentiel. Les acteurs des secteurs du conseil, de l’investissement et de la communication, ou encore les industriels, se le disputent pour trouver des relais de croissance. Les accélérateurs, coworkings, tiers lieux se multiplient à un rythme soutenu à Paris. A l’international, de véritables chaînes de l’innovation se développent, que ce soit TechStars ou Startup Bootcamp. Demain, ils s’installeront en France et à ce moment là, seule la taille, et l’implantation internationale, seront les éléments qui nous permettront de rivaliser.

Face à cette concurrence et à notre propre crise de croissance, deux chemins s’offraient à nous : mourir ou grandir. Mourir aurait pu être tentant, en se disant que le travail était accompli puisque tout le monde parle de numérique et d’innovation. Mais parler n’est pas faire. Surtout, en plus de la performance économique, nous portons des valeurs de diversité et d’ouverture, qui ne se retrouvent pas chez d’autres acteurs de l’écosystème. Nous sommes persuadés que ces valeurs sont essentielles, c’est elles qui peuvent forger un avenir où la société, grâce au numérique, progresse ensemble. Que startups, communautés, grands groupes et institutions publiques peuvent grandir ensemble. Que leurs collaborations créent de la valeur. Tant que cette approche, et la vision de société qu’elle supporte, ne seront pas portées plus haut et mieux par d’autres, Numa aura sa place.

Alors, nous avons choisi de nous développer pour augmenter notre impact. Cela passait nécessairement par un changement de structure juridique, toujours au service du même projet.

 

Est-ce que cela change quelque chose aux valeurs de NUMA ?

C’est un débat que l’on a eu : ce n’est pas le statut juridique qui fait l’âme de ta structure. Le modèle associatif, de fait, s’inscrit dans une démarche plutôt sociale. Mais on peut garder ces valeurs sociales tout en devenant une entreprise pour obtenir plus de moyens. Un des symboles de cet état d’esprit a été l’ouverture de 12,5% du capital de la SAS NUMA à la communauté grâce à une opération de crowdfunding. Une autre partie du capital est possédée par les salariés de NUMA, ce qui est un vrai symbole également. La troisième partie est une levée de fonds, qui permettra de nous développer à l’international et d’investir dans les startups. Cet équilibre doit nous permettre de garder nos valeurs tout en ayant un impact plus fort.

 

Devenir une start-up, est-ce un moyen de mieux parler aux start-ups que vous accompagnez ?

Bien sûr. On a parfois entendu que nous étions des accompagnateurs avec le Camping, alors que la volonté était d’être dans l’équivalence et d’être des entrepreneurs. En alignant nos intérêts et en devenant des entrepreneurs au sens juridique du terme, une nouvelle relation s’est créée avec les start-ups que nous accompagnons.

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Quels sont les objectifs pour la suite ?

L’objectif est d’être présent dans 15 pays d’ici à 2019. Nous sommes déjà présents en Russie, le programme d’accélération est ouvert et les candidatures sont en cours depuis le 2 juin. Il faut comprendre que NUMA intervient sur trois pôles : le premier sur les communautés, le deuxième sur les entreprises et le troisième sur la partie start-up. Pour cette troisième partie (anciennement le Camping qui devenu NUMA Sprint), la sélection est très difficile. Par exemple, cette année, pour la septième saison, nous avons reçu 650 dossiers et nous en avons sélectionné 25. Depuis la création du Camping, il y a eu 102 start-ups d’accompagnées. Avec l’ouverture à l’international, ce seront d’autres sélections de quelques dizaines de projets par pays qui s’ajouteront à nos activités. L’objectif est d’arriver à 700 start-ups accompagnées à l’horizon 2019. Nous prenons 3% de capital dans chacune pour les accélérer pendant 4 à 6 mois.

 

Un des sujets abordés par NUMA sera aussi la transformation digitale, dont on parle beaucoup. Comment interviendrez-vous sur ce sujet ?

La transformation digitale des entreprises ne se fait pas par les outils, elle se fait par la culture. Les outils, tout le monde les a ! La capacité des gens à comprendre ce que le numérique est en train d‘impulser en termes de nouveaux systèmes de management, de comportements, d’attentes des utilisateurs est en revanche une culture, que l’on essaie de faire comprendre aux sociétés que l’on accompagne. Le but est d’intégrer chez eux un certain nombre de réflexes. Pour cela, nous créons des hackatons, des rencontres, des programmes de plusieurs mois pour faciliter les échanges avec des personnes extérieures et créer des « frottements » et donc de nouvelles manières de fonctionner et de réfléchir. C’est comme cela que nous abordons la transformation digitale.

 

Quelle communauté gravite autour du NUMA  ?

Nous sommes 23 salariés à travailler pour NUMA. Mais nous estimons que la communauté en elle-même représente 40 000 personnes. 80 000 visiteurs sont accueillis tous les ans. Au total, 1 600 évènements par an se déroulent au NUMA ! Entre Facebook et Twitter, ce sont 50 000 personnes qui nous suivent.

 

On entend de plus en plus parler de start-ups, aussi bien au niveau politique qu’au niveau de structures qui se montent autour de ce sujet. Quel regard portez-vous sur ce nouvel élan, avec notamment le lancement en grandes pompes de la French Tech ? Comment vous placez-vous dans cette dynamique ?

La French Tech est importante car c’est un porte-drapeau, un rassemblement d’acteurs sur l’ensemble du territoire. C’est une dynamique que l’on soutient et qu’il faut soutenir. C’est de la communication, mais elle est importante et nécessaire.

Pour les accélérateurs qui se créent, il est important de faire attention. Nous sommes à une étape de la révolution numérique où il n’y a pas de charte. Il y a des gens qui s’improvisent accélérateurs. Ils disposent d’un espace (coworking ou autre) et cherchent à lui donner de la valeur en le transformant en accélérateur de start-ups. Mais cela signifie avoir dans les mains les projets d’entreprises (et souvent de jeunes entrepreneurs). Si on leur fait croire qu’on a la capacité de les accompagner et de les porter alors que ce n’est pas le cas, que l’on n’est pas dans une logique empathique et d’expertise vis-à-vis d’eux, cela peut casser un élan et un potentiel. Il existe des acteurs historiques comme NUMA qui peuvent accompagner les gens qui souhaitent créer des accélérateurs. Il ne faut pas hésiter à nous solliciter. Il faut surtout éviter de transformer ces projets en jouets, cela peut être dangereux. Un accélérateur ne s’improvise pas !

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