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Interview : Myriam El Khomri fait le point sur la Grande École du Numérique

Flavien Chantrel, le 7 novembre 2016

Lancée en septembre 2015 par le Président de la République, la Grande École du Numérique a pour objectif de labelliser des formations aux métiers du numérique pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes en situation de recherche d’emploi. Après une première vague de 171 labellisations en début d’année, un deuxième appel à projets doté de 10 millions d’euros a été lancé cet été pour atteindre l’objectif annoncé : permettre la formation de 10 000 personnes. Un groupement d’intérêt public a également été créé en octobre pour piloter le projet, réunissant des acteurs publics et privés. Pour en savoir plus sur les objectifs recherchés par cette Grande École du Numérique et sur les avancées du projet, nous avons interviewé la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Myriam El Khomri.

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Un an après le lancement de la Grande École du Numérique, où en est-on dans la construction de ce programme ?

Il faut d’abord rappeler l’ambition de cette Grande École du Numérique lancée le 17 septembre 2015. L’idée est simple et concrète : permettre au plus grand nombre de bénéficier des opportunités professionnelles offertes par la révolution numérique, en ayant accès à des parcours de formation regroupés sous le nom « Grande École du Numérique ».

Après un an d’existence, la Grande École du Numérique rassemble déjà un réseau de 171 formations sur l’ensemble du territoire, qui ont bénéficié de 5 millions d’euros de financements nationaux pour soutenir leur démarrage. 4 000 jeunes bénéficient d’ores et déjà du label « Grande École du Numérique ». Suite à cette première étape réussie, l’État, les Régions, les entreprises et leurs représentants, ainsi que les experts de l’orientation et de la formation professionnelle, ont décidé de constituer une structure pérenne, sous forme d’un groupement d’intérêt public. La convention constitutive a été signée le 3 octobre 2016, en présence du Président de la République, François Hollande.

171 formations sont déjà labellisées, combien sont attendues suite au second appel d’offres lancé cet été ?

Le deuxième appel à labellisation, d’une enveloppe de 10 millions d’euros, a été lancé le 23 août 2016. Il est encore trop tôt pour livrer un objectif chiffré, mais l’ampleur des moyens mobilisés illustre l’ambition gouvernementale. Surtout nous voulons avant tout sélectionner des formations de qualité. Ces formations doivent permettre à terme à des milliers de personnes d’acquérir des compétences numériques solides, fortement convoitées et porteuses d’avenir sur le marché de l’emploi.

À qui s’adresse ce programme ? Quels types d’emplois sont concernés ?

La Grande École du Numérique est ouverte à tous, et en particulier aux jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification, aux habitants des quartiers de la politique de la Ville ou personnes en reconversion professionnelle. Notre objectif est d’inclure dans ce programme au moins 50% de jeunes peu ou pas qualifiés et également 30% de femmes, qui sont encore trop rarement présentes dans le secteur numérique.

Les emplois concernés couvrent un spectre large, bien au-delà des métiers les plus fréquemment cités, comme développeur ou webdesigner. Les besoins sont aussi importants sur les métiers de la maintenance, du Big Data, de l’Internet des objets ou du marketing. Au-delà, dans un secteur aussi innovant, rien n’empêche d’imaginer son propre métier comme certains apprenants l’ont fait !

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Des acteurs privés (Capgemini, Google) vont désormais avoir plus de poids dans la gestion de ce programme : comment, et pourquoi ?

Dès la conception de la Grande École du Numérique, la mise en place de synergies avec des acteurs privés a été identifiée comme une condition de réussite du projet.  C’est désormais chose faite. La Grande École du Numérique repose sur une gouvernance co-construite avec un large panel d’acteurs publics et privés, qui vont s’associer librement selon les opérations.

Le numérique est un grand pourvoyeur d’emplois en puissance. En quoi la GEN peut-elle et doit-elle accompagner la croissance des sociétés du secteur, et donc aider à créer ces postes ?

Le numérique regorge en effet d’opportunités : en France, 50 000 postes sont non pourvus dans le secteur du numérique et 191 000 postes seraient à pourvoir d’ici à 2022. Au-delà, la transition numérique ouvre de nouveaux besoins d’emplois et de compétences  ainsi que le développement de nouveaux métiers, dans les secteurs marchands et non marchands. Le défi à relever est d’autant plus important que les changements sont massifs et rapides et que l’absence de réponse adaptée pourrait avoir des conséquences irréversibles sur le positionnement stratégique des entreprises françaises. La Grande École du numérique a bien vocation à répondre à ces besoins en misant sur la formation.

Un lien peut-il être fait entre l’essor du mouvement French Tech et cette volonté d’accompagner la croissance du numérique côté candidats avec la Grande École du Numérique ?

Bien sûr. Il y a un an, le PDG de l’entreprise américaine d’équipements de réseaux CISCO déclarait « je parie sur la France » à cause de son potentiel dans le numérique. Avec la French Tech, la Grande École du Numérique, mais aussi la loi pour une République numérique portée par Axelle Lemaire ou même l’Ecole 42, une dynamique est en marche. Notre pays peut jouer un rôle leader au sein de l’économie numérique mondiale.

Quels sont les prochains objectifs de la GEN ? Quels moyens vont être donnés pour y arriver ?

Notre objectif est de permettre à plus de 10 000 personnes d’être formées aux métiers du numérique d’ici fin 2017. Cet objectif est d’autant plus réaliste que nous disposons désormais d’une structure pérenne. Par ailleurs, nous voulons maintenir nos efforts pour que la Grande École du Numérique, constitue bien un vecteur d’insertion sociale puissant. Pour cette deuxième année, les apprenants avec peu de ressources vont donc bénéficier d’aides financières, pour leur permettre de se former en toute sérénité.

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Commentaires
  1. Paul dit :

    « en France, 50 000 postes sont non pourvus dans le secteur du numérique et 191 000 postes seraient à pourvoir d’ici à 2022 »

    AH AH AH la bonne blague… !!!
    Le chômage explose dans le secteur avec près de 90 000 demandeurs d’emploi (voir : et à part ça il y aurait 50 000 emplois non pourvus… rien que ça !!!
    Décidément, ce ramassis de menteurs et d’incapables de la gauche-caviar au Gouvernement m’horripile…

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