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10 signes qui prouvent que la France est en retard dans la digitalisation

Juliette Pignol, le 2 février 2017

Malgré la force de ses acteurs technologiques, de ses télécoms et de sa présence sur différents marchés numériques, la France n’a pas atteint une maturité digitale capable de profiter à l’économie française. Dans la dernière étude du cabinet de conseil Roland Berger et Google France « État des lieux numérique de la France », des incohérences se dessinent : si la France a excellé à l’arrivée de l’ADSL elle est aujourd’hui en retard sur la fibre et la 4G. Bien que performantes dans le e-commerce ou le covoiturage, nos inventions made in France ont beaucoup de mal à s’exporter.

Les nouvelles technologies ne sont pas accessibles à tous

Comparé à d’autres pays européens plus avancés comme le Danemark, les Pays-Bas et la Finlande, il reste un enjeu d’inclusion numérique surtout auprès des seniors français. L’étude montre que 11% des Français n’ont encore jamais utilisé internet.

L’usage du mobile est à la traîne

Alors que tout le monde ne jure que par le « mobile only », les français ne navigueraient qu’une heure par jour en moyenne sur leur téléphone portable, quand les Brésiliens y passent 4 heures et les Américains 2 heures. La raison de cette faible proportion est liée à une faible offre de commerces, applications, messageries innovants.

Les usages culturels s’orientent lentement vers des modèles payants

Les usages culturels français qui ont le plus de succès sont gratuits ou très peu monétisés (VOD, musique en ligne…), ce qui ne favorise pas la croissance économique des entreprises. Le problème réside encore dans le fait qu’il existe peu de modèles payants attractifs…

Retard sur la fibre et la 4G

Le déploiement de la fibre s’avère relativement lent en France. La France paye le succès de la box triple play ADSL peu coûteuse. Sur mobile, la 4G également n’est pas disponible pour tous les usagers.

Le mauvais équipement numérique des entreprises françaises

Il existe un réel décalage entre les usages personnels et professionnels : si 86% de la population s’avère être utilisatrice de services numériques, seulement 25% des entreprises équipent plus de 20% de leurs salariés d’un téléphone portable professionnel.

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Le cloud peu utilisé en entreprise

Les entreprises « traditionnelles » et les PME persistent à utiliser des outils informatiques datant d’il y a 20 ans (solutions logicielles en propre) en délaissant le cloud et les nouvelles technologies. De ce fait, elles perdent en efficacité et en agilité. En top du classement on retrouve l’Irlande, le Pays-Bas et la Bulgarie.

Le manque de professionnels formés au numérique

Fin 2015, le secteur du numérique comptait 850 000 salariés. Sauf que la même année, 42% des entreprises françaises notaient des difficultés à recruter des spécialiste du milieu (contre 38% pour la moyenne européenne). Selon la Dares, 50 000 postes (dont 20 000 développeurs web) seraient actuellement non pourvus pour manque de compétences. Les enseignants ne sont pas suffisamment formés pour diffuser une culture et des savoirs numériques.

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Aucune entreprise française dans le panorama international

On note l’absence d’entreprises « digital natives » dans le classement des 100 premières entreprises nationales. La plupart des entreprises reconnues et considérées ont été créées avant 1990, à savoir une époque sans Internet. Tandis qu’en Chine et aux États-Unis, les plus grandes entreprises ont entre 10 et 20 ans. D’ailleurs aucune de nos entreprises n’est championne du numérique dans le panorama mondial (à part lorsqu’elles se font racheter par un grand groupe étranger).

Le numérique ne contribue que très modérément au PIB

Faute d’exportation et d’investissement privé, le numérique en France souffre d’un manque de croissance par rapport à ses voisins. Ce constat est renforcé par la force de certains acteurs tels que le Royaume-Uni et les États-Unis.

L’insuffisance du financement des start-ups

Les start-ups en phase de forte croissance en France sont bien moins nombreuses qu’au Royaume-Uni, mais surtout, bénéficient de financement plus faibles qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne.

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Commentaires
  1. Willems dit :

    Nous sommes éditeurs de solutions OpenSource (LMS), nous évoluons dans le domaine de la formation, côtoyons ceux qui sont en première ligne, les formateurs, les enseignants, les directeurs d’établissement…Il est incroyable de constater à quel point l’exercice de « vulgarisation » est compliqué et la communication entre les différents acteurs (éditeurs, commerciaux, développeurs et utilisateurs) compliquée. Il est certain qu’il y a un problème à la base et que le changement intervient à une vitesse ne laissant pas le temps aux usagés (Entreprises, établissements scolaires etc…) de s’adapter, de s’acclimater, de comprendre, de juste prendre le temps de voir venir ! Il y a un un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande. Vous faites votre choix sur un outil, qu’un autre pointe déjà le bout du nez ! Des enseignants me confiaient avoir peur des « nouvelles technologies » comme un ennemi voulant prendre leur place et non comme un allié favorisant une nouvelle ère dans la pédagogie. La vulgarisation est importante pour démystifier la digitalisation. C’est en soignant la base qu’on montera haut. C’est simpliste mais évident. Le retard dans la digitalisation de la France tient à cela aussi…Négligence de l’utilisateur final.

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