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Débat : les réseaux sociaux d’entreprise ont-ils un intérêt ?

Le mois dernier, nous vous proposions un débat sur la baisse du reach Facebook. Nous nous posions une question simple : la moindre visibilité des publications sur Facebook est-elle un drame pour les community managers ? Après avoir lu les avis de Marion Zanussi et Cyrille Baudemont, vous aviez décidé… de ne pas vraiment trancher. Près de 200 internautes ont pris part au vote, et vous êtes finalement 52% à penser que la baisse du reach est de mauvais augure pour les CM.

Aujourd’hui, nous nous intéressons aux réseaux sociaux d’entreprise. Certains y voient une véritable révolution, d’autres un simple produit marketing facile à vendre aux sociétés. Pour y voir plus clair, nous sommes allés à la rencontre de Chob, qui anime le Choblab, son blog sur les tendances digitales, et Anthony Poncier, Directeur social business Europe pour Publicis consultants. Voici la présentation du débat du jour, suivi des avis de nos deux experts. Pour prendre part au débat, vous pouvez voter à la fin de ce billet et bien évidemment poster un commentaire pour donner votre avis sur les RSE.

Les réseaux sociaux d’entreprise ont-il un intérêt ?

« En quelques années, les réseaux sociaux ont été largement adoptés en France et dans le monde. S’ils sont utilisés en masse dans la sphère privée, le monde professionnel s’y intéresse aussi. Des réseaux sociaux professionnels se sont lancés, comme LinkedIn et Viadeo, et des réseaux sociaux d’entreprise investissent les sociétés. Les défenseurs des RSE mettent en avant leurs bienfaits : ils améliorent la communication interne, le bien-être au travail, la productivité, et réduisent la rétention d’information. Mais les détracteurs des réseaux sociaux d’entreprise ont aussi des arguments : l’activité sur les RSE serait beaucoup moins forte que prévue. La mise en place d’un tel dispositif se solderait très souvent par un échec. »

rse

Chob : je rêve qu’on en finisse avec le dogme des RSE

Les données disponibles démontrent que la majorité des RSE se soldent par des échecs. La cause tient selon moi à la manière dont on aborde le sujet.

Trop souvent, on examine les problèmes d’une organisation par le prisme de la solution RSE. On connaît déjà la solution à laquelle on veut aboutir avant d’avoir posé véritablement le problème, pour un résultat forcément biaisé. Le RSE ne devient pas le prolongement naturel d’une culture entreprise mais un parti-pris idéologique. On l’impose aux salariés qui doivent s’adapter à grands coups de conduite du changement, qui se réduit souvent à une formation à l’outil.

Je rêve d’une étude avant/après menée par un cabinet indépendant auprès d’une dizaine d’entreprises, avec une évaluation par au moins 50% des salariés sur des éléments de mesure objectifs définis en amont. Je rêve qu’on en finisse alors avec le dogme des RSE pour s’attaquer enfin aux problèmes réels des organisations et apporter de vraies solutions. Je rêve du jour où un prestataire aura l’honnêteté d’avouer à une entreprise « un RSE n’est pas adapté au fonctionnement de votre organisation ».

Anthony Poncier : nous sommes dans une vision de long terme

Quand des études comme celle de Gartner montrent que 80% des projets collaboratifs ont/vont échouer, on est en droit de s’interroger sur la réussite des réseaux sociaux d’entreprise. Dans le même temps, le MIT explique que les entreprises digitales seront 17% plus performantes que leurs concurrents. Alors que comprendre derrière ces chiffres.

Il y a évidemment une déception derrière l’usage des réseaux sociaux. Voyons pourquoi : La majorité des entreprises ont installé un outil sans une vraie vision soutenue par un leadership, une vraie gouvernance, la remise à plat des processus métier… Ce ne sont pas les outils qui collaborent, ce sont les personnes, sans parler de l’engagement des collaborateurs au centre de cette réflexion. Nous sommes donc bien dans une vision de long terme et non pas un résultat de court terme. En effet, remodeler une culture, son organisation prend du temps.

Il faut donc accepter de se remettre en question et non renoncer. Quand on voit des marques comme Burberry qui ont su se transformer et revenir à la tête de leur secteur, ou Pernod-Ricard être considérée par Forrester comme une des entreprises les plus innovantes au monde (grâce à son réseau social d’entreprise), on voit bien qu’on est loin de l’échec. Et là, on ne parle pas d’entreprises technologiques comme souvent. Il faut clairement dépasser une vision purement outil. La phase « je mets des outils pour pouvoir dire, je suis digitale » a donc vécu, passons à une véritable transformation digitale de l’entreprise (organisation et management).

Qu’en pensez-vous ?

Vous avez la parole ! Prenez par au vote et n’hésitez pas à laisser un commentaire !

Commentaires

  1. Stéphanie Le Badezet
    27 mai 2014 - 11h13

    Je suis d’accord avec Chob. Les RSE doivent faire l’objet d’une approche collective au sein de l’équipe mais aussi d’une réflexion stratégique. Il n’est pas nécessaire d’être partout, tout le temps et c’est souvent l’approche qui est choisie. C’est selon moi ce qui mène beaucoup d’entreprises à l’échec. Mais je ne sais pas s’il on peut parler de dogme des RSE ou plus simplement d’un manque de préparation de la part des entreprises lorsqu’elles s’y engagent.

    En ce sens, je rejoins l’avis d’Anthony Poncier. Il est plus utile selon moi de revoir la forme (méthode) plutôt que le fond (pour ou contre les RSE). Il faut que chaque entreprise prenne le temps de faire le point sur les tenants et les aboutissants en se posant quelques questions : les RSE pour quoi faire (branding, CRM, promotion, réseautage pro, etc.) ? Quand (creux et pics dans mon activité) ? Comment (quel workflow, quels sujets, quel angle de communication, quelle charte éditoriale web, qui va écrire, à quelle fréquence…) ? Où (quels réseaux et quelles communautés) ? … Toutes ces questions doivent servir à mon avis à circonscrire l’effort à fournir pour intégrer les RSE dans l’organisation de l’entreprise.

  2. MICHOKO
    27 mai 2014 - 11h22

    Bonjour,
    Je pense que le syndrôme « pizzappel » c’est-à-dire « je veux tout-tout-de-suite » à son rôle dans ces retombées. Peut-être aussi,y-a-t-il un amalgame entre la facilité et la rapidité que l’Internet induit et la rapidité d’efficacité des outils proposés ? Amalgame plus ou moins conscient pour se cacher derrière une excuse permettant de dire que les RSE ne sont pas efficaces alors que c’est l’engagement de tous les acteurs de l’entreprise qui engendre le problème…

  3. Claude Super
    27 mai 2014 - 11h42

    La question essentielle est pourqoi (WHY) et son corrollaire est la mesure de l’efficacité ou des bénéfices (sinon il reste la méthode Coué !)
    Et pour comprendre et mesurer les apports des réseaux sociaux d’entreprise et des espaces collaboratifs à la performance humaine et économique de l’organisation, il faut imaginer de nouveaux indicateurs pertinents.

    Les questions que l’on doit se poser sont :

    – quelle est la valeur (du point de vue métier) d’une discussion, d’un avis, d’une recommandation, d’une contribution, etc. ?
    – comment en mesure-t-on l’impact (quels indicateurs) ?
    – quelles informations est-on en mesure de produire (degré de complexité, programmes statistiques, outils qualitatifs) ?

    Il faut également savoir prendre le temps de décider des objectifs

    En préalable à la réflexion portant sur des indicateurs clefs, il est indispensable d’avoir su coucher sur le papier des objectifs réalistes.

    Les espaces communautaires sont-ils mis en place afin de

    – réduire le temps de réalisation d’un projet ?
    – améliorer la qualité ?
    – diminuer le temps passé en meeting ?
    limiter les frais de déplacements ?
    – produire plus de nouvelles idées ?
    – déceler des frustrations ?
    – anticiper des situations difficiles ?
    – trouver des relais de croissance
    – faciliter le « onboarding »
    – pérenniser les savoirs
    – etc.
    La pluralité des objectifs – au travers des différents espaces et dans le temps – au vu de l’évolution des pratiques rend quasiment impossible l’évaluation globale de la performance d’un réseau social d’entreprise sauf à vouloir se satisfaire d’une vue macro beaucoup trop générale !

  4. Thierry Delorme
    27 mai 2014 - 11h50

    Je rejoins (pour une fois ;-) l’avis des 2 experts interrogés car l’approche RSE mélange les genres. A la question qui agite la sphère de l’entreprise  » comment se digitaliser ? « , les réponses les plus fantasques fleurissent : depuis la création d’une page Facebook jusqu’à la mise en place d’un RSE. A une question de fond, l’outil n’apporte qu’une réponse de forme.

    La question soulevée par l’essor (incontestable) des RSE n’est pas tant l’inopérance des intranet vieillissants que le besoin impérieux d’inventer de nouveaux modes de collaboration initiés par le BYOD, le télé-travail, le nomadisme…Or ces nouveaux modes de collaboration ne se feront pas sans… les collaborateurs et le management. A date, les RSE se font (un peu) sans eux. Pas étonnant que ça cafouille au démarrage…

    Nul doute que les RSE seront plébiscités dans votre sondage. Faudra-t-il y voir un plébiscite pour l’outil ou pour la ré-invention des modes de collaboration et de production dans l’entreprise ?

  5. Alexis
    27 mai 2014 - 12h21

    Une entreprise digitale n’est pas nécessairement une entreprise équipée d’un RSE. Il y a gros contre-sens à ce niveau là …

    Plus, on ne soulève pas assez une chose qui regroupent toutes les expériences et témoignages d’entreprises innovantes / digitales / [insérez-la-dénomination-souhaitée] : elles n’utilisent jamais de RSE et/où se satisfont très bien d’outils simples et versatiles au rang duquel on retrouve le mail.

    Mais bon, on ira jamais trop à l’encontre d’un DSI / dirigeant qui trouvera dans cette idée du RSE celle du filon assez prometteur d’idées nouvelles pour en mettre en place. Ça fera bien assez de boulot aux consultants et autres éditeurs :-)

    Le problème se cache plus dans les organisations, leurs méthodes de management et d’organisation du travail ainsi que les cultures gestionnaires déployées à grande échelle (normes qualité, etc.). A force de vouloir toujours tout gérer, tout automatiser on en arrive à croire qu’un RSE pourrait p-ê bien créer de l’intelligence collective.

    Alors qu’en fait un RSE ne marche, et là je rejoins l’idée de Chob, qu’à de rares exceptions et dans des conditions qui doivent être remplis pour pouvoir « espérer » un quelconque retours sur lesquels l’entreprise peut parier (car c’est bien le nerf de la guerre non ? le ROI final ?).

    On a pas fini de rigoler je vous le dit !

  6. Olivier Berard
    27 mai 2014 - 13h30

    Bonjour à tous,

    Comme Thierry, je rejoins les 2 avis experts tout simplement parce qu’ils me semblent dire la même chose : ce n’est pas l’outil qui est la solution mais la façon dont l’outil peut venir supporter les changements humains et organisationnels nécessaires aujourd’hui.

    Changer l’entreprise signifie modifier les interactions entrent les personnes, les modes de collaboration, les processus métiers, notamment en facilitant l’autonomie et la responsabilisation de chacun. Les modes de management doivent évoluer en prenant en compte ces éléments et offrir une technologie facilitant ces derniers.

    Un système (comme l’est l’entreprise) ne peut changer en prenant en compte un seul de ses composant : la technologie. C’est l’ensemble des composants (humain, processus,….) qui doivent évoluer pour permette la survie du système.

  7. Anne Brès
    27 mai 2014 - 16h56

    Répondre à la question de l’intérêt d’un RSE n’est pas répondre à la question du ROI
    du RSE (question bien embêtante pour la plupart d’entre nous)

    Je dirais même qu’une chose peut avoir un intérêt tout en étant un échec ;-)

    Tout le monde est d’accord pour dire que l’accompagnement de la mise en place d’un RSE est primordial. C’est bien parce que ce qui compte, c’est l’instauration d’une nouvelle manière de travailler…

  8. Julien Provost
    28 mai 2014 - 8h25

    Bonjour,

    Merci pour cet article dans lequel les principaux enjeux sont posés. Effectivement un RSE n’est pas adapté à toutes les structures et dans les organisations importantes les raisons des échecs sont principalement liées à des enjeux de pouvoir et à l’absence d’accompagnement.

    Je parle aussi des RSE (objectifs, ,contraintes, exemples concrets) dans cet article : http://blog.alerti.com/fr/2013/09/a-quoi-servent-les-reseaux-sociaux-dentreprise/ ;-)

    A bientôt.

    Julien

  9. Cyrille
    29 mai 2014 - 13h03

    Bonjour et merci pour le lancement de ce débat très intéressant!

    Selon moi, les réseaux sociaux sont très utiles pour les entreprises. Je suis d’accord avec ce premier point: les réseaux sociaux améliorent la communication interne. Par contre, en ce qui concerne l’amélioration du bien-être au travail, de la productivité, et de la rétention d’information, tout dépend de l’utilisation des RS par les employés et les décideurs!

    Comme dit lors de l’événement RH #TruParis, les entreprises ont cru que les réseaux sociaux étaient un but en soi. Or, ils sont un moyen d’atteindre un objectif. C’est une boite de Pandore qu’il faut savoir appréhender de la meilleure des manières. Tout dépend ensuite de la stratégie que l’on souhaite mettre en place: recrutement de leads, augmentation de sa notoriété, demonstration d’expertise, service clientèle plus efficace…

  10. myriam
    17 juin 2014 - 22h51

    Notre réseau social interne a « déjà » 5 ans ! Et pourtant les questions, remarques et craintes que je lis aujourd’hui sur les projets RSE sont les mêmes qu’il y a 5 ans. Un RSE se construit sur plusieurs années et surtout il se construit en ligne avec les valeurs de l’entreprise et dans un climat de confiance réciproque. Une entreprise qui ne laisse pas ses collaborateurs s’exprimer librement dans le monde réel n’a aucune chance de voir réussir son projet de réseau social.
    Un RSE est là, d’une part, pour mettre du lien entre des personnes qui, apriori, ne se rencontreraient pas autrement du fait de leurs métiers/projets différents, de leur appartenance à des directions/filiales différentes, de leur éloignement géographique, etc. mais d’autre part, pour permettre à des collaborateurs en proximité de travailler mieux et plus efficacement grâce aux méthodes collaboratives qu’il met également à disposition
    Organiser (et conserver !) en un seul endroit, des applicatifs, des documents, des discussions, des vidéos, des photos, des questions/réponses, des chats, des concours, des événements, etc. c’est aussi conserver la mémoire des projets de l’entreprise : pour ceux qui participent à la vie de l’entreprise et aux projets mais aussi pour ceux qui intègrent l’entreprise ensuite qui pourront gagner un temps précieux en parcourant quelques discussions du réseau social traité avant leur arrivée.
    Un RSE c’est une fenêtre sur la vie de l’entreprise, sur les collaborateurs qui la font vivre et progresser et qui peuvent grâce à ça constater que leurs collègues, où qu’ils soient et à quelque poste/fonction qu’ils soient ont des questions, des idées, tout comme eux.
    Pour porter un RSE, il faut avant tout y croire et s’armer de courage pour faire bouger les lignes !
    Bonne chance à tous ceux qui se lancent

  11. Ma Boite
    19 juin 2014 - 11h24

    Je suis totalement d’accord avec toi concernant le RSE, l’approche doit être plus précise et il ne faut pas pense qu’être sur tous les fronts est forcément bénéfique. Il est nécessaire de savoir cibler et de créer différentes stratégies.

  12. myriam
    20 juin 2014 - 21h31

    tiens mon commentaire d’il y a quelques jours a été modéré. Pour quelle raison ? merci

  13. Flavien Chantrel
    24 juin 2014 - 12h11

    Pas modéré, simplement en attente ;-) Le voilà en ligne.

  14. Dalia
    1 août 2014 - 23h17

    Bonjour,

    Merci pour ces réflexions très intéressantes sur le sujet.

    Actuellement en dernière année de Master, je réalise d’ailleurs mon mémoire de fin d’études sur le thème des RSE. Dans le cadre de cette étude, j’effectue une enquête pour récolter les avis des salariés sur cet outil. Si vous travaillez dans une entreprise où un RSE est mis en place, cela m’aiderait beaucoup si vous preniez quelques minutes pour répondre à mon questionnaire (il n’est pas long) : https://docs.google.com/forms/d/1r715ql_jcoCYNVYuaU0FzZmGpAPPYlQIQjKb3DeXWhU/viewform?usp=send_form

    Merci d’avance pour votre contribution !

  15. Jérôme de Beauvoir
    2 septembre 2014 - 9h52

    Super intéressant, même si, comme d’autres lecteurs à mon avis, répondre à la question « Les réseaux sociaux d’entreprise ont-ils un intérêt ? » est vraiment ardu. Je répondrais plus volontiers à la question « Les réseaux sociaux d’entreprise ont-ils un intérêt pour toutes les entreprises ? » ou « Les réseaux sociaux d’entreprise ont-ils systématiquement un intérêt ? »

    Merci en tout cas pour l’article une fois plus c’est pas du pomme C pomme V ;)

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