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Google Plus : retour sur les chiffres et la stratégie

Flavien Chantrel, le 13 juillet 2012

Si vous n’avez pas encore suivi les aventures de ce blog sur Google Plus hier, je vous conseille fortement d’aller lire le billet récapitulatif. En résumé, de nombreux utilisateurs de Google Plus ont monté une opération consistant à assaillir un billet publié sur ce blog parlant de l’échec de Google Plus pour… Lui mettre des +1, équivalent sur Google Plus des likes. Cette gentille guerilla s’était soldé par pas moins de 720 +1 en moins de 24 heures et par un mea culpa de ma part : non, Google Plus n’est pas mort, loin de là.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là,puisqu’un représentant de Google France m’a contacté dans la foulée, quelques heures à peine après la sortie du billet. L’idée n’était pas d’essayer de me convaincre ou de faire retirer le billet en ligne, mais tout simplement de discuter et d’expliquer le positionnement de Google Plus et les attentes qui lui sont liées. J’ai donc eu l’occasion d’échanger de manière courtoise et instructive avec cette personne et d’éclaircir certains points concernant la stratégie de la firme de Mountain View. Mais aussi d’obtenir les chiffres d’utilisation officiels. La conversation ayant été très intéressante, je me permets de vous en retranscrire les points forts.

L’essentiel du propos tenait à l’objectif de Google avec ce réseau social. La première idée était de ne pas refaire ce qui avait déjà été fait, mais d’apporter quelque chose de neuf. L’envie d’intégrer un volet social aux services Google était bien sûr présente, mais avec en ligne de mire la volonté de créer une colonne vertébrale à la galaxie de services déjà offerts, bref, d’améliorer l’expérience sans casser l’équilibre. Google Plus s’est construit avec cette double volonté : une partie sociale (le réseau G+ à proprement parler) mais aussi une nouvelle expérience des outils Google dans leur ensemble, avec une incrémentation verticale et intelligente.

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est la jeunesse du service, qui vient tout juste de fêter sa première année. C’est à relier avec la culture beta de Google, qui a toujours été prompt à sortir des services pour ensuite les améliorer et les faire évoluer en fonction des retours utilisateurs. Souvenez-vous par exemple que Gmail est sorti il y a très peu de temps de sa beta. La méthode est la même pour Google Plus. Plus de 120 intégrations de G+ à d’autres services Google se sont ainsi faites en un an à peine. Et une innovation a lieu par jour en moyenne sur le réseau en lui-même. C’est considérable !

Sur l’utilisation qui en est faite, les retours sont plutôt positifs. Les conversations sont riches et engagées, les inscrits actifs et beaucoup de choses tournent autour de centres d’intérêts ou de passions communes. Et les échanges sont nombreux dans les cercles privés, les statuts publics ne représentant que la face visible de l’iceberg. Le positionnement recherché a été volontairement proche de la vie réelle, avec une granularité dans les échanges. On ne parle pas de tout à tout le monde de la même façon. D’où les cercles, ces fameux espaces de discussions limités à certaines personnes, qui font le tri.

Pour ce qui est de la monétisation, rien n’est pour le moment engagé. Fidèle à son esprit, Google cherche d’abord à perfectionner son produit et à le faire coller le plus possibles aux attentes des utilisateurs. On verra plus tard pour la publicité. L’objectif est qualitatif plutôt que quantitatif, d’où la discrétion assumée au niveau des chiffres. Si la publicité n’est toujours pas présente, les marques ont des espaces dédiés, que les utilisateurs peuvent choisir de suivre et/ou de cantonner à des cercles.

Et pour les fameux chiffres officiels, les voici donc :

  • 250 millions de comptes ont été créés
  • 150 millions de comptes sont considérés comme actifs. Un compte est considéré comme actif si la personne s’est connecté une fois dans les 30 derniers jours à un compte Google sur lequel Google Plus est activé.
  • 75 millions de comptes (soit 50% des actifs) se connectent tous les jours.

La forte intégration de Google Plus aux autres services de la marque explique la définition d’actif utilisée. Google Plus fait partie de notre navigation, même si on utilise pas ou peu la partie sociale. A suivre, G+ n’a pas fini de faire parler de lui, attendons les prochaines nouveautés Google pour nous faire une meilleure idée de son évolution.

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Commentaires
  1. jyv dit :

    You’ve been #communitymanaged !

    Je suis assez content qu’on s’intéresse enfin un peu positivement à G+, on essaie de promouvoir pas mal les médias dessus car la promesse de gain en terme de référencement est réelle, que les outils sont excellents et que la perspective d’avoir la puissance d’un Google derrière tout çà est trés enthousiasmante. Cf Ripple. Cf http://vimeo.com/40371152 quand on s’était creusé la tête avec Charles Liebert sur ce réseau, on devait faire un débat pro ou anti, avant de se rendre compte qu’on était tout les deux archi-pour.

    Je suis assez content de ce revirement de situation en deux posts, comme tu le sais çà fait quelque temps que j’essaye d’engager le débat avec différents acteurs du CM autour de cette plateforme sur cette plateforme (Les Vidéo Bulles de la Fin de semaine).

    Je pense que l’opportunité d’enregistrer des Live Hang Out avec des gens sélectionnés dans tes cercles de confiances est un super plus pour ton blog. (cf @chrispirillo)

    Donc à ta dispo sur G+, si tu veux vidéobuller.
    https://plus.google.com/u/0/102936305502747501503/posts

  2. heyfeel dit :

    Je suis également un partisan « en bien » du réseau Google+.

    Le désamour pour G+ tient en un seul fait : il n’est pas perçu comme un réseau grand public. Tous les kikoolol qui « squattent » facebook pendant des heures par jour ne sont pas sur Google+, pourtant c’est bien cette population qui fait aujourd’hui perdurer le succès de facebook.

    En termes d’outils, Google+ est une mine d’or qui simplifie la vie des technophiles les plus chevronnés et dépasse de beaucoup Facebook sur certains aspects. Malheureusement, nous ne sommes qu’une poignée à le savoir 🙂

    Finalement, on se rend compte que Google+ n’est certes pas utilisé à outrance par des centaines de millions d’utilisateur mais est emprunté de manière juste et intelligente par un nombre restreint de personnes qui ont réellement des choses à raconter et partager !

    Pour les curieux, voici un petit billet que j’avais rédigé sur Google+ après quelques mois de non-utilisation :
    Depuis (j’ai eu la même démarche avec twitter) je me plaît de plus en plus à utiliser Google+, au détriment de facebook.

  3. Kiki dit :

    La définition des comptes actifs me parait ambigüe.

    Nombreux sont ceux qui ont un GMail, qui ont activé Google + au moment du lancement pour voir ce que c’était, mais qui ne s’en servent pas.

    Mais ces personnes se connectent tous les jours à leur GMail.

    Au vue de la définition d’un « compte actif », ces personnes sont donc comptabilisées dans les 150 millions.

    Ces 150 millions ne sont-il donc pas un peu gonflés ?

  4. JS dit :

    J’ai lu au fur et à mesure les derniers articles concernant Google+ et je tenais à laisser un petit mot pour vous remercier du ton donné : subjectif mais ouvert ! C’est agréable à lire…

    Ca m’a même donné envie d’aller jeter un oeil sur mon compte activé mais pas actif 😉

    Bonne journée !

  5. LLE dit :

    Je confirme, Google+ est vraiment un réseau social particulier, parfois un peu « select » mais qui a le mérite de ne pas être pollué par les pubs et autres sollicitations auxquelles FB a goûté ! Longue vie à G+.

    Le problème est, je pense, le manque de publicité autour de Google+. Un peu plus de notoriété permettrait au nombre d’utilisateurs de flamber et donc au nombre d’échanges de décupler…

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