Avec Muse Spark, Meta veut enfin rattraper OpenAI et Anthropic
Distancé sur l’IA en dépit d’investissements massifs, le groupe californien tente de combler son retard avec Muse Spark. Un modèle qui sera prochainement déployé sur WhatsApp, Instagram et Facebook, en plus de l’application Meta AI.
Meta tourne la décevante page Llama. Dans un communiqué publié ce mercredi 8 avril 2026, la firme californienne a dévoilé Muse Spark, la première itération d’une nouvelle famille de modèles « conçus spécifiquement pour [ses] produits ». Il est d’ores et déjà disponible sur l’application et la version web de Meta AI aux États-Unis, et sera prochainement déployé sur WhatsApp, Instagram et Facebook.
Meta enfin dans la cour des grands ?
Développé en neuf mois, soit « à un rythme inédit pour le groupe », Muse Spark est la première œuvre de Meta Superintelligence Labs, une équipe constituée par Mark Zuckerberg lui-même, frustré des performances de Llama. Dépeint comme « compact et rapide » tout en restant « capable de traiter des questions complexes en sciences, mathématiques et santé », ce modèle multimodal propose deux modes : Instant pour les réponses rapides et Thinking pour le raisonnement approfondi. Un troisième mode, baptisé Contemplating, serait actuellement en développement pour gérer des problématiques encore plus complexes, rapporte TechCrunch.
Selon les évaluations internes opérées par Meta, que l’on imagine un peu biaisées, le modèle n’aurait pas grand-chose à envier Claude Opus 4.6, Gemini 3.1 Pro ou GPT-5.4.
Muse Spark affiche de bonnes performances en perception multimodale, en raisonnement, sur les questions de santé ou les tâches agentiques. Nous continuons d’investir dans les domaines où des écarts de performance subsistent, comme les workflows de programmation, a déclaré le groupe.
Un modèle d’abord déployé sur Meta AI
Présenté comme son « modèle le plus puissant à ce jour » et la « première étape de sa trajectoire » vers la superintelligence, Muse Spark alimente déjà l’application Meta AI et sa version web aux États-Unis, qui profite d’une légère refonte visuelle pour l’occasion. L’assistant, disponible en France depuis 2025, peut désormais lancer plusieurs sous-agents en parallèle pour traiter des demandes complexes, « comme planifier un voyage familial en Floride », illustre le groupe, mais aussi voir et comprendre ce que l’utilisateur regarde, ou formuler des recommandations pertinentes, notamment en s’appuyant sur les publications publiques des utilisateurs sur les applications du groupe.

Également disponible en preview privée via API pour des partenaires triés sur le volet, Muse Spark sera déployé « dans les prochaines semaines » sur WhatsApp, Instagram et Facebook. « Nous espérons publier en open source les prochaines versions du modèle », ajoute Meta.
Meta vient concurrencer Anthropic et OpenAI sur la santé
Muse Spark est par ailleurs présenté comme particulièrement adapté aux questions médicales. Pour renforcer ses capacités de raisonnement dans ce domaine, Meta indique avoir collaboré avec plus de 1 000 médecins afin de constituer ses données d’entraînement. Le modèle peut apporter des réponses factuelles à des questions de santé, mais aussi « générer des visuels interactifs et décrypter et expliquer des informations de santé, comme la valeur nutritionnelle de différents aliments ou les muscles sollicités lors d’un exercice physique ». « L’une des principales applications de la superintelligence personnelle est d’aider les gens à mieux comprendre et améliorer leur santé », justifie Meta.
L’incursion de Meta sur ce terrain n’est pas sans précédent concurrentiel. ChatGPT Santé et Claude for Healthcare d’Anthropic avaient tous deux été dévoilés en janvier 2026. Mais, comme le rappelle TechCrunch, elle soulève aussi quelques interrogations, principalement sur la confidentialité des données. L’utilisation de Meta AI requiert un compte Facebook ou Instagram, et la firme entraîne généralement ses modèles sur les données publiques de ses utilisateurs.