Le média des professionnels du digital
Le média des professionnels du digital
Fermer

Mozilla publie le bilan de santé d’Internet

Thomas Coëffé, le 23 janvier 2017

L’actualité de Mozilla ne se résume pas qu’à son changement de logo. La fondation a mis en ligne une nouvelle initiative open source, Internet health report, dont l’objectif est de lister « les éléments utiles et néfastes à notre principale ressource mondiale ». Il s’agit pour le moment d’un prototype, qui référence les études et les données liées à l’état de santé d’Internet. Mozilla publiera la version 1.0 du rapport en fin d’année en se basant sur les commentaires et la co-rédaction des internautes. Les premières données publiées sur le site permettent déjà de dresser un premier état des lieux des bonnes et des mauvaises nouvelles concernant l’état de santé d’Internet.

Internet est-il ouvert ?

Parmi les bonnes nouvelles, Mozilla note que tout internaute peut créer un site web et que ces derniers sont traités équitablement sur Internet. Il en existerait 1,1 milliard aujourd’hui. La fondation vante les initiatives qui incitent au partage telles que les licences Creative Commons. On peut également citer le mouvement d’ouverture des données publiques par les Gouvernements de nombreux pays.

En revanche, Internet est constamment menacé par les lois. Le législateur a parfois des idées dangereuses. On pense à la décision attendue concernant l’interdiction de faire des liens vers des articles d’informations sans autorisation (cet acte, qui constitue l’essence même du web, pourrait être considéré comme une violation du droit d’auteur en Europe). La fondation regrette également l’opacité des négociations de certains accords internationaux comme le TTIP ou le TAFTA, les restrictions liées au DRM et les guerres que les grandes entreprises se livrent sur les brevets.

Qui peut accéder à Internet ?

La seconde partie du Internet health report concerne l’inclusion numérique. Quelques données clefs, trop souvent oubliées,  sont rappelées : 1 personne sur 2 n’a pas accès à Internet, les fossés numériques persistent dans les pays les plus riches, 58% de la population mondiale n’a pas les moyens de se payer une connexion Internet, l’adoption d’Internet est plus lente pour les femmes…

Le manque de compétences et la méconnaissance de l’intérêt d’Internet sont les deux causes principales de non-connexion, quand il ne s’agit pas d’un accès impossible ou trop onéreux. Mozilla pointe à juste titre le problème de la langue sur Internet : la plupart d’entre elles sont sous représentées, le chinois notamment : deuxième langue en nombre d’internautes, alors que seuls 2% des contenus sont rédigés dans cette langue. À l’inverse, l’anglais est trop fortement utilisé pour rédiger des contenu : « 52% de l’ensemble des sites web sont en anglais, alors que seuls 25% de la population mondiale comprend cette langue ». Enfin, la fondation rappelle que la censure existe encore et toujours sur Internet : en 2016, les libertés sur Internet ont reculé pour la sixième année consécutive.

Qui contrôle Internet ?

Alors que les fondements d’Internet permettaient d’espérer un monde ouvert et décentralisé, quelques groupes internationaux sont en situation d’oligopole sur de nombreux marchés, notamment Google, Facebook, Alibaba et Amazon. Les rachats successifs consolident les positions des géants du secteur. Facebook domine le secteur des réseaux sociaux, Google celui du search mobile et du search desktop, ainsi que le secteur des systèmes d’exploitation mobile avec Apple. Les services s’enferment sur eux-mêmes et imposent des limitations aux interactions entre les outils. La neutralité du net est également menacée dans certains pays.

Quid des données personnelles ?

La sécurité des données personnelles sur Internet est une question majeure. De nombreuses brèches ont permis à des personnes mal intentionnées de récupérer les données de très nombreux internautes, comme le montre ce graphique.

Il faut néanmoins reconnaître certaines avancées : une meilleure sensibilisation du public, le chiffrement de bout en bout sur de nombreuses applications de messagerie comme WhatsApp, l’adoption progressive des protocoles HTTPS et TLS 1.3… Mais en parallèle, les Gouvernements ont la fâcheuse tendance de vouloir à tout prix contrôler les données personnelles de leurs concitoyens. Des lois visant à étendre le pouvoir d’espionnage ont été promulguées et Grande-Bretagne, au Pakistan et en France. Les risques de fuites s’accentuent avec le développement des objets connectés, des voitures aux réfrigérateurs. Les ransomwares, qui bloquent un terminal jusqu’au versement d’une rançon, se sont multipliés.

Internet, un levier pour réussir ?

La cinquième partie du rapport de Mozilla concerne l’éducation à Internet. Bonne nouvelle : à l’école, dans la plupart des pays, l’apprentissage des technologies numérique est désormais une priorité. L’assimilation de compétences liées au développement web sont même au programme de certains pays européens. Les initiatives se multiplient, il n’a jamais été aussi simple de se former.

À lire également
recrutement Seuls 5% des habitants de l’OCDE ont de solides compétences informatiques

En revanche, si l’usage des outils est enseigné, d’autres principes sont éludés. C’est notamment le cas de la vérification des sources en ligne, qui fait cruellement défaut ces temps-ci. On pense à la propagation des fausses informations sur les réseaux sociaux, qui ne serait pas si massive si les internautes étaient mieux éduqués.

Pour contribuer au projet de Mozilla, rendez-vous sur le site Internet health report.

Recevez nos meilleurs articles

En vous abonnant, vous acceptez les CGU

Commentaires
  1. tan dit :

    Je suis étonné de voir Wechat à ce stade du classement, bon après il y a de plus en plus de personnes sur le continent asiatique qui l’utilise, j’aurais pensé Line devant.
    En quoi alibaba controle t’il nos données? je comprends pour facebook et google mais là?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *