Le côté sombre de l’e-réputation, par Antoine Dupin

Antoine Dupin Le ninja des médias sociaux Antoine Dupin revient, après avoir exploré l’avatarisation, avec un billet sur l’e-réputation et ses aspects les plus noirs…

L’identité numérique, c’est un peu comme un CV qui serait écrit à plusieurs mains. Vous avez beau ne mettre que ce qui vous valorise, il y a toujours d’autres qui pourraient bien ne pas jouer le jeu : vengeance, indiscrétion passagère, humour plus que douteux …

Sur Internet, la moindre dérive peut avoir de graves conséquences, et ce aussi bien que cela soit dans votre vie professionnelle (patron, collègues, client, concurrents) que personnelle (amis, familles). Si les internautes ont bien conscience des enjeux de l’e-réputation (70% selon un rapport Microsoft), ils continuent à avoir une attitude paradoxale sur la toile, exhibant données et photos de tout genre ce qui peut nuire à certains.

L’internaute n’a dès lors comme choix que d’en référer à la loi, qui existe mais que trop ignorent voyant le Web comme une zone de non droit. Si la notion d’oubli est à proscrire, car impossible à mettre en place, il existe toute une armada de textes et un organisme phare, la CNIL. Seulement, si les textes mettent des années à se mettre en place, la CNIL elle est submergée sous les demandes.

Ainsi, lorsque j’étais plus jeune, il y a de cela presque 10 ans, notre jeu était d’inscrire nos amis au parti communiste, car leur site le permettait de manière gratuite. C’était assez stupide, je l’admets, mais très drôle.

Selon IDFr, le récent changement du code pénal en matière d’usurpation numérique fait que nuire à la réputation d’un tiers est désormais répréhensible. Ils expliquent même que rentrent dans ce cas : « l’affiliation d’un tiers à un parti politique ou une association par l’utilisation frauduleuse de son adresse électronique ou l’envoi d’un faux message électronique par le détournement de l’adresse d’un tiers ». Cela fait plus de 10 ans que l’on inscrit nos amis aux newsletters les plus stupides, qu’on les inscrit un peu partout. La loi évolue de manière lente et pas vraiment dans le bon sens. Aujourd’hui, il est quasiment impossible de bien maîtriser son identité numérique tant il y a de personnes ou organismes qui sont à prendre en compte. Au final, on identifier deux dérives, celle des autres volontaire et celle des organismes, plutôt maladroite.

Les autres (The Others)

De plus en plus d’internautes comprennent qu’ils ont dans leur main une arme de destruction massive d’identité numérique, et que les victimes n’ont quasiment aucun recours.

Ainsi, la seule véritable preuve que l’on peut apporter de la culpabilité d’une personne est l’adresse IP. Seulement voilà avec des wifi ouverts comme dans certains fast food ou bars, il devient quasiment impossible de remonter à l’auteur de l’attaque, du moins légalement. Enfin, il existe tout un tas de logiciels permettant de surfer en tout anonymat comme les VPN ou des logiciels comme Tor.

Une fois cela compris, détruire un collègue, un ami, par vengeance est des plus simple.

cercle infernal

Un exemple flagrant est cette affaire que nous révèle Le Post. Le cas d’une institutrice qui a produit une vidéo à connotation sexuelle avec son ex-partenaire. Ce dernier l’a publié par vengeance sur Youtube.

Et c’est ainsi que la vengeance prend tout son sens, car comme le raconte l’institutrice, « Il a mis mon prénom, mon nom, et le nom de l’établissement où je travaille. Et il a ajouté un commentaire salace sous la vidéo ».

Non content de diffuser un contenu compromettant, l’homme a également compris qu’il fallait la référencer sur le nom prénom, et a même poussé le vice à l’établissement. Dès lors, le piège se referme et la vidéo, évidemment, va subir une diffusion massive car elle sera reprise sur des sites tiers.

Cette dernière explique comment se défendre relève d’un marathon. Les institutions n’ont aucun pouvoir, sont dépassées, et les sites Internet impuissants face au phénomène du buzz.

« J’ai contacté la Cnil par courrier écrit. Ils m’ont répondu le 13 avril, et m’ont dit que les délais peuvent être très importants en raison du grand nombre de plaintes. Ce que peut faire la CNIL, c’est contacter les sites un par un pour qu’ils suppriment les pages en question. J’ai également contacté Google France et envoyé un fax à Google Etats-Unis. Google France, qui a dû voir que j’étais complètement paniquée, m’a répondu qu’ils ne peuvent rien faire car ce n’est pas eux qui ont mis en ligne tout ça. Ils ont quand même supprimé les versions ‘cache’ (qui permettaient de voir les pages des sites, même si elles avaient été supprimées, ndlr). Du coup, normalement, avec le temps, ces versions vont disparaître. Mais elles apparaissent sur d’autres sites… »

Les utilisateurs ont plus d’un tour dans leur sac. Dans le passé, un autre jeu était d’inscrire un camarade de classe sur les sites type Meetic dans la catégorie homosexuel. Je ne saurais dire le nombre de mails de demande de rencontre que j’ai reçus. Car créer un faux profil a toujours été d’une simplicité relativement dangereuse. Il suffit pour cela d’une fausse adresse mail facilement ouvrable sur des sites comme Gmail, Yahoo, ou MSN, et le tour est joué. Ensuite, en fonction de la vengeance, il devient simple de créer une stratégie.

Court terme, long terme ? Car si créer de faux profils et les alimenter demande un temps soit peu de temps, il est des solutions plus rapides et plus explosives.

Dans le premier cas, il convient de créer une stratégie qui atteindra soit l’intégrité de la personne dans sa moralité (groupes néo-nazis, humour scabreux …), soit dans son emploi (recherche d’emploi active, discrédit sur la société).

Ainsi, lorsque l’on recherche quelqu’un sur Facebook, voilà le profil que l’on peut voir en jouant sur les paramètres. Il n’est plus question d’entretenir le profil, il suffit simplement d’un avatar et de placer ce dernier sur des groupes douteux. Aucune information sur le cercle d’amis, aucune information sur sa vie, seulement des groupes, rien qui ne permette de dire que le profil est inanimé, et donc probablement faux.

Facebook

Dès lors, la panoplie de faux profils peut aisément se mettre en place. Un simple compte Viadeo avec « en recherche d’emploi active » et des demandes auprès de DRH d’autres sociétés et le tour sera joué.

Encore plus fourbe, les commentaires sur les blogs sont un excellent moyen de donner des petits coups à droite ou à gauche. Car ces derniers ne demandent qu’une adresse mail, un nom et un prénom. Et pourtant, ces derniers apparaissent dans les recherches Google.

commentaires

C’est nettement plus simple et plus fourbe à mettre en place. Car si un faux profil peut facilement être clos par un mail à la plateforme (même s’il laisse des traces dans le cache), les faux commentaires peuvent être postés rapidement à droite et à gauche. Dès lors contacter tous les sites sur lesquels il y a un message discriminant relève du véritable casse tête.

Des commentaires malfaisants...

Et les autres, involontaires

D’un côté, il y a l’explosion du taux d’équipement en nouvelles technologies. Il n’est pas rare de trouver des photographies ou des vidéos compromettantes issues de fêtes, de réunions … Ces moments de vie se retrouvent très souvent sur les sites Web. Il n’est pas rare de se retrouver tagué sur Facebook dans des positions ou états ridicules. Et pourtant, ces dernières apparaissent sur votre profil, dans vos albums. Si enlever le tag, ou demander le retrait à celui qui l’a posté, peuvent sauver les meubles un temps, demandez-vous si ces derniers ne pourraient pas l’envoyer à un tiers qui à son tour la postera et ainsi de suite.

Ainsi, « pot de départ de Jean à la société LourdeConséquence » peut mettre le feu aux poudres si un client cherchant LourdeConséquence sur Google tombe sur des employés ivres morts et critiquant cette dernière, ou un recruteur cherchant Jean et tombant sur ce dernier dans la pièce de la photocopieuse laissant un dernier cadeau à son ancien patron.

Car l’internaute ne pense pas forcément à mal. Mais il n’est pas rare de le voir agir de manière irréfléchie, répondant à un processus de partager le ridicule. Et le ridicule, cela peut être vous. D’un autre côté, il y a l’ouverture des données et l’apogée des moteurs de recherche qui sont un véritable danger pour tout un chacun. Ainsi, votre identité numérique, la centralisation de vos données se retrouvent aisément accessibles par tout un chacun … s’il en fait la démarche.

Mais voilà, vous ne le saviez peut être pas mais Pages Jaunes a racheté le site 123 people, un moteur de recherche de personne. Résultat, lorsque vous cherchez un particulier, vous avez également la possibilité de voir son identité numérique, dangereux non ?

Récemment en vacances, mon employeur m’a appelé sur fixe, dont il n’avait pas le numéro. Il l’a donc trouvé par les pages blanches, et a donc potentiellement vu ma présence sur le web.

profils

Une telle intrusion dans la vie privée est totalement incroyable, d’autant qu’elle n’a pas été désirée. Souhaitant en savoir plus, j’ai contacté les Pages Jaunes pour avoir le droit de retirer ces données, et il existe un formulaire, totalement introuvable, à cette adresse : http://www.pagesjaunes.fr/trouverunnom/afficherFormulaireDroitOubli.do … oui le droit à l’oubli est dans l’adresse url. Totalement paradoxal, de quel droit PagesJaunes affiche t il mes données ?

Pour pouvoir retirer mes données, je dois envoyer les url à supprimer, mais également envoyer une photocopie de ma pièce d’identité … incroyable non ? Je n’ai rien demandé, et pourtant, malgré un mail, je me retrouve avec un long formulaire pour effacer des données.

Jusqu’où peuvent aller ces dérives ? Aux USA, les données liées au passé criminel de tout un chacun sont ouvertes. Aussi, sur le site 123people en version US il est possible de trouver des données sur notre casier judiciaire :

casier judiciaire

Cela fait vraiment peur de se dire que si mon patron cherche à me joindre à mon domicile il peut tomber sur mon casier judiciaire … jusqu’où peut on aller ?

un casier chargé

Oui, bulletin scolaire, séjours psychiatrique ou que sais je encore. Avec l’ouverture de certaines données, et leur centralisation, le réel rejoint le virtuel. Un recruteur cherche à vous joindre car il n’a pas votre CV sous les yeux et passe par les Pages Jaunes, bing !

Enfin, cerise sur le gâteau, il y a votre homonyme, qui lui peut avoir la pire des présences sur le Web, et vous ne pourrez lui interdire de crier haut et fort ses pensées les plus sombres : il a le droit d’exister, et faire la différence entre différents profils peut être dur, de même qu’un name googling qui donnerait des résultats franchement déplaisants :

geoffrey cohen

Je plains celui qui s’appelle aussi Geoffrey Cohen …

Conclusion

Souvenez vous que l’on ne nettoie pas une identité numérique, on la forge. Vous ne pourrez jamais nettoyer toutes les traces. Par contre, avec une bonne stratégie, vous pourrez vous valoriser et vous positionner sur les moteurs de recherche.

Mais si vous n’êtes pas dans le Web, cadre ou dans une profession ayant un rapport avec Internet, vous ne risquerez pas grand chose pour le moment. Vous n’aurez donc pas dans un premier temps à vous créer un profil professionnel. Cependant, effectuer une veille ne coûte rien et elle est assez simple à mettre en place. Mieux vaut prévenir que guérir, comme dit le célébre adage.

Dans un premier temps, je vous conseille de taper votre nom et prénom pour voir ce que Google dit de vous. Cela vous permettra déjà d’avoir une première vision. N’oubliez pas que tous vos commentaires, tous vos messages peuvent apparaître. Si la recherche ne donne que quelques choses anodines, commencez par créer des alertes. Les alertes Google vous informeront dès qu’une information vous concernant tombe. Evidemment, n’oubliez pas de vous même regarder de temps en temps ce que le name Googling donne.

Pour créer une alerte Google, rendez-vous simplement à cette adresse : http://www.google.fr/alerts et remplissez le formulaire. C’est simple et gratuit.

N’oubliez jamais qu’on ne sait pas ce que sera le Web dans 5 ou 10 ans. Si aujourd’hui le name googling vise avant toute chose une partie spécifique des travailleurs, vous ne savez de quoi sera fait l’avenir. Ne tombez cependant pas dans la psychose, ne rentrez pas dans une méfiance malsaine vis à vis de vos proches, surveillez simplement, de temps en temps, ce que le Web dit de vous.

OFFRES D'EMPLOI WEB

Concepteur Développeur H/F

CMRE Logiciel, Société de Services du Numérique depuis plus de 40 ans, a 3 établissements situés respectivement à Ceyzériat dans l'Ain (15km de Bourg en Bresse), Arbent (01) et Saint ...

Développeur IOS – Android H/F

Acteur de l'ingénierie informatique depuis 2005, Philaë Technologies répond aux exigences de qualité et de performance des systèmes d'information et de communication autour de 4 pôles d'innovation : AMOA / ...

Alternant Développeur Web H/F

Le CESI recrute, pour le compte d'un de ses clients, un Développeur Web H/F en alternance. Vous intégrerez en alternance la formation diplômante de responsable en ingénierie des logiciels permettant ...

Commentaires

  1. Daniel Gergès
    30 mai 2010 - 18h27

    Bien vu Antoine,

    Concernant PagesJaunes ou plutôt pages blanches, c’est un mauvais calcul qu’ils font car je pense qu’une partie de leur capital repose sur la confiance. Or, quand tu fais une recherche sur mon nom, tu trouves les profils facebook de … deux homonymes, car le mien n’est pas indexable dans les moteurs (ce qui au passage montre que fermer ses profils n’est pas une stratégie valable…)

    A bientôt,

    Daniel

  2. Bernard Prince
    30 mai 2010 - 22h25

    Les homonymes peuvent effectivement devenir un problème. Dans mon cas, en Europe je suis le héros d’une bande dessinée, et en Ontario au Canada, un évêque accusé de pédophilie. Bien que je me débrouille assez bien avec les outils de veilles pour retrouver facilement que qui me concerne moi personnellement, j’avoue que pour des personnes plus néophytes, cela peut semer de la confusion.

    Ce que je fais alors? Je tente me me construire une identité solide, et je prends la chose en riant en postant à l’occasion des messages sur Twitter ou Facebook qui prennent soin de mentionner à quel point je ne suis pas eux!

  3. Bruno Hug
    31 mai 2010 - 10h41

    Je trouve l’article très pertinent, car il montre bien quelle est la difficulté de s’assurer une bonne e-réputation, et ce même si l’on est pas présent sur le web ou l’on ne souhaite pas l’être. Il devient très facile de trouver de multiples informations sur quelqu’un, et bien que cela puisse jugé comme intrusif, ça peut être une bonne chose.

  4. Jacinte
    1 juin 2010 - 10h36

    Super article, merci Antoine (et merci Flavien de l’avoir publié).
    En effet, l’identité numérique (tout comme la réputation dans la vraie vie : propos sortis de leurs contexte, mensonges par jalousie…) n’est jamais contrôlable complètement et cela peut faire peur à un grand nombre. Mais sincèrement, un bon recruteur par exemple n’est-il pas au courant de toutes ces pratiques ? Est-il prêt à renoncer à un très bon profil sans même avoir pris la peine de recevoir le candidat ?

  5. Christophe BENOIT
    2 juin 2010 - 7h34

    Exemple concret : Dans mon entourage professionnel, un collègue à la malchance de porter le même nom qu’un trafiquant international. Difficile pour lui d’apparaître en bonne place des outils de recherche face aux articles publiés sur les grands médias traitant de l’homonyme.

  6. Nikita F
    11 septembre 2010 - 17h08

    Les homonymes peuvent effectivement devenir un problème. Dans mon cas, en Europe je suis le héros d’une bande dessinée, et en Ontario au Canada, un évêque accusé de pédophilie. Bien que je me débrouille assez bien avec les outils de veilles pour retrouver facilement que qui me concerne moi personnellement, j’avoue que pour des personnes plus néophytes, cela peut semer de la confusion.

  7. Agence réferencement naturel
    12 janvier 2012 - 17h50

    Pour résumer, la meilleure prévention que peut avoir un particulier pour garder son e-réputation clean serait de créer un contenu suffisamment bien référencé pour ne pas se faire écraser par une tentative de spoliation ? C’est évidemment impossible. Par contre, ce qu’il peut arriver c’est qu’une autorité comme les gouvernements ou Facebook, google, ect.. décident de mettre en place une officialisation quelconque de l’identité numérique de chacun, ce qui oppose alors le problème de l’anonymat. Une question complexe… merci d’y avoir apporté un peu de lumière!

  8. virginie
    5 septembre 2012 - 17h17

    Ce que je trouve parfaitement incroyable c’est qu’il puisse y avoir de faux profils sur les sites payants. Exemple sur VIADEO, un faux profil premium a bien dû utiliser un moyen de paiement qui le relie à la vraie personne qui est derrière tout ça. A partir de là, quand VIADEO dit ne rien pouvoir faire si on lui signale un faux profil premium, je pense que c’est surtout que VIADEO ne veut rien faire parce que ça risque de lui faire perdre des clients. Je cite VIADEO, c’est vrai pour d’autres sites.
    ces sites ont bien une comptabilité et savent bien de qui elles encaissent quoi. A partir de là, ça ne doit quand même pas être sorcier de vérifier quand un faux profil est signalé, si c’est fondé ou pas. Et si c’est fondé, eh bien le faux profil doit être supprimé tout simplement.
    Et quand bien même ces sites ne veulent pas s’embêter à faire des vérifications, ils pourraient au moins prendre en compte les signalements d’un internaute qui leur signale à maintes reprises un faux profil parce qu’à la longue il n’est dans l’intérêt de personne que la toile devienne un gigantesque fatras de faux profils.
    Je me demande d’ailleurs combien de faux profils sur un site comme VIADEO ? A mon sens, un sacré paquet et on se fait tous avoir sûrement à échanger avec de faux profils !

  9. Sandra R
    13 décembre 2013 - 15h21

    Internet est un moyen d’ouverture sur le monde qui fonctionne dans les deux sens, on peut y collecter de nombreuses informations, mais rien qu’en collectant ces informations, sans vraiment en avoir conscience, on diffuse déjà des informations sur soi-même, il conviendrait de rester toujours extrêmement prudent avec ce canal ouvert sur sa propre vie.

Laisser un commentaire

Il est possible d’utiliser ces balises HTML :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar