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Étude : l’usage d’Internet par les adolescents

Thomas Coëffé, le 6 février 2013

Hier se tenait le Safer Internet Day. Organisé depuis 10 ans dans plus de 30 pays, l’évènement permet de sensibiliser les jeunes sur l’utilisation de l’Internet et des nouvelles technologies. À cette occasion, la division RSA d’EMC et l’IFOP présentent une étude conjointe sur la perception de l’Internet par les adolescents comparée à celle de leurs parents. Le contexte des usages, le niveau de sécurité perçu, les comportements, la connaissance des droits et des devoirs des internautes sont notamment passés au crible. L’institut a interrogé 403 enfants de 11 à 17 ans, ainsi que leurs parents. La représentativité est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, CSP, taille d’agglomération…).

Le contexte d’utilisation de l’Internet par les adolescents

L’utilisation de l’Internet par les adolescents est fréquente : 77% d’entre eux se rendent sur Internet au moins une fois par jour (48% accèdent à la toile plusieurs fois par jour). Les parents ont à peu près la même perception de l’usage de leurs enfants. Seuls 3% des adolescents interrogés ont un accès très limité à Internet (moins de 2 fois par mois). Évidemment, l’utilisation diffère selon les âges : 32% des 11-12 ans se rendent sur Internet plusieurs fois par jour, contre 68% des 15-17 ans.

Au niveau de l’ancienneté d’utilisation, les réponses des adolescents et de leurs parents diffèrent un peu plus : les premiers sont 26% à déclarer utiliser Internet depuis plus de 5 ans, contre 14% des parents.

Les parents connaissent un peu mieux les équipements présents dans le foyer… Hormis les tablettes, très bien identifiées par les enfants. Les ordinateurs portables sont les terminaux les plus présents (82% de l’ensemble des foyers selon les parents), devant les ordinateurs fixes (78%), les smartphones (70%), les consoles de jeux (50%) et les tablettes (38%).

Les usages des différents terminaux sont assez bien identifiés par les parents. L’utilisation des consoles de jeux est tout de même globalement surévalué.

Plus les enfants grandissent, plus ceux-ci utilisent les nouvelles technologies de manière autonome. 70% des 15-17 ans accèdent à Internet dans les pièces où ils sont seuls, alors que 58% des 11-12 ans se rendent sur le web dans des endroits avec passage. Globalement, un peu plus d’un enfant sur deux surfe sur la toile à l’abri des regards. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à accéder à Internet dans une pièce isolée (60% d’entre elles, contre 50% d’entre eux).

Enfin, les parents sont parfaitement conscients des activités de leurs enfants sur Internet. La quasi-totalité des adolescents utilise le web pour s’informer. Le travail scolaire, les vidéos, la musique, la consultation d’emails et les jeux vidéo sont les autres activités les plus courantes sur la toile. Les adolescents interrogés ne sont que 61% à accéder à Facebook, mais le panel est constitué d’enfants n’ayant pas l’âge requis pour s’inscrire sur le réseau social. Cette donnée minimise sans doute la statistique, même si certains 11-12 ans sont membres de Facebook. Les filles sont plus nombreuses à pratiquer des activités sociales et culturelles, quand les garçons préfèrent globalement les jeux vidéo.

 

Le niveau de sécurité perçu par les enfants et leurs parents

Si l’Internet n’est pas diabolisé, ses utilisateurs restent méfiants : 59% des enfants et 58% de leurs parents considèrent l’Internet comme étant dangereux. Les parents des filles sont plus inquiets. Lorsque que les enfants se sentent en sécurité sur la toile, c’est principalement grâce à la sensibilisation des parents aux dangers potentiels du web (68%). L’apprentissage du numérique à l’école permet aux enfants de se sentir en sécurité dans 45% des cas.

 

Au niveau des données personnelles partagées en ligne, les enfants redoutent surtout qu’on utilise leurs informations personnelles (37% contre 35%), alors que les parents pensent davantage aux médias (photos, vidéos…). Les parents de filles se sentent encore plus concernés par ces risques.

Les parents sont mieux informés que leurs enfants au niveau de la protection des données. Heureusement, cette différence s’estompe avec l’âge. Par contre, les enfants sont plus méfiants que leurs parents vis-à-vis des nuisances potentielles liées à l’utilisation de l’Internet. 90% d’entre eux considèrent qu’il est facile d’être contacté par une personne mal intentionnée, contre 64% des parents.

Plus l’adolescent grandit, plus celui-ci s’émancipe du contrôle imposé par les parents. 83% des parents des 11-12 ans déclarent connaître précisément les sites visités, contre 51% des parents des 15-17 ans.  Dans le même temps, les enfants peuvent de moins en moins se passer d’Internet au jour le jour.

 

Les comportements des adolescents sur Internet

Les enfants sont particulièrement attentifs aux emails reçus : 52% d’entre eux n’ouvrent les messages reçus que si l’expéditeur est connu. On remarque cependant une assez faible connaissance de la gestion des cookies, de l’historique et de la géolocalisation par les enfants. Les parents s’intéressent davantage à l’effacement des traces laissées par les visites des adolescents.

Dans l’ensemble, les enfants remplissent directement les formulaires les concernant (67% d’entre eux). Dans 12% des cas, ceux-ci sont renseignés avec de fausses informations. 46% des enfants n’indiquent que les informations obligatoires, quand seulement 9% d’entre eux fournissent toutes les données.

Si la majorité des enfants divulguent leurs mots de passe à leurs parents, cette pratique s’estompe avec l’âge. Ceux-ci respectent néanmoins certains principes concernant ces codes, puisque 75% d’entre eux  n’utilisent aucun renseignement personnel pour générer les mots de passe.

 

La perception des réseaux sociaux et du droit sur Internet

Sur l’âge minimum requis pour s’inscrire sur Facebook, les adolescents sont plutôt d’accord avec le réseau social : la limite indiquée (13 ans) leur paraît adaptée. Cependant, plus les enfants grandissent, plus ceux-ci considèrent que l’âge minimum devrait être plus élevé. Les parents sont plus stricts, et plaident quant à eux pour un minimum légal de 15 ans.

56% des enfants acceptent d’être en relation avec leurs parents sur Facebook. Rien n’indique cependant si ceux-ci ont accès aux même informations que leurs amis.

Globalement, les enfants et leurs parents sont en phase avec les droits liés à l’utilisation de l’Internet. Ils considèrent cependant à tort qu’il est interdit de regarder du contenu pornographique ou dire du mal de quelqu’un sur la toile.

Assez peu d’enfants déclarent avoir vécu de mauvaises expériences sur Internet. 33% d’entre eux indiquent avoir eu des problèmes liés à un virus informatique. Enfin, les parents sur-estiment l’exposition à des contenus pornographiques : 37% d’entre eux pensent que leur enfant a déjà été confronté à la pornographie sur Internet, quand seuls 21% des enfants le reconnaissent. Cependant, l’étude étant basé sur du déclaratif, certains enfants ont peut-être sous-estimé volontairement cette exposition.

 

En conclusion, les enfants sont assez bien sensibilisés aux risques potentiels liés à l’utilisation d’Internet, notamment en termes d’identité numérique. L’usage est davantage porté sur la recherche d’information que sur les réseaux sociaux ou les jeux vidéo. Enfin, on remarque que les parents connaissent assez bien l’utilisation de l’Internet par leurs enfants.

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Commentaires
  1. ElleB dit :

    Une chose est sur, il y a trop d’adolescents sur twitter, qui pourrissent les TT !

  2. Julien dit :

    Une bonne étude accompagnée d’une bonne analyse qui permet de casser deux stéréotypes qui ont encore la vie dure : celui de l’enfant nécessairement naïf vis à vis des dangers de l’internet et celui des parents dépassés qui ne connaissent rien des usages numériques de leurs têtes blondes ! 😉

  3. Nasra dit :

    @Julien : Constat dépassé… mouais, ça dépend des types de populations. Autant je suis très intéressé par cette étude, que je trouve pertinente sur les questionnements qu’on peut avoir (nous/moi animateur multimédia), autant il ne faut pas oublier les populations éloignées de ces statistiques, celles qui ont peu, ou qui pratiquent peu internet (soit pour des questions budgétaires, soit pour des questions d’alphabétisation…).

    Ensuite, que le contrôle des parents sur leurs adolescents soit moins important n’est pas forcément un indicateur pertinent. À cette tranche d’âge correspond souvent une volonté de s’approprier un espace privatif « à soi », à contrario de celui imposé par l’extérieur (dont celui des parents).

    Enfin, les panels de population me semblent peu représentatifs (en dessous de 10 000, on parle de marge d’erreur importante). Mais c’est un éclairage intéressant.

  4. Il est vrai que beaucoup trop d’adolescents passent leur temps sur internet ou sur leur console. Mais combien d’entre eux peuvent se le permettre car ils ont un emploi du temps qu’ils respectent ? (d’abord devoirs, ensuite ordinateur, etc…)
    Pas étonnant que de plus en plus d’étudiants se voient en échec scolaire !

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