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Etat des lieux d’Internet en France : 23% des sites sont illégaux

Anne-Laure Raffestin, le 9 novembre 2011

La société de bases de données d’emails Email-Brokers vient de publier un état des lieux, qui se veut exhaustif, des sites Internet français. Une étude de longue haleine, fondée sur une analyse qui a duré deux ans. Pas moins de deux trilliards de Go de données brutes ont été collectées…

La France compte ainsi 2,6 millions de sites Internet, dont une large majorité de sites à finalité professionnelle (2,2 millions tout de même). Une très grande partie de l’Internet français (71%) est constitué de sites vitrines, c’est-à-dire destinés principalement à présenter l’activité d’une entreprise, et plutôt « statiques », sans fonctionnalité avancée. Par opposition, les sites dynamiques représentent logiquement 29% du nombre total de sites. Globalement, les sites Internet français sont assez petits en termes de taille : plus de la moitié comptent moins de 50 pages, et, à l’opposé du spectre, seulement 4% présentent plus de 500 pages. Par ailleurs, blogs et forums ne représentent que 4% du volume d’Internet en France : une sphère sociale peut-être sous-représentée, mais néanmoins active, davantage que les sites !

Internet

Le nombre important de sites vitrines n’est pas un sujet d’étonnement particulier. Selon William Vande Wiele, le fondateur d’Email-Brokers, « Pour beaucoup, un site web est au mieux un mal nécessaire qui sert uniquement de carte de visite, au pire un gadget superflu. » Si toutes les activités ne tireront pas forcément profit d’un site fourmillant de fonctionnalités et d’interactions en tout genre, on attend tout de même un minimum de valeur ajoutée à un site Internet d’entreprise…

Plus grave, ce manque d’intérêt mène à un abandon pur et simple des sites Internet créés. Ce sont ainsi 73% des sites Internet français qui n’ont pas été actualisés depuis un an. Encore pire : seuls 9% du total des sites Internet de France ont été mis à jour durant les trois derniers mois. Ce qui n’est pas sans poser problème en matière de sécurité. Un site non mis à jour est plus vulnérable, et on peut facilement imaginer que dans certains cas, il n’y a plus grand monde à l’autre bout du fil.

Ce déficit de sécurité fait un peu plus frémir vu le nombre de sites se situant dans l’illégalité au regard de la CNIL et des informations obligatoires devant être présentes sur chaque site Internet, selon la LCEN. 23% des sites français seraient illégaux. Mauvais élèves : les sites de services publics, qui représentent 71% de ces sites. Comme l’explique William Vande Wiele : « Le fait que seulement 29% des sites de services publics se conforment à cette obligation légale circonstanciée est très frappant, surtout si l’on remarque que ce sont les mairies, l’organe de pouvoir le plus proche du citoyen, qui sont les plus mauvais élèves. Ce sont ainsi les sociétés de services, les industries, banques et assurances qui relèvent le niveau puisque, dans l’ensemble, 73% des entreprises françaises respectent la réglementation. »

Consolation : le e-commerce français se porte bien. 132 000 sites ont été comptabilisés, soit une augmentation de près de 100% en un an. Les auteurs de cette croissance sont en grande partie les commerçants (peu surprenant !) ainsi que les artisans. La moitié d’entre eux intègrent en effet la vente en ligne comme composante de leur stratégie.

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Commentaires
  1. oweia dit :

    Je comprends pas le titre, à aucun moment dans cet article vous ne parlez de sites « illégaux » ? Qu’entendez-vous par ce terme ?

  2. iMo dit :

    @oweia
    […] sites se situant dans l’illégalité au regard de la CNIL et des informations obligatoires devant être présentes sur chaque site Internet, selon la LCEN. 23% des sites français seraient illégaux.

    Ils sont illégaux de part l’absence de ces informations obligatoires/légales.

  3. Intéressant comme étude ! Ce qui m’a particulièrement intéressée c’est le nombre de site vitrine en France.
    Nous avons la preuve qu’un marché colossal existe, et que s’il est bien exploité pour proposer des sites interactifs, sociaux, Web 2.0 qui parle aux clients, je pense que nos chers entrepreneurs y trouveraient leur compte.
    Le monde du bâtiment et de l’artisanat en général utilise beaucoup les sites vitrines, et comme dit dans cet article bien souvent ils sont à l’abandon.
    J’ai fait sur mon blog l’interview d’un plombier qui me dévoilait des chiffres surprenants à propos de son site Internet. Il me disait que 20 % de sa clientèle provenait de ce site, en général des personnes assez jeunes, jusqu’à 40 ans.
    Cela prouve bien qu’un site est un intérêt majeur, et je dirais dans tous les corps de métiers. Je ne voudrais pas m’étendre sur cette théorie, mais je sais qu’elle fonctionne pour l’avoir testé.
    À bientôt
    Éric 😉

  4. mweb dit :

    J’ai apprécié cet article, encore qu’Il eût été intéressant que vous citassiez, dans les grandes lignes, ce que sont ces informations légales. Good job, anyway.

  5. Anne-Laure dit :

    @mweb : merci ; ) Effectivement, je suis passée un peu vite sur ces mentions légales. Dans le cas d’entreprises éditant un site Internet, doivent apparaître  » leur dénomination ou leur raison sociale et leur siège social, leur numéro de téléphone et, s’il s’agit d’entreprises assujetties aux formalités d’inscription au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers, le numéro de leur inscription, leur capital social, l’adresse de leur siège social » et « Le nom du directeur ou du codirecteur de la publication et, le cas échéant, celui du responsable de la rédaction », selon la loi pour la confiance dans l’économie numérique de 2004. La LCEN oblige également à fournir des renseignements concernant l’hébergeur du site.
    Les obligations légales sont un peu différentes lorsque c’est un particulier qui édite un site, dans un but non professionnel : il peut préserver son anonymat en indiquant uniquement les mentions concernant l’hébergeur du site (mais il doit avoir au préalable donner son identité à l’hébergeur en question…)

    @ oweia : Ce sont toutes ces mentions qui, par leur absence, rendent un site illégal selon cette enquête.

  6. TICproQuo dit :

    Je voulais juste apporter une rapide précision concernant les sites internet qui seraient « illégaux ».
    Il s’agit de sites internet que l’on qualifie de non-conformes à la législation en vigueur et donc passibles aux sanctions prévues par la loi (jusqu’à un an d’emprisonnement et jusqu’à 75 000 euros d’amende) voir LCEN : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000801164&dateTexte=

    Voici une affaire dans laquelle Le Monde a été épinglé pour avoir publié des mentions légales incomplètes mais où aucune sanction n’a été prononcée :
    Décision en 1ère instance : http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=2255
    Décision en appel : http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=2627

    Conclusion : il faut systématiquement effectuer ce que l’on appelle une « mise en conformité légale » de son site internet.

  7. Fred. dit :

    23 %, ils sont gentils…

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