Le média des professionnels du digital
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Enquête sur les professionnels du web en France – 2015

Thomas Coëffé, le 24 juin 2015

Chaque année, nous réalisons une enquête sur les community managers en France. En 2015, nous avons décidé d’élargir notre enquête à l’ensemble des métiers du web (mais que les CM se rassurent : les résultats de l’enquête qui les concernent directement seront publiés la semaine prochaine). Pour cette édition, 1 589 professionnels en poste ont accepté de répondre à nos questions ; nous les remercions très chaleureusement. Grâce à leurs réponses, nous comprenons mieux leur quotidien, leur formation, leurs souhaits et cernons mieux leur rémunération. Voici les principaux enseignements de l’enquête sur les professionnels du web et l’infographie qui résume l’enquête en 10 chiffres clés.

L’intégration des professionnels du web dans l’entreprise

1er canal de recrutement : les sites internet d’offres d’emploi

Pour trouver un emploi, les professionnels du web plébiscitent les sites internet d’offres d’emploi. Il s’agit du 1er canal de recrutement (30%). Suivent la cooptation / le réseau personnel (24%), la candidature spontanée (11%) et l’approche directe (10%). On aurait pu penser que les réseaux sociaux sociaux jouaient un rôle important, il n’en est rien : ils ne se placent qu’à la 5e place (7%), devant Pôle Emploi / l’Apec (6%).

La formation, pierre angulaire de l’acquisition des compétences

Les professionnels du web ont généralement suivi de longues études à l’Université ou en École, nous y reviendrons. Mais ce n’est pas suffisant : les technologies web, les outils et les méthodes évoluent rapidement et les professionnels doivent se former régulièrement pour acquérir des compétences. Ils sont ainsi 47% à avoir suivi une formation depuis qu’ils sont en poste.

Les PME et les agences de com’  accueillent les professionnels du web

Toutes les tailles d’entreprise sont représentées au sein de notre panel. Néanmoins, les PME sont majoritaires (51% des répondants). Les TPE sont également bien représentées (22%). Au niveau du type d’entreprise, il s’agit d’agences de communication / marketing / publicité dans 25% des cas. Suivent les entreprise pure player (18%) et click and mortar (17%).

48% de cadres, le télétravail n’est pas encore entré dans les mœurs

On estime qu’en France, 18% de la population active occupée détient le statut cadre. C’est beaucoup plus courant chez les professionnels du web : 48% d’entre eux sont des cadres.

Alors que les métiers du web sont très souvent adaptés au télétravail, on constate une faible adoption : 4% des professionnels du web travaillent à distance plusieurs jours par semaine. Cette proportion atteint 13% lorsqu’on élargit la fréquence à « au moins une fois par semaine ». En revanche, 71% de ceux qui ne pratiquent pas le télétravail sont intéressés par cette méthode de travail.

Conditions de travail et épanouissement au travail

Métier satisfaisant mais rémunération insuffisante

Globalement, les professionnels du web sont satisfaits de leur situation. 93% d’entre eux déclarent être satisfaits de leur métier, 88% de leurs collègues et 85% de leur secteur. Deux éléments ne font pas l’unanimité : la rémunération (46% de satisfaits) et les moyens mis à disposition (58%).

53% des professionnels du web travaillent en open space

L’open space est censé « favoriser les échanges et la communication entre collègues. » Pourtant, peu de personnes plébiscitent ce type d’organisation des bureaux. Mais c’est une réalité pour beaucoup : 53% des répondants travaillent en open space et 39% travaillent à plusieurs dans un bureau plus restreint. Seuls 5% des répondants travaillent seuls à leur bureau. Le télétravail permanent ne concerne qu’1% des professionnels du web, tout comme le « sans bureau fixe ». La flexibilité des horaires est plus développée, puisqu’elle concerne plus d’un salarié du web sur 2 (53%).

Des professionnels épanouis…

Les salariés du web sont heureux au travail : 79% d’entre eux se déclarent épanouis. Les points à améliorer pour les satisfaire pleinement sont la qualité des missions (citée par 70% des non-épanouis) et encore une fois la rémunération (citée dans 68% des cas).

… mais  souvent stressés

Si peu de professionnels du web se déclarent stressés en permanence (5%), ils le sont tout de même souvent (23%) ou de temps en temps (57%). Les principales sources de stress identifiées par les travailleurs du web sont les délais à tenir (63%), la charge de travail (58%) et les relations avec la hiérarchie dans une moindre mesure (34%).

Mobilité et souhaits d’évolution professionnelle

Mobilité des professionnels du web à 5 ans

Dans 5 ans, seuls 19% des travailleurs du web interrogés se voient travailler dans la même entreprise ! Et le fait de disposer d’un contrat stable (CDI) a peu d’impact : 21% d’entre eux se voient travailler dans la même entreprise dans 5 ans. Les salariés du web sont en revanche plus attachés à leur métier : 39% pensent toujours l’exercer dans 5 ans. Une proportion qu’il serait intéressant de comparer avec d’autres secteurs, au sein desquels l’attachement au métier est sans doute plus important.

Pourquoi changer ?

Les éléments qui pourraient pousser les travailleurs du web à changer d’entreprise sont les suivants : les missions proposées (citées par pratiquement 100% des répondants), la rémunération (97%) et les possibilités d’évolution (93%). Mais les professionnels du web sont également très attachés à l’ambiance au travail (99%). Certains éléments importent moins, comme la taille de l’entreprise (seuls 47% des répondants considèrent qu’il s’agit d’un élément important pour changer d’entreprise), sa notoriété (57%) et le niveau hiérarchique proposé (68%).

Mobilité géographique :  de fortes disparités

Les salariés du web sont très partagés sur la mobilité. Beaucoup ne souhaitent pas déménager (29%), ou simplement changer de ville en restant dans le département (12%). Mais dans le même temps, près d’un tiers des travailleurs du web interrogés envisagent un départ à l’étranger (31%).

La volonté d’entreprendre est réelle

L’esprit entrepreneurial est prégnant chez les professionnels du web. Notre panel est composé de 19% de freelances, une proportion très importante. En parallèle, 43% des salariés du web envisagent de créer leur propre entreprise ou devenir freelance. D’ailleurs, certains n’ont pas attendu la fin de leur contrat pour s’y mettre : 1 salarié du web sur 4 réalise régulièrement des missions en tant que freelance ou auto-entrepreneur.

La (difficile) déconnexion des travailleurs du web

En dehors des heures de travail :  difficile de déconnecter complètement

60% des salariés du web déclarent « travailler pour leur employeur en dehors des heures de travail ». Ce temps de travail supplémentaire est assez court en général : la moitié d’entre eux y consacrent moins de 2 heures par semaine. La difficulté résulte dans ce que les salariés considèrent comme du travail à ces heures. 60% regardent leurs mails professionnels, 68% consultent leur outil de travail (site web de l’entreprise, réseaux sociaux pour les community managers…) et 81% accèdent à des sites à vocation professionnelle pour effectuer leur veille et rester au courant de l’actualité qui les concerne.

La place importante des projets web personnels

Les projets web personnels tiennent une place importante dans la vie des professionnels du web. Il s’agit d’une pratique courante et efficace pour améliorer ses compétences et tester de nouvelles choses. Ils sont 68% à y consacrer du temps chaque semaine. 14% des travailleurs du web y passent plus de 5 heures par semaine.

La déconnexion du web et du travail

Les professionnels du web se déconnectent assez bien du travail : 70% des répondants déclarent se déconnecter du travail au moins une journée entière par semaine, et seuls 13% se déconnectent du travail moins d’une journée entière par mois. En revanche, la déconnexion du web est rare : seuls 14% des répondants quittent le web au moins une journée entière par semaine, et 66% le font moins d’une journée par mois.

Les freelances :  entre situation choisie et situation subie

Parmi les professionnels du web qui ont répondu à nos questions, 19% sont des freelances. Un statut particulier et très hétérogène.

1 freelance sur 4 pratique le coworking

Le coworking quotidien concerne 13% des freelances. Ils sont 11% à pratiquer le coworking au moins 1 fois par semaine (soit 24% au total), et 16% au moins 1 journée par mois.

40% des freelances recherchent un emploi en entreprise

Il semblerait que pour beaucoup, le statut freelance ne soit pas un choix (ou tout du moins, une situation qui ne leur convient pas). Ainsi, 40% des freelances qui ont répondu à notre enquête déclarent rechercher actuellement un emploi en agence ou chez l’annonceur.

L’expérience contrastée des freelances du web

L’expérience professionnelle acquise par les freelances en entreprise est hétérogène : 23% n’ont jamais travaillé en tant que salarié avant de lancer leur activité, et 15% ont exercé leur métier moins d’un an chez l’annonceur ou en agence avant de créer leur propre entreprise. Dans le même temps, 31% d’entre eux ont travaillé 5 ans ou plus en entreprise avant de se lancer.

Études et expérience professionnelle

Des professionnels diplômés

On dit parfois que les études ne sont pas vraiment adaptées aux métiers du web, que l’important c’est « d’être autodidacte ». L’acquisition des compétences en parallèle des études est peut-être une réalité, mais les professionnels n’ont pas oublié de se former à l’université ou à l’école pour autant. Ainsi, 57% (des salariés) ont un Bac+5 (niveau master) et 85% ont au moins une licence (Bac+3).

Le match École vs. Université

Ils sont en revanche très partagés sur le type d’établissement : ils sont autant à avoir suivi leurs études dans une université que dans une école (46%). À l’université, les filières les plus populaires sont Communication / Journalisme (33%), Informatique / Développement (18%) et Marketing (17%). Vis-à-vis des écoles, les écoles de commerce (35%) et de communication (27%) sont plébiscitées, ainsi que les écoles spécialisées web (14%) qui prennent de l’importance.

De nombreux jeunes diplômés

Au niveau de l’expérience professionnelle des travailleurs du web, on dénombre beaucoup de jeunes diplômés : 52% des répondants ont moins de 5 ans d’expérience.

Salaire des professionnels du web

Afin de déterminer la rémunération des professionnels du web, nous avons calculé plusieurs médianes. 50% des professionnels du web gagnent davantage que la médiane, 50% des professionnels du web gagnent moins que la médiane. La rémunération indiquée est annuelle, et comprend le salaire (fixe+variable) et les éventuelles primes obtenues dans l’année.

  • La rémunération des professionnels du web : 28 200 euros
  • La rémunération des salariés du web : 29 100 euros
  • La rémunération des freelances du web : 22 700 euros
  • La rémunération des professionnels du web à Paris : 32 500 euros
  • La rémunération des professionnels du web en province : 25 900 euros

Sans surprise, les Parisiens sont mieux payés (+550€ par mois par rapport aux travailleurs en province) et les freelances gagnent moins que les salariés du web.

Profil des répondants

Notre panel est composé de 1 589 travailleurs du web, dont 47% d’hommes et 53% de femmes.

  • 54% sont salariés en CDI
  • 9% sont salariés en CDD
  • 19% sont en freelance
  • 18% sont en stage/alternance

30% des répondants déclarent travailler en région parisienne. Les professionnels du web sont plutôt jeunes, puisque 60% ont moins de 30 ans. Notre panel est composé de professionnels qui considèrent faire partie de ces familles de métiers : communication/marketing (42%), gestion de projet (25%), contenu (11%), graphisme/interface (11%) et développement/programmation (11%).

Cette enquête a été réalisée en ligne du 20 mai au 18 juin 2015 par le Blog du Modérateur et diffusée sur le Blog du Modérateur, E-marketing et Stratégies. 1 589 professionnels du web exerçant leur métier en France ont répondu aux questions posées sur cette période.

Infographie : les professionnels du web en 10 chiffres clés

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Commentaires
  1. Yann dit :

    Bonjour Thomas,
    Merci pour ces résultats d’enquête très intéressants au regard des clichés qui ont cours dans les métiers du web. Que les job boards soient l’outil de recherche d’emploi principal m’étonne car c’est un domaine très fluctuant : entre les méta-moteurs, les sites emploi régionaux, les ultra-nichés, etc il y a beaucoup de choix mais souvent assez peu qualitatif. Je pense que les talents du numérique sont surtout chassés, à travers les forums informatiques spécialisés surtout, et sinon évidemment beaucoup par cooptation.

    Concernant les réseaux sociaux professionnels, j’ai relevé une coquille : « On aurait pu penser que les réseaux sociaux sociaux jouaient un rôle important, « 

  2. Elena dit :

    Merci bcp pour cette publication. On regrette que le télétravail soit si peu développé dans ce secteur, ainsi que la flat hiérarchie… j espère que les choses vont evoluer vite.
    Yann, les personnes qui cherchent un travail dans le web ne sont pas que des talents et ne veulent pas forcement un super poste.

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