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World Usability Day : pourquoi faire tester son site web par de vrais utilisateurs ?

Fabian Ropars, le 14 novembre 2016

Jeudi dernier RegionsJob participait à la déclinaison française du World Usability Day organisée par le collectif UX Rennes et le réseau des e-commerçants rennais. Le principe de cette journée qui se déroulait dans les locaux de la FrenchTech Rennes Saint-Malo : permettre à 200 testeurs d’essayer plusieurs sites et apps rennais : Bessec, TyKaz, RegionsJob, Cadreo… Derrière cette journée, il y a la volonté de mettre les retours utilisateurs au cœur de toutes les étapes de la création d’un projet. Pour en savoir plus sur cet événement et sur l’importance des tests utilisateurs, nous avons interrogé Frédéric Coquelin, Intégrateur chez RegionsJob et Nicolas Le Cam dirigeant de l’agence Luna Web dont le travail porte sur la conception de sites web avec une expertise design UX.

 

Le World Usability Day, c’est quoi ?

F.C : C’est une journée mondiale organisée dans plusieurs villes. À Rennes, elle est organisée par Le réseau des commerçants de Rennes, à l’initiative de Nicolas Bessec. La French Tech Rennes Saint Malo permet d’avoir une vraie résonance dans la sphère web / tech ; le collectif UX Rennes et Luna Web sont en charge de l’encadrement de la journée.

N.LC : Nous organisons lors de cette journée une version simplifiée et pédagogique des tests UX que nous faisons au quotidien. À différentes phases de la conception du projet (avant, pendant, après) nous cherchons à vérifier et optimiser notre travail auprès des utilisateurs. Cette journée permet de confronter des sites déjà réalisés aux utilisateurs afin d’identifier des problèmes côté UX.

Vous organisez des ateliers de test, concrètement comment cela fonctionne ?

F.C :  Il y a tout un travail en amont pour préparer des personas : des utilisateurs types de nos sites. Quand un utilisateur arrive sur notre stand, on essaie de le rapprocher d’une persona, avec un scénario de test. Au fur et à mesure, on suit ses retours et analysons s’il y a des dysfonctionnements dans l’expérience utilisateur.

N.LC : En situation de test « classique », il faut d’abord définir les objectifs du test, on détermine ensuite les utilisateurs de notre site (âge, CSP…). Il faut créer plusieurs groupes dont on scénarise les conditions d’usage, et on cherche des testeurs qui correspondent à ces stéréotypes. Une fois que les testeurs sont recrutés, on les reçoit et on les fait tester sur le prototype ou le site. On leur demande alors quoi aller chercher, et non quoi faire : « chercher une paire de chaussures à moins de 120 euros », « vérifier son panier, son compte bancaire »…

On ne leur dit pas comment faire, mais ils doivent se débrouiller. Cela nous permet de voir si nos hypothèses sont pertinentes. On leur pose ensuite quelques questions, afin d’avoir un verbatim (filmé) du test. Nous refaisons un test une fois que nous avons pris en compte les corrections afin de voir si les problèmes ont disparu.

Dans le cadre du #WUDRennes, comment est supervisé ce test ?

F.C : C’est fait par 2 personnes,un accompagnateur qui déroule le scénario avec le testeur, et un observateur qui ne parle pas, mais est là pour observer ce qu’il se passe.

Il arrive que des dysfonctionnements importants soient mis en lumière ?

F.C : C’est un objectif ! Lors d’une journée comme aujourd’hui, nous réalisons une vingtaine de tests sur nos sites, cela fait ressortir des grandes idées. Le principal défaut des professionnels du web est qu’ils ont des réflexes de professionnels, et passent leur temps sur leur site. Les tests permettent d’avoir un avis distancié, et plus naturel. La journée est aussi animée autour de brainstorms qui permettent d’amorcer des solutions sur les problèmes détectés sur les sites.

Est-ce qu’il y a un différentiel important entre l’envie du designer et le besoin de l’utilisateur ?

N.LC : Il y a un gap entre ce que l’agence de conception réalise, ce que l’utilisateur veut, et ce que le client croit que l’utilisateur veut. L’utilisateur est un fainéant absolu, il va à la simplicité, ne lit rien ou presque. Il faut dès lors s’adapter à ces contraintes. Même en lui demandant des choses un peu fouillées, et s’il a moins de 45 ans, il ira au plus vite, sans lire les contenus des pages. On est de plus en plus amené à simplifier nos designs pour trouver le bon équilibre entre l’innovation et le standard. Pour un service innovant, il faut emmener les utilisateurs à cette innovation, mais par une forme qui reste la plus basique possible. C’est notamment ce qui explique les designs de plus en plus épurés, ou encore la standardisation du flat design.

Qu’est-ce qui est considéré comme un élément bloquant côté utilisateur ?

F.C : Ce qui est grave c’est que nous n’arrivions pas à lui transmettre l’information recherchée. Si le visiteur cherche un emploi et qu’il n’arrive pas à aller facilement jusqu’au formulaire de candidature sur RegionsJob ou Cadreo, c’est qu’il y a un problème. S’il ne voit pas qu’il peut se créer une alerte pour recevoir des offres sans revenir sur le site, c’est aussi qu’il y a un problème.

N.LC : Les retours utilisateurs sont en tout cas indispensables pour avoir un avis sur l’ergonomie du site. On ne peut pas affirmer faire de l’UX sans avoir recours à ses tests utilisateurs.

Quels sont les retours sur nos sites ?

F.C : Nous testons aujourd’hui Cadreo et OuestJob, les retours sont bons, mais il y a évidemment toujours des choses à améliorer !

 

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