Le média des professionnels du digital
Le média des professionnels du digital

Vers une meilleure transparence des données

Anne-Laure Raffestin, le 5 avril 2012

Nous entamions hier, grâce à Arnaud Pottier Rossi, un captivant compte-rendu du dernier forum NetExplo. En voici la suite, consacrée cette fois aux sites qui permettent une meilleure transparence, qu’elle concerne des institutions publiques ou privées.

2. The Crystal World : le monde de la transparence.

Devant l’obscurantisme des circuits financiers, l’éloignement entre le producteur et le consommateur, la transparence devient une valeur à la mode. Le digital n’y échappe pas, au contraire il accentue cette tendance. Les innovations digitales proposent aux individus pour améliorer ou agrémenter leur vie d’être prêt à sacrifier une partie (plus ou moins significative) de leur vie privée (Privacy). La transparence n’est donc que le fruit direct de la première tendance du Track &Profile. Les réseaux sociaux se sont d’ailleurs construits sur cette demande de transparence en nous invitant, consciemment ou inconsciemment, à passer un pacte avec eux : accepter de dévoiler notre vie privé pour gagner de la reconnaissance personnelle, pour devenir quelqu’un de reconnu et d’influent :  » New social deal : sacrifice to gain a personnel recognition « 

Cela soulève un enjeu social : que veut-on faire de sa vie privée ? Que veut-on faire de ses données personnelles ? L’individu aguerri à cette transparence se retournera donc naturellement vers les Etats, les entreprises et la société qui l’entourent en demandant à son tour plus de transparence.

Transparence politique nationale

  • Poderopédia. ce site créé par un journaliste et un développeur Chilien revendique d’être une carte de l’élite chilienne. Construit sur le mode collaboratif (comme Wikipédia), il permet d’enquêter et de mettre en lumière les liens entre les personnes, les entreprises et les institutions et de faire la chasse aux conflits d’intérêts !
  • Guttenplag : Plateforme collaborative qui a trouvé sa naissance dans la motivation d’un groupe d’étudiants à prouver, suite à des rumeurs, le plagiat de la thèse de droit du Ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg. Constat : 2/3 de la thèse se sont avérés être un plagiat, le ministre a dû démissionner, le doctorat retiré, Guttenplag a été d’une efficacité remarquable et a reçu un prix de journalisme. Aujourd’hui, il sert de modèle pour le contrôle collectif des travaux universitaires et scientifiques.
  • Openspending : Comment surveiller les budgets des Etats et de l’Administration au sens large? C’est un peu le postulat de base d’OpenSpending qui, constitué par une plateforme collaborative (wiki), collecte l’ensemble des données qu’elle trouve et ensuite cherche à les exploiter et à les presenter de la manière la plus compréhensible du grand public.

Transparence politique locale : Fixmystreet. Vous rêvez de dénoncer un non ramassage de vos poubelles, une détérioration ou une rue bardée de nids de poules. Fixmystreet vous permet, grâce à votre Smartphone, de signaler l’incident en entrant le nom de la rue, puis de le localiser précisément sur la carte proposée, et de joindre une photo si vous le souhaitez. Fixmastreet s’occupe d’envoyer l’incident aux services de la ville en votre nom.

fixmystreet.JPG

Transparence économique : Dollar for Docs : Ce site rassemble et rend public les paiements et cadeaux faits aux médecins par les laboratoires pharmaceutiques. Ainsi, avant d’aller consulter un médecin, en allant sur Dollar for Docs on peut s’assurer de la neutralité de celui-ci vis-à-vis de ses prescriptions.

Transparence écologique : Sourcemap. C’est un outil collaboratif qui permet de déterminer la provenance et l’empreinte carbone des produits de consommation. Chaque consommateur peut remplir la base de données du site sur les informations qu’il possède à propos des produits qu’il consomme.

Transparence dans les entreprises

  • Glassdoor : ce site est une fenêtre ouverte sur le monde du travail puisqu’il permet en un lieu unique de trouver des offres d’emploi comme un simple jobboard, mais aussi de voir les salaires, les commentaires et notations des entreprises, ainsi que les personnes de mon cercle Facebook qui pourraient me donner accès plus facilement à un recruteur ou à un membre de l’entreprise visée.
  • Get a great boss : pas de raison que seuls les employés soient surveillés, notés, évalués, la réciproque est depuis 2010 possible avec ce site Sud-Africain qui incite les salariés à noter leurs patrons. Cet audit est réalisé sous la souscription du patron, qui peut refuser de communiquer les résultats, mais c’est un début de transparence verticale amusante qui est dans la mouvance du Personal Branding Managériale.
Recevez nos meilleurs articles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *